Histoire hors normes, adaptée fidèlement. Spirale du mensonge qui conduit au pire. L’enquête policière postérieure au drame aurait pu être plus développée.
L'Adversaire est un film de Nicole Garcia sorti en 2002.
Porté par un casting quatre étoiles (Daniel Auteuil, Géraldine Pailhas, Emmanuelle Devos, François Cluzet), cette adaptation du récit d'Emmanuel Carrère n'a pas le souffle de son matériel de base. Heureusement que les acteurs sont là pour porter une mise en scène qui tourne à vide, donnant le sentiment que la réalisatrice n'a pas réussi à insuffler la puissance nécessaire pour donner à ce drame intime la reconstitution qu'il méritait. Certains scènes viennent gonfler le récit artificiellement, spoiler: en particulier les scènes d'interrogatoire de Devos et Cluzet, montrant au spectateur qu'ils ont survécu aux méfaits de Jean-Marc Faure (inspiré de Jean-Claude Romand). Alors que la dualité du personnage est magnifiquement interprétée par Daniel Auteuil, on finit par s'ennuyer devant ce film sans prise de risque.
Ce long métrage est sauvé par son histoire vraie et ses acteurs principaux. Le tout est mis en scène mollement, sans réelle audace. Tellement dommage.
Si vous avez déjà vue l'émission, ou si vous connaissez l'histoire vraie, le film a un rythme lent, faussement psychologique, l'acteur joue très bien le role du perso qui n'en à rien à faire, aucune implications, alors que le vrais cas a passé 18 ans à passer pour quelqu'un de normale sans jamais éveiller les soupçons... Dans le film le regards de sa femme est clairement remplie d'interrogations du début à la fin, et le mari a toujours la même tête, neutre, à aucun moment le perso essaie un temps sois peut de paraitre normale, de s'intégrer et ce même faussement.
La vraie histoire, il y a le faux cancer, hors dans le film à aucun moment il n'existe, avoir un cancer peut aider ses proches à couper court à toute forme de réflexions et de suspicions. Dans le film on voit les proches se faire interroger par la police ou autres, et se font reprocher leurs aveuglements sur ce qu'était le personnage, comme si c'était de leur faute, hors en absence de "cancer", tout tombe à l'eau, l'intrigue de tient pas. Dommage.
L'affaire Jean-Claude Romand... Le faux médecin qui mentit à sa famille pendant des années, avant qu'il ne tue parents, femmes et enfants quand il s'aperçut que son mensonge allait lui sauter à la figure. Cette histoire, Cantet l'avait utilisée comme canevas pour son "Emploi du temps", lui permettant d'aborder ce qui était son thème favori : la tyrannie du monde du travail. Nicole Garcia, quant à elle, s'en empare pour en faire un film collant au plus près. Malheureusement pour elle, et surtout pour nous, cela fonctionne nettement moins bien. "L'adversaire" est un film froid et qui manque clairement de personnalité. Il passe devant nos yeux, mais il n'y a rien qui permette réellement de s'y accrocher. Garcia s'est intéressée à l'affaire, ça ne fait aucun doute, mais elle commet une erreur de taille : elle se trompe sur la personnalité de son personnage. Le numéro de "Faites entrer l'accusé" décrivait qui était vraiment Romand, ce qui expliquait pourquoi il avait réussi à extorquer de telles sommes à son entourage pendant toutes ces années. Alors que dans le film, on est face à un personnage renfermé, geignard par instants, distant etc... Le genre de mec à qui tu n'as pas envie de prêter un seul franc, même si c'est ton pote. Et comme tout est bâti autour de ce mec, tu ne peux tout simplement pas convaincre. Tu peux bien mettre Daniel Auteuil derrière la caméra, ça ne changera rien. Reste donc le métier de la cinéaste pour faire passer la pilule. Même si le sens de l'ellipse de Garcia fait parfois poser question. Pas irregardable malgré toutes ses faiblesses, mais tout ce qu'il y a d'anecdotique.
