J avais peur en me lançant dans Astéroïd City que se soit le film de trop, celui qui me fasse passer le style de Wes Anderson pour du simple maniérisme. Le début du film m a rassuré, j ai une nouvelle fois été cueilli par sa merveilleuse propension à créer des cadres au millimètre près et en même temps une forme de poésie et de liberté qui fait plaisir à voir. A l image de The French Dispatch ce nouveau long métrage peut paraître par moment décousu, on a parfois l impression d assister à un défilé artificiel d acteurs (certains paraissent une nouvelle fois sous exploités) mais le ton général du film qui parle avec poésie de la période de confinement est assez plaisant. On pourrait lui reprocher en revanche, avec son sens maniaque du cadre de proposer un spectacle trop figé, les amateurs apprécieront les détracteurs se verront eux conforter dans leur point de vue.
On aimerait adorer cette ambiance enfantine qui nous est destinée. De grands noms sont présents et ne ménagent pas leur effort pour jouer à contrecourant. Beaucoup de références américaines sont présentes, mais nous sont lointaines. On rit au début, puis le récit s'essouffle - beaucoup de dialogues construits - et le formalisme reprend le dessus sur le fond et l'émotion. Dommage. l'ovni fait pschitt DVD1-vo - juillet 2024
Les styles noir et blanc et couleur qui se mélangent ; est un peu perturbant. Mais la galerie de personnages est foisonnante et incarnée par un énorme casting de star hollywoodiennes. Le jeu des acteurs se prêtent bien au style absurde du cinéma de la part du réalisateur Wes Anderson.
Son précédent film (« The french dispatch ») laissait déjà entrevoir un goût prononcé pour l’enchaînement de scènes décousues empilant des stars au détriment d’une écriture travaillée. Avec « Asteroid city”, sorti en 2023, Wes Anderson confirme malheureusement cette tendance. Même si la mise en scène et la photographie bénéficient d’un soin formel de qualité, pour le reste quel ennui ! Aucune émotion, un burlesque qui tombe à plat et des acteurs (Scarlett Johansson, Jason Schwartzman, Tom Hanks, Edward Norton, Adrien Brody, etc.) figés dans des rôles inconsistants. La réflexion sur la création artistique au moyen d’une mise en abyme laborieuse, demeure bien fade. Bref, il est temps que le talentueux réalisateur américain se remette sérieusement au travail.
Il y a à la fois quelque chose d'admirable et de tragique dans cette façon qu'a Wes Anderson de persévérer et d'aller toujours plus loin dans ses tics cinématographiques, au risque de ne plus filmer que pour lui-même. Ici, donc, on retrouve ce débit de paroles très rapide qui caractérise les films du réalisateur depuis au moins Grand Budapest Hotel, mais aussi cet art maladif de la symétrie et des décors façon maison de poupée ; il en va de même pour cette façon singulière de mettre en scène des personnages qui n'arrivent pas à mettre de mots sur leur tristesse. Tout cela donc est admirable, disais-je, parce que cela montre qu'Anderson a indubitablement une vision qui n'appartient qu'à lui, mais surtout tragique, tant il apparaît avec évidence que Wes Anderson n'a rien à dire dans Asteroid City - ce que The French Dispatch laissait déjà largement présager. En effet , que ce soit la question du deuil, de la possibilité d'un nouvel amour, ou la dimension méta, tout est parfaitement égal, sans aspérités, vide - et même, malgré le déluge de couleurs vives, franchement sinistre. Je ne pensais sincèrement pas que ce cinéaste que je trouvais sympathique pourrait faire un film aussi vain et agaçant - et même potentiellement réactionnaire, notamment dans la représentation de la famille qu'il défend - mais je crois qu'il n'y a vraiment rien à sauver ici, malgré un casting impressionnant.
C'est un film prenant et original comme à l'habitude de Wes Anderson. On voyage à travers cet univers à la fois si familier et étrange dans des décors magnifiques et visuellement parfait. Néanmoins ce film est complexe et on peut vite se perdre dans l'histoire si nous n'accrochons hors dès qu'on est dedans impossible d'en sortir. Il m'a marqué à tel point que je rédige un avis presque 1 an après l'avoir. Si vous voulez un film qui vous fera plonger dans l'histoire tout en vous faisait réfléchir, il est fait pour vous !
Wes Anderson poursuit avec Asteroid City un mouvement amorcé depuis The Grand Budapest Hotel : celui d’un cinéma qui ne se contente plus d’exhiber ses récurrences mais qui les érige. Ici, plus que jamais, la forme est à la fois le sujet et le problème du film.
Le dispositif est triple : une émission télévisée des années 50 raconte la création d’une pièce de théâtre fictive, laquelle est rejouée en couleurs dans un décor de western nucléaire, par l'intermédiaire d'une voix off métafictionnelle.
La structure du film mime la structure du traumatisme. La perte du personnage d’Augie Steenbeck — veuf incapable d’annoncer la mort de sa femme à ses enfants — n’est jamais représentée de front. Elle est traversée, diffractée par le théâtre, par le jeu, par des objets qui signalent plus qu’ils ne figurent. Le moteur narratif n’est donc pas psychologique, mais compositionnel : il s’agit de construire des surfaces qui organisent l’affect.
