Un film puissant, très original, sur un sujet très peu traité, celui du terrorisme espagnol de l’ETA, puis vers la fin celui des quelques repentis qui avaient accepté de demander le pardon aux victimes. Basé sur l’histoire vraie de l’épouse d’un haut dirigeant du Parti Socialiste basque, assassiné sauvagement , qui veut confronter l’assassin de son mari. Le film traite avec beaucoup de finesse, sans manichéisme ce sujet. Ce terrorisme présenté comme un cancer qui s’attaque même aux gens de la gauche régionale, dont ils étaient pourtant issus. Le fanatisme est bien décrit, de manière très clinique, sans passion, le manque d’instruction : souvent les derniers recrutés sont des gens simples, facilement manipulable par les « gourous » extrémistes. Les deux acteurs principaux, Luis Tosar , que l’on connait bien, un de plus grands d’ Espagne, et Blanca Portillo , que l’on avait déjà vu chez Pedro Almodovar sont excellents , et donnent beaucoup de densité à leur personnage . La problématique de la politique au Pays Basque , le sujet du nationalisme est bien abordé , bien traité, Une belle réalisation de Icair Bollain , dont on avait déjà vu le très bon « Même la pluie », sobre et élégante. Une scène finale du souvenir partagé et de pardon sur fonds de vieux chants basques, dans la montagne, est superbe très émouvante, pleine d’empathie, et présente une synthèse exceptionnelle du sujet.