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soulman
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2,0
Publiée le 7 juillet 2023
Si tous les ingrédients sont réunis pour faire du dernier Wes Anderson un film original et unique, comme tout ce qu'a réalisé le cinéaste jusqu'alors, on est obligé de constater que, cette fois, cela ne prend pas. En effet, faute d'un scénario permettant de lier un tant soit peu les différents sketchs que déroule négligemment la narration, le long-métrage plaque des séquences plus ou moins drôles ou décalées, les unes à la suite des autres, sans que l'étincelle espérée apparaisse. Seule séquence digne du cinéma de l'auteur de "Rushmore" : spoiler: la visite de l'extraterrestre en pleine fête commémorative de la chute de l'astéroïde. Reste un sens du cadrage et un usage des couleurs virtuoses.
Un film à la fois délirant et d un académisme sclérosant . Le spectateur passe son temps à chercher les clés qui l aideraient à comprendre en vain. Finalement il n y a peut-être pas grand chose à comprendre. Laissons le réalisateur à ses délires et à ses choix et allons au cinéma voir autre chose.
Le style, l'esthétique, la mise en scène, les références de W.Anderson en font le chouchou des cinéphiles, étudiants en cinéma où arts appliqués. La construction de ses films, scénarios et dialogues fascinent les intellos où ceux qui aspirent à l'être. Je fais un peu partie de ce public. Ça ne m'empêche pas de constater que depuis un moment son cinéma s'auto parodie et tourne autant en boucle qu'à vide et n'a pas grand chose à dire. Il faudrait qu'un jour il se décide à faire un film et arrête d'admirer son nombril.
Une grose déception. Un tableau se mouvant sans réelles intentions. Un scénario trop faible pour qu'on y prenne du plaisir sachant que la beauté des plans et cadres ne fais pas tout. J'ai l'impression que depuis The French Dispatch, il manque ce côté acerbes de l'humour de Wes Anderson.
De Wes Anderson (2023). Rèvez, vous regardez le nouveau fil d'Anderson. Avec ses décors gentiment désuets entre pastel et dessins animés, le film est entouré de cette magie merveilleuse communicative, de cette prose un peu sucrée qui se regarde avec beaucoup de plaisir. Un charme fou un peu vintage pour cette fable autour d'une rencontre improbable de 3 dème type. Jusqu'à la rencontre amoureuse façon rétro entre adultes consentants. Un bon film qui vous donnera des étoiles plein les yeux. Ce en plus servi par une pléiade d'acteurs dont Jason Schwartzman, Scarlett Johansson et Tom Hanks.
Le roi de la loufoquerie et de la sophistication stylistique, le prince du décalage permanent et des décors improbables, Wes Anderson, revient en pleine forme avec cette explosion de créativité et cette défragmentation joyeuse de la narration classique. Peignant un nouvel univers délirant à l’aide d’un casting totalement hors norme (difficile de se remémorer une telle pléiade de stars, que ce soit en quantité ou en qualité), il déploie parfaitement son sens unique du cadre et son brio du dialogue. Extrêmement drôle, atypique et raffiné, parsemé d’émotions délicates (magnifique scène des balcons), le film est une invention perpétuelle remplie de trouvailles savoureuses, un nouvel OVNI fabuleux dans la galaxie singulière d’Anderson.
Ce n'est surement pas le meilleur film de Wes Anderson, j'ai été agacé par la lenteur et le coté manichéen de la mise en scène, (on a l'impression que les personnages sont incapables de ressentir ou d'éprouver des émotions). Mais on peut saluer son originalité, son éfficacité et sa créativité. Je me remémore une réplique répétée par tous les personnages du film "POUR SE REVEILLER , IL FAUT S'ENDORMIR" : traduction : "pour ouvrir les yeux, il faut avoir été aveugle"... Tous les parvenus qui se voilent la face avec des mensonges, des excuses, des magouilles et que sais-je ?!... Il suffit qu'une personne démontre par A+B, que tout leur beaux discours n'est que du cinéma, et toute leur existence ou leurs espérances tombent à l'eau. C'est un "réveil" brutal... Mais ça peut faire évoluer les consciences.
Impossible pour moi de suivre tant de dialogue, tant de débit sans oublier le but même de la conversation. Il y a t'il finalement un but autre qu'aligner des images, certes graphiquement impeccable comme toujours, et du texte? On se noie dans les conversations mon cher voilà tout.
"Asteroid City" est un film que j'ai trouvé plus sympa. L'histoire est intéressante mais la mise en scène pouvait être mieux faite. Le long-métrage a un très bon casting et les personnages sont plus ou moins intéressants. J'ai trouvé le film un peu long.
