Les Repentis
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FaRem

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4,0
Publiée le 2 octobre 2022
L'heure de se repentir... "Maixabel" raconte la véritable histoire de Maixabel Lasa dont le mari, Juan Mari Jauregui, un ancien gouverneur civil du Pays basque, a été assassiné par des membres de l'ETA. Avant d'aborder ce possible et difficile pardon, Icíar Bollaín nous plonge dans le contexte de l'époque, mais sans entrer dans les détails. La réalisatrice nous fait comprendre dans quel quotidien vivaient ces gens. Un danger réel et connu de tous. Une menace avec laquelle on vit, une tragédie tant redoutée qui finit par arriver. Quand spoiler: Maixabel entend le téléphone sonner avec insistance, elle sait qu'il s'est passé quelque chose. Quand Maria, la fille du couple, voit sa tante arriver à une réunion d'étudiants, cette dernière n'a pas besoin de parler pour qu'elle comprenne ce qu'elle vient lui annoncer. Cette scène est d'ailleurs aussi poignante que déchirante
. Un sujet sensible pour un film puissant qui garde un certain recul et surtout un équilibre dans le traitement, car ce n'est pas évident d'évoquer la repentance d'un homme qui est coupable d'un tel crime. Il n'est pas question d'avoir de l'empathie pour ces personnes, spoiler: Maixabel n'en a d'ailleurs pas. Elle écoute les responsables de la mort de son mari, mais ne pardonne pas. D'ailleurs, eux non plus ne demandent pas le pardon. Ils veulent surtout s'exprimer et répondre aux questions qu'elle pourrait avoir.
Le film met donc surtout l'accent sur les conséquences de ces actes à la fois du côté des coupables et des victimes. Des vies gâchées des deux côtés avec une peur constante d'un autre drame ou alors d'une vengeance, car ceux qui se repentent sont mal vus. L'ensemble du casting est bon, mais Blanca Portillo et Luis Tosar sont vraiment excellents. En somme, un très bon film.
Vince
Vince

50 abonnés 76 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 novembre 2022
Maixabel (Les repentis) est le nouveau film d’Icíar Bollaín, après Yuli (2018) et Le mariage de Rosa (2020) en revenant à un sujet historique espagnol des années 2000 lors de l’assassinat du politique socialiste et gouverneur de Guipzcúo entre 1994 et 1996, Juan María Jáuregui par l’organisation terroriste basque, l’ETA, dont celui-ci avait fait partie du groupe durant la dictature de Franco jusqu’en 1972 où il rejoint le Parti Communiste ensuite. Voici l’introduction du film, s’ensuit alors la deuxième partie du film, et majorité de celui-ci où onze ans plus tard, Icíar Bollaín tend à raconter la confrontation entre la veuve de ce dernier, Maixabel Lasa avec les deux assassins de son mari, Ibon Etxezarreta et Luis Carrasco, à la prison Naclares de la Oca à Álava où un dialogue étrange, confus et compliqué se crée entre la victime et le(s) criminel(s) qui accompagne précisément le mouvement de cessez-le-feu et la fin du terrorisme basque d’ETA stipulée en 2011. En effet, tout tourne autour de l’acceptation de ces entretiens, l’avant entretien, le moment T de celui-ci puis l’après entretien et ses conséquences, et ces trois temps sont très différents mais très intéressants.

Le film obtint un grand succès en Espagne, précisément au Pays Basque lors du Festival de San Sebastián mais également lors des Goyas 2022 en remportant trois trophées suivants : meilleure actrice pour Blanca Portillo (qui le mérite amplement vu son interprétation remarquable en tout point), meilleur acteur dans un rôle secondaire pour Urko Olazabal (impressionnant également), et meilleur espoir féminin pour María Cerezuela ; ainsi que lors du Festival du Cinéma Espagnol de Nantes en mars dernier, où Maixabel a remporté le prix du jury Jules Verne et le prix du Public. Un grand succès !

