Peut-être parce qu'il s'agit de David Fincher, qui a su produire des films excellents, voire des chefs-d'œuvre, les critiques et le public avaient ils trop d'attente autour de cette production Netflix.
Sans atteindre les sommets de certains de ses autres long métrages, The Killer est pour moi un bon film, efficace, froid et méthodique, comme le tueur qu'il met en scène, interprété par un Michael Fassbender qui colle parfaitement au rôle. Il ne faut pas l'intellectualiser à outrance ou y chercher un sens caché à mon avis. Il s'agit là d'un film de vengeance classique sur le fond, avec une forme bien maîtrisée visuellement (c'est quand même du Fincher et ça se voit à l'écran : lumières, photographie, cadrage etc...). L'histoire est découpée de façon chronologique en chapitres, chacun se passant dans un endroit distinct.
Le film commence par un long monologue qui nous happe directement dans l'esprit et la méthode du tueur, froids, précis, chronométrés et millimétrés.
Le côté sans affect du Killer, qui fait le job pour le job, sans se poser de question, ni faire d'état d'âme est bien mis en avant. Sauf qu'après 20 minutes de préparation... Il rate sa cible...
On sent alors la perte de sang froid qui cherche à être maintenue sous contrôle par un Fassbender qui joue très bien cette ambivalence.
Notre tueur sous pression rentre chez lui dans l'urgence, aux Antilles pour rejoindre sa planque, mais il va constater que sa maison a été visitée et sa compagne sérieusement violentée.
Il va alors s'appliquer à utiliser sa méthode professionnelle de tueur pour organiser une petite Vendetta froide mais implacable. Tout au long du film, on sentira le personnage s'appuyant sur ses mantras pour ne pas céder à ses émotions. Le presque continuel monologue en voix off nous permet de rester dans l'ambiance, au plus profond de la psyché du personnage. Ce procédé se montre très efficace et prenant. Il trouve son climax dans la scène de combat contre "la brute", excellemment chorégraphiée et filmée à mon goût. Dans toute cette noirceur et ce sang froid quasi surhumain, on sent toujours notre personnage à la limite avec ses émotions et sa volonté de vengeance. Mais cette dernière n'est pas sans but. En effet, ce qu'il cherche avec cette Vendetta, c'est pouvoir profiter d'une retraite et d'un anonymat paisible dans son bunker des îles avec sa bien aimée locale.
Ainsi la fin, penche légèrement vers le côté humain du tueur, nous rappelant sans spoil, qu'il est au final, comme vous et moi...
Le tout fait du film un divertissement efficace, pas ultra profond certes, mais très bien exécuté et sans temps mort ni ennui. Malgré les monologues continus, l'immersion est là et on se laisse bien porter par le truc jusqu'au générique de fin. Un dernier bémol quand même, les placements de produits sont nombreux et grossiers, le pire étant celui pour Amazon... On aurait vraiment pu s'en passer, et ces moments récurrents tout au long du film gâchent un peu l'immersion dans l'histoire et le personnage si on y prête trop attention.
Un film à voir sans se prendre la tête, bon sans être un chef d'œuvre, axé sur la psychologie de son personnage plus que sur l'action.