Chaque plan est un tableau figé, encadré, maîtrisé, où le décor ne simule jamais un réel, mais produit un espace mental. Le désert américain — terrain d’essais nucléaires, décor de SF vintage, théâtre de conquête — devient chez Anderson un espace clos.
Ce qui frappe ici, c’est le contraste violent entre la rigueur géométrique de la mise en scène et la désintégration ontologique des récits. Chaque travelling latéral, chaque champ-contrechamp sur le modèle du théâtre filmé, renforce le paradoxe central du film : plus l’image est stable, plus le sens vacille. Anderson construit des cages pour contenir ce qui échappe — le deuil, le vide, l’incompréhensible.
La rigueur mathématique des cadres produit un sentiment d’artificialité absolue, mais cette artificialité devient expressive. Elle dit l’impossibilité de coïncider avec soi-même, de dire ce que l’on ressent, de jouer le rôle qu’on nous assigne. Le théâtre dans le théâtre fonctionne comme un révélateur : aucun personnage ne sait plus ce qu’il joue. L'acteur qui interprète Augie interrompt la pièce pour dire son doute : “I still don’t understand the play.” Cette phrase, loin d’être anodine, condense toute la visée du film : Asteroid City ne cherche pas à être compris, il cherche à montrer ce qu’est le non-compréhensible.
La bande-son d’Alexandre Desplat ne vient pas combler les vides, mais les dessiner. Elle opère en contrepoint de la narration visuelle, accentuant la segmentation des séquences, les ruptures de ton, les effets de collage.
Le montage lui-même agit en scansion : ni fluide, ni classiquement alterné, il juxtapose des blocs hermétiques. Une séquence ne répond jamais à la précédente, elle la relance ailleurs. Le film avance non pas par causalité, mais par translation.
“You can’t wake up if you don’t fall asleep.” La formule, répétée comme une ritournelle, fonctionne comme un axiome du film : l’éveil ne peut advenir que par immersion dans l’artifice. Le rêve — ici le théâtre, le cinéma, la fable scientifique — n’est plus le contraire du réel, mais la seule voie d’accès à ce qui nous affecte.
Si The French Dispatch semblait déjà mettre en abyme le pouvoir (et les limites) du récit journalistique, Asteroid City pousse cette logique jusqu’à son point de rupture.
Mais chez Anderson, cette modernité est douce, chromatique, ludique. Elle emprunte au langage de l’enfance (marionnettes, maquettes, théâtre de poche) pour dire la perte de l’innocence. L’Amérique y est vue à travers le prisme de ses fictions mortes : westerns de pacotille, science-fiction rétro, familles dysfonctionnelles sorties d’un manuel de sociologie. La mise en scène ne sauve rien, elle encadre. Elle ne donne pas du sens, elle en propose la persistance formelle.
Wes Anderson ne fait aucun mystère de la facture toujours plus miniaturiste de son cinéma, succession de vignettes mélancolique ou humoristiques qu’il agence et ré-agence avec obstination : cette fois, si la nature toc de cette petite communauté établie autour d’un cratère d’astéroïde n’était pas assez évidente, Anderson la définit encore plus clairement comme un décor théâtral, les acteurs passant ainsi constamment de la scène aux coulisses tandis qu’un anchorman se charge d’introduire les différentes scènes et de digresser sur le processus d’écriture ou les aléas du montage de la pièce. Si on peut être fasciné par le dispositif ainsi mis en place, on aurait tort - enfin, encore plus tort que d’habitude - de chercher un narratif cohérent à ‘Asteroid city’ : le concours de science, l’arrivée de l’alien, la détention des participants par l’armée, la romance entre l’auteur et l’actrice, tout cela fait simplement partie d’un empilement d’histoires nécessaires à la solidification d’un scénario-prétexte, un peu comme dans ‘The french dispatch’ mais qui restent ici concentrés autour d’un point central, une disposition de la narration homogène plutôt qu’hétérogène : cette petite bourgade construite autour d’un cratère au fond duquel repose une petite météorite, qui pourrait bien servir d’allégorie à la manière dont Wes Anderson réfléchit sur son art. Mais à quoi réfléchit-il en priorité et de quelle manière ? Est-ce à la nature du théâtre filmé, dont il aime sans doute l’idée d’être un fier représentant et à la mécanique du transfert du sixième art vers le septième qui occupe ses pensées ? Ou plus égoïstement, à l’angoisse d’un auteur qui se voit régulièrement accusé de déshumaniser son cinéma pour que puissent s’épanouir ses petites obsessions d’un monde mécanique et bien ordonné ? Je suis certain qu’on trouve, dans tel déplacement du cadre, dans tel artifice de mise en scène, dans telle ligne de dialogue, des indices et des références à ce qui anime aujourd’hui Wes Anderson. Sans cela, ‘Asteroid city’ ne serait qu’un jeu solitaire et vain, une signature artistique connue mais dont tout le monde devrait déjà être en train de se lasser. J’en ai saisi quelques-uns au vol, de ces indices, certainement pas tous, comme vous en saisirez d’autres et leur donnerez l’interprétation qui vous plaira le plus. Finalement, le plus drôle, le plus instantanément drôle dans un film de Wes Anderson d’aujourd’hui, ne serait-ce pas d’observer toutes ces stars, aux multiples capacités, accepter de bonne grâce d’être réduites au statut de poupées désarticulées, soumises aux caprices du démiurge Anderson, dans un roman-photo technicolor, légèrement mobile et inconséquent.?