Jean-Pierre Faure (D.Auteuil) est un type triste et taciturne. Il restera tout au long du film, malgré l'attention que lui porte la réalisatrice Nicole Garcia, un homme étrange et impénétrable. Le film n'est pas précisément un film à suspense, d'autant moins que le cas authentique dont s'inspire la cinéaste nous est connu, d'autant moins aussi que le spoiler: dénouement abominable , s'il avait été érigé en spectacle, eut été du plus mauvais goût. Ce dénouement, Nicole Garcia l'évoque avec la pudeur qui convient. Faure est cet époux et père de famille qui parvient à faire croire à ses proches, pendant des années, qu'il est à Genève une sommité de l'OMS. Il s'est enfermé dans un mensonge -qui n'est pas celui d'un cynique ou d'un mythomane- qu'il entretient au jour le jour par des départs et retours, par des indélicatesses pour répondre à sa condition de cadre supérieur aisé. La réalisatrice ne donne pas dans le fait divers; son film est pour l'essentiel une étude de comportement qui ne propose d'ailleurs pas de conclusions psychologiques. Faure est une énigme et le restera. La mise en scène est habile, qui dessine par touches successives, y compris en brouillant la chronologie des incidents, la personnalité et le cheminement de Faure jusqu'à évoquer l'origine de son mensonge. Daniel Auteuil fait une composition douloureuse et grave d'un homme sans fantaisie, qui subit plutôt qu'il n'agit. Il contribue à voir dans "L'adversaire" tout autre chose que le portrait réducteur d'un "monstre".
Au début, pour être honnête, je me suis ennuyé. C'est calme, plat, les dialogues sont vides d'intérêt. Petit à petit, on en apprend plus sur ce "médecin" interprété à brio par Daniel Auteuil. Le film est entremêlé du présent et du futur, un peu à la memento de Christopher Nolan si je me souviens bien. Jusqu'à arrivé au dénoument final qui nous remout les tripes, nous glace le sang. Le film nous interroge aussi, notamment la scène ou D.Auteuil avoue une spoiler: infidélité à F.Cluzet. Auteuil sort alors une réplique comme quoi il ne veut pas réellement d'une vie "standart" ou classique, je ne sais plus ce qu'il a dit. Ce qui nous interroge donc : quel est le but de la vie ? C'est réellement ça le but ? De travailler et de dormir ? Et après on "profite" de la retraite pour vivre ? Réflexion intéressante, qui cependant nous mène à une fin terriblement désastreuse (dans le sens horrible) pas qu'elle soit mal faites/monté/tourné. Surtout quand on sait que tout cela est bien réel, cela nous terrifie.
D'autant plus glaçant que l'histoire est vraie ! Ce qui surprend au départ c'est de voir que Jean-Marc (incarné par Daniel Auteuil), peut rentrer dans une salle de conférence de l'OMS librement. À part ce détail, on s'étonne ensuite de sa capacité à financer son train de vie... sans avoir d'autres sources de revenus que des proches crédules. L'ambiance est pesante. Le cadre humide et gris de cette région de moyenne montagne y fait beaucoup. On se sent mal à l'aise. À ce titre L'Adversaire est remarquable puisqu'il fait ressentir au spectateur un sentiment de plus en plus fort de mal-être. Cependant, j'aurais apprécié une fin plus marquée. Ne serait-ce que la conclusion de l'enquête dont on voit des bribes entre deux flash-back, lesquels demandent une grande concentration. Un film à réserver aux amateurs de faits divers.
La force de cette histoire vraie fait beaucoup pour ce film qui n'est pas totalement convaincant sans qu'on puisse facilement dire pourquoi. On ne s'ennuie pas malgré un rythme lent.
Bon scénario et bons acteurs. Malheureusement un montage catastrophique (c'est vrai que de nos jours un montage linéaire est bien trop simple pour faire branché et profond!) avec des flashback et flashforward sans queue ni tête ne fait que rendre obscur l'évolution des sentiments des personnages. La musique ne colle pas beaucoup non plus avec les scènes.
Comparé au très bon livre d'Emanuel Carrière, le film fait franchement pauvre... Que c'est long, mal construit, peu fluide. Restent ces très beaux paysages enneigés, c'est peu Vraiment déçue
Film lent, décousu et triste de bout en bout sauf en fin où c'est horrifique. Daniel Auteuil promène sa tête de déterré sociopathe dans le Jura, inintéressante et sordide histoire sur la démence sur fond de quotidien bourgeois.