Asteroid City est une ville en carton-pâte, célèbre pour son immense cratère causé par une minuscule météorite. Un lieu dans lequel le temps d'une quarantaine vont se croiser un père veuf et ses quatre enfants, une star de cinéma, des apprentis astronomes visiblement "asperger" ou alors simplement têtes à claques, des malfrats, une créature à plumes et d'autres éléments sortis de l'imagination fertile du réalisateur américain francophile. Comme toujours c'est beau, c'est cadré au cordeau, c'est gavé d'acteurs qu'on aime mais pour la deuxième fois d'affilée Wes Anderson tourne à vide, s'emprisonne dans son propre dispositif, aligne les saynètes plus ou moins convaincantes et oublie de faire un film. Une déception.
Wes Anderson poursuit avec Asteroid City un mouvement amorcé depuis The Grand Budapest Hotel : celui d’un cinéma qui ne se contente plus d’exhiber ses récurrences mais qui les érige. Ici, plus que jamais, la forme est à la fois le sujet et le problème du film.
Le dispositif est triple : une émission télévisée des années 50 raconte la création d’une pièce de théâtre fictive, laquelle est rejouée en couleurs dans un décor de western nucléaire, par l'intermédiaire d'une voix off métafictionnelle.
La structure du film mime la structure du traumatisme. La perte du personnage d’Augie Steenbeck — veuf incapable d’annoncer la mort de sa femme à ses enfants — n’est jamais représentée de front. Elle est traversée, diffractée par le théâtre, par le jeu, par des objets qui signalent plus qu’ils ne figurent. Le moteur narratif n’est donc pas psychologique, mais compositionnel : il s’agit de construire des surfaces qui organisent l’affect.
Chaque plan est un tableau figé, encadré, maîtrisé, où le décor ne simule jamais un réel, mais produit un espace mental. Le désert américain — terrain d’essais nucléaires, décor de SF vintage, théâtre de conquête — devient chez Anderson un espace clos.
Ce qui frappe ici, c’est le contraste violent entre la rigueur géométrique de la mise en scène et la désintégration ontologique des récits. Chaque travelling latéral, chaque champ-contrechamp sur le modèle du théâtre filmé, renforce le paradoxe central du film : plus l’image est stable, plus le sens vacille. Anderson construit des cages pour contenir ce qui échappe — le deuil, le vide, l’incompréhensible.
La rigueur mathématique des cadres produit un sentiment d’artificialité absolue, mais cette artificialité devient expressive. Elle dit l’impossibilité de coïncider avec soi-même, de dire ce que l’on ressent, de jouer le rôle qu’on nous assigne. Le théâtre dans le théâtre fonctionne comme un révélateur : aucun personnage ne sait plus ce qu’il joue. L'acteur qui interprète Augie interrompt la pièce pour dire son doute : “I still don’t understand the play.” Cette phrase, loin d’être anodine, condense toute la visée du film : Asteroid City ne cherche pas à être compris, il cherche à montrer ce qu’est le non-compréhensible.
La bande-son d’Alexandre Desplat ne vient pas combler les vides, mais les dessiner. Elle opère en contrepoint de la narration visuelle, accentuant la segmentation des séquences, les ruptures de ton, les effets de collage.
Le montage lui-même agit en scansion : ni fluide, ni classiquement alterné, il juxtapose des blocs hermétiques. Une séquence ne répond jamais à la précédente, elle la relance ailleurs. Le film avance non pas par causalité, mais par translation.
“You can’t wake up if you don’t fall asleep.” La formule, répétée comme une ritournelle, fonctionne comme un axiome du film : l’éveil ne peut advenir que par immersion dans l’artifice. Le rêve — ici le théâtre, le cinéma, la fable scientifique — n’est plus le contraire du réel, mais la seule voie d’accès à ce qui nous affecte.
Si The French Dispatch semblait déjà mettre en abyme le pouvoir (et les limites) du récit journalistique, Asteroid City pousse cette logique jusqu’à son point de rupture.
Mais chez Anderson, cette modernité est douce, chromatique, ludique. Elle emprunte au langage de l’enfance (marionnettes, maquettes, théâtre de poche) pour dire la perte de l’innocence. L’Amérique y est vue à travers le prisme de ses fictions mortes : westerns de pacotille, science-fiction rétro, familles dysfonctionnelles sorties d’un manuel de sociologie. La mise en scène ne sauve rien, elle encadre. Elle ne donne pas du sens, elle en propose la persistance formelle.
Wes Anderson est un véritable artiste avec un style unique. On adore ou on s'ennuie, c'est ainsi. Malheureusement, le génie semble en mal d'inspiration. La trame narrative est alambiquée. Wes Anderson semble s'être davantage intéressé à la forme qu'à son histoire. Alors c'est très beau, très léché, c'est bourré de clins d'oeil à ses précédents films et aux classiques du cinéma... mais qu'est-ce qu'on s'ennuie !
Le nouvel opus cinématographique de Wes Anderson est assez difficilement déchiffrable mais il comporte quelques scènes où l’atmosphère révèle une poésie bucolique assez réjouissante même si à la longue l’ambiance sur-acidulée et l’humour bien discret finissent par lasser. Mais bon…les fans apprécieront sûrement.