En terme de réalisation, Icíar Bollaín revient à son style cinématographique que je me permets de juger comme étant le plus « intéressant » et « poétique », soit dans la lignée de También la lluvía (2010), en alternant plan d’ensemble et gros plan sur les différents personnages, que ce soit Blanca Portillo ou Luis Tosar, pour nous faire émettre des émotions au plus proche des personnages. Ces deux derniers excellent dans leurs rôles respectifs de la victime et de l’assassin, et leur rencontre est merveilleusement mis en scène. Icíar Bollaín a réussi à créer au fil de sa filmographie, un type de personnage, que ce soit homme ou femme, qui sont de véritables battants, qui luttent toute leur vie pour changer le cours des choses, pour modifier leur vie – que ce soit dans Ne dis rien, Même la pluie, Yuli, Le mariage de Rosa et maintenant avec Maixabel – ce sont des personnes qui ont une idée en tête et qui la réalisent coûte que coûte. Prenons l’exemple de Yuli, qui part de Cuba pour l’Angleterre pour devenir l’un des danseurs les plus connus du monde ; ou encore Rosa dans Le mariage de Rosa qui va convaincre l’ensemble de sa famille ainsi qu’elle-même pour pouvoir se marier avec elle-même, soit s’accepter et prendre du temps pour elle uniquement sans se soucier constamment des autres ; et on retrouve précisément cette idée dans Maixabel. Maixabel Lasa, va rencontrer les deux assassins de son mari, alors que l’ensemble de ses proches dont sa fille, lui disent que non. De plus, le scénario, coécrit avec Isa Campo, s’inscrit dans les pensées et les sentiments des personnages, que ce soit autant pour la victime que pour les assassins ; et tout cela est merveilleusement bien interprété par Blanca Portillo, Luis Tosar et Urko Olazabal. Icíar Bollaín a en effet, mis en scène un épisode qu’elle a vécu indirectement puisque lorsqu’elle avait 7/8 ans, ETA commençait à perpétuer des meurtres et assassinats, et les nouvelles d’assassinats dans la presse, la radio et la télévision étaient quotidiennes.

Cependant, le scénario et/ou la mise en scène est sans doute un peu trop léchée à mon goût… ou à certains moments, le « pathos » est trop présent notamment la scène de fin qui m’a à la fois beaucoup ému mais qui m’a en même temps fait pensé au « too much » du film et de son propos. Néanmoins, Maixabel est un très beau film espagnol, et Icíar Bollaín ne m’avait pas autant ému et impacté depuis También la lluvía (2010). De plus, c’est un très beau film sur la capacité de pardonner, de dialoguer et de se repentir ; et le sujet historique sur l’ETA, son organisation, et le pardon des anciens membres permet d’aborder un nouveau sujet historique dans l’histoire du cinéma espagnol, autre que la guerre civile et le franquisme, et permet précisément de mettre en lumière cette partie d’histoire méconnue en France notamment. Voici ainsi un essai complètement réussi par Icíar Bollaín, 4/5 !
traversay1

4 524 abonnés 5 440 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mars 2022
Le mariage de Rosa, l'avant-dernier long-métrage d'Iciar Bollain, n'a pas été distribué dans les salles françaises (disponible en VOD). En sera t-il de même pour Maixabel (Les repentis) qui, contrairement à son prédécesseur, est tout sauf une comédie. Il y est question du conflit basque, peu avant que l'ETA ne dépose les armes, et de ses combattants, meurtriers de sang froid pour la cause, qui eurent, pour certains, l'occasion de rencontrer les familles de leurs victimes passées. L'histoire de Maixabel est inspiré de faits réels, ce qui donne encore davantage de poids émotionnel à un scénario qui se partage entre les regrets des uns et le chagrin des autres. Il faut une sacrée maîtrise, avec un tel sujet, pour ne pas tomber dans le piège du larmoyant, tout en rendant compte du caractère poignant de certaines scènes où les assassins confessent et cherchent le pardon dans les yeux de ceux qu'ils ont endeuillés à jamais. Le titre espagnol du film, soit le prénom de son héroïne, dont le mari a été tué des années plus tôt, est le plus explicite car il s'agit véritablement du personnage central du film, dont le courage s'exprime au moment et surtout après la tragédie qui l'a frappée. Blanca Portillo a obtenu le Goya de la meilleure actrice 2022 pour ce rôle déchirant, qu'elle interprète avec une pudeur et une lumière particulières. Elle fait face, notamment, au grand acteur espagnol Luis Tosar, lequel aurait tout autant mérité d'être récompensé. A eux deux, ils incarnent l'idée qu'une certaine forme d'apaisement est possible, même au sortir d'un drame indélébile.
Chma64
Chma64

5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 octobre 2021
J'ai vu ce film à Saint Sebastien en plein cœur de ce PaysBasque touché par ce drame. Je ne suis pas un cinéphile averti. Mais pour moi, ce film est superbe, très poignant. Les acteurs principaux sont excellents, Blanca Portilla et Luis Tosar transcendent leur rôle. Le thème principal est bien sûr la répentence et le pardon et on peut pas que rendre hommage au rôle de Maixabel. J'ai vu ce film dans une salle pétrifiée, un silence assourdissant. Excellent film !!
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