Astéroïd City c'est le style de Wes Anderson avec tous les curseurs poussés au max. Je n'ai malheureusement pas pu le suivre dans tous ses délires, j'ai parfois l'impression que Wes Anderson est un peu seul dans son monde. J'ai d'avantage préféré les scènes à Astéroïd City plutôt que les interludes avec Bryan Cranston. Tous ces dialogues balancés à la pelle m'ont cassé la tête. Pourtant l'idée est bonne : découvrir l'envers du décor et l'origine de la pièce de théâtre. Mais l'exécution est raté, victime d'un trop plein du style de Wes Anderson. La film a quand même de grosses qualités mais est gâché par le style trop appuyé de son réalisateur. Contrairement à The Grand Budapest Hotel, le style de Anderson fait obstacle à l'émotion. Aucun personnage n'est vraiment attachant ou ne dégage une quelconque émotion et c'est bien dommage.
Magnifique film d’un point de vue photographique. Wes anderson à vraiment une manière de filmer et de mettre en scène unique. Il faut être bien concentré pour suivre les différentes intrigues du film mais avec un casting 5 étoiles ont ne peut qu’être embarqué dans l’aventure.
ce nouveau film de Wes Anderson est quelque décevant car en effet si le résumer du film est intéressant ainsi que la bande annonce et le casting finalement l'histoire se termine vite en eau de boudin . Pour cause sa aurait était mieux d'exploiter un sujet qui passe ici au second plan plutôt que d'abord le thème que le réalisateur a choisis de mettre en avant car cela aurait était largement plus intéressant ! Sinon niveaux casting hormis les enfants qui ne sont pas bon voir même tête à claque pour certains le reste envoie du lourd du très très lourd comme dirait certains ;) . Dans ces décors d'Amérique éternelle figée dans des couleurs pastels, le talent du bonhomme paraît une fois de plus être à son paroxysme, se montrant toujours plus inventif dans un festival de compositions symétriques, de mouvements latéraux et de trouvailles absurdes par l'image qui provoque un émerveillement constant . le film est une succession de scenettes pompeuses, ultra bavardes et souvent ennuyantes car il ne se passe pas grand-chose. A partir de 30 mn le film devient long. Grosse déception encore . et puis des chose pas assez exploiter voir sous exploiter. et le personnage des Brayan Cranston et tous ce qui lentour franchement ne servent juste a rien à part ennuyer les spectateurs c'est presque affligent pour ce wes Anderson passez largement votre chemin .
Mélancolique et totalement décalé, Wes Anderson nous livre une oeuvre particulière à l'esthétique visuelle indéniable. Si le propos global est louable et intéressant, on note pourtant quelques chutes de rythme qui entachent la mise en scène. Le casting est absolument dantesque et chacun joue sa partition de façon remarquable. Un film qui divisera forcément, mais qui mérite qu'on s'y intéresse malgré tout. Après tout, qui sommes nous réellement ? Ou ? Quand ? Et pourquoi ? Le film nous propose quelques pistes, aussi farfelues soient elles.
La lumière, de belles images, des cadrages étudiés etc…certainement du bon cinéma avec une maîtrise recherchée de la technique mais je n’ai pas accroché et me suis terriblement ennuyé.
Asteroid City est une comédie de Wes Anderson plutôt plaisante ; dans un style on-ne-peut-plus Wes Andersonien. J'ai un peu plus été séduit par ce film que par les précédents longs-métrages du cinéaste. Le style très lunaire de Wes Anderson s'applique plutôt bien sur cette histoire mêlant extra-terrestre et paranoïa américaine des années 50. Je suis un peu plus sceptique de la mise en abyme avec l'univers de la production théâtrale mais bon. Le film bénéficie d'un casting impressionnant ; clairement le réalisateur sait s'entourer de stars souvent habituées à ses productions : Jason Schwartzman, Adrien Brody, Willem Dafoe mais aussi Scarlett Johansson, Tom Hanks, Jeffrey Wright ou Bryan Cranston, moins coutumiers des films du réalisateurs. Le film a une esthétique très convaincante. C'est plutôt bon.
Une nouvelle fois pas convaincu par un film de Wes Anderson. Il me paraît loin maintenant The Grand Budapest hotel. La réalisation n’est pas au niveau. Le casting, qui est magnifique sur le papier, semble s’embourber dans le long-métrage qui ne décolle pas. De quoi vraiment rester sur sa faim.