Les films de pirates avaient le vent en poupe dans le temps. Puis les débâcles successives au box-office de « L’Île aux pirates » de Renny Harlin et de « Waterworld » de Kevin Costner, la version post-apo du genre, au milieu des années 90 ont sonné le glas d’un genre ensuite totalement délaissé. Jusqu’à ce que Disney se lance dans l’adaptation en prises de vues réelles de sa célèbre attraction « Pirates des Caraïbes » avec Gore Verbinski à la barre et Johnny Depp en pirate déluré comme star dix ans plus tard. Et avec le carton stratosphérique que l’on connaît, pas moins de quatre suites aux succès certain et un reboot dans les cartons. On aurait pu croire que ce triomphe redonne des idées aux studios mais, bizarrement, quasiment aucun fim de pirates classique n’est sorti depuis. On peut s’étonner que personne n’ait suivi cette mode durant les vingt dernières années malgré le carton de la bande à Jack Sparrow. « La Falaise » apparaît donc véritablement comme une rareté et le fait que ce soit un film de plateforme réduit probablement les risques.
En tout cas, il attise la curiosité. Même si le fait que ce soit une production Prime chapeautée par les frères Russo puisse légitimement faire peur. En effet, les responsables des plus gros films du MCU ont montré qu’ils pouvaient être de piètres réalisateurs pour Netflix comme le prouvent les mauvais « The Electric State » et « The Gray Men » mais, en revanche, de bons producteurs comme avec la saga avec Chris Hemsworth, « Tyler Rake ». Fort heureusement, ce long-métrage est plutôt à ranger dans cette seconde catégorie, celle des productions de qualité labellisées par la fratrie. En revanche, si ce n’est le contexte exotique d’une île caribéenne au XIXème siècle et une bande de pirates comme antagonistes, « La Falaise » ressemble davantage à un film d’action lambda comme la plateforme en produit tant, la piraterie n’étant pas vraiment comme on peut l’imaginer. Par exemple, hormis le court prologue, il n’y aura aucune bataille de navires en mer, ce qui est un peu frustrant. Avouons cependant que le film fait incontestablement partie des rares films musclés réussis de la plateforme, comme l’été passé l’excellent « Heads of State ». Pas aussi réussi, celui-ci est en tout cas un film qui parvient à être un honnête divertissement du samedi soir, efficace et honorable.
Réalisateur quasiment inconnu (son seul fait d’arme est l’inédit « Haven » en 2008 avec un joli casting), Frank E. Flowers livre une production qui a de la gueule sur bien des points. « La Falaise » est parfaitement rythmé, on ne voit pas le temps passer, et on est pris par l’histoire, tout comme on est tout à fait satisfait par les séquences d’action, que ce soit les combats ou les fusillades. Seul bémol à ce niveau : une trop grosse proportion d’entre elles est filmée de nuit. Conséquemment, elles ne sont pas toujours bien lisibles et celle éclairée par les coups de feu est un peu pompée sur le dernier « The Batman » en moins bien. Il y a aussi quelques micro défauts comme deux ou trois courts flashbacks niais (et ridicules), quelques clichés (le combat final au lever du soleil orangé à l’excès par exemple) et invraisemblances ainsi qu’une intrigue très basique qui ne révolutionnera rien. Ceci dit, le long-métrage remplit son cahier des charges de spectacle dépaysant avec un affrontement musclé et satisfaisant entre un Karl Urban qui se la joue comme dans « The Boys » - mais en mode méchant pirate - et une Priyanka Chopra Jonas tout à fait crédible en simili John Wick féminin option pirate repentie. Et puis les affrontements sont assez originaux au vu du contexte spatio-temporel assortis à des paysages magnifiques. Alors one boudera pas notre plaisir devant ce film d’action - plus que de pirates - original et de bonne tenue en plus d’être divertissant. On n’en demande pas plus!
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