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Bertie Quincampoix
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4,0
Publiée le 21 juillet 2022
Porté par l’improbable mais extraordinaire trio Dario Argento / Françoise Lebrun / Alex Lutz, Vortex nous offre une vertigineuse plongée dans l’appartement d’un couple d’intellectuels à la retraite dont la femme est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Superbement filmé en split-screen, ce film moins provoc que la moyenne des œuvres de Gaspar Noé n’en est pas moins éprouvant, tant il expose frontalement le quotidien de cette famille inexorablement rattrapée par les signes du temps qui file. Oui, la vie n’est qu’un bref passage sur terre. Des personnages particulièrement bien écrits.
Coup de massue. C'est effectivement complètement assommé que l'on ressort de la salle après avoir visionné Vortex. Ayant toujours été assez peu réceptif au cinéma de Noé, c'est peut-être Vortex qui me réconciliera avec l'artiste. Cette proposition forte nous plonge dans le quotidien d'un couple qui dépérit, d'une maladie omniprésente, de la souffrance d'un aidant au parcours bien noir. Mais la force de ce film se trouve dans sa capacité à dépeindre une réalité, une réalité telle que la violence de celle-ci vous asphixye jusqu'aux dernières secondes. On ne peut que féliciter Noé pour ses talents de metteurs en scène et de directeur technique, car sacré défi de réaliser un écran scindé dans un espace aussi réduit. Cette prouesse est au service du propos car on peut y voir ici 2 psychologies, 2 âmes errantes dans un même lieu sans vraiment interagir, sans être ancrés dans la même temporalité. Qu'elle proposition puissante, mais éprouvante. J'ai rarement vu une salle aussi silencieuse en sortie de séance, ce film vous coupe littéralement le souffle par sa violence, la violence d'une fin de vie.
Il y avait bien longtemps que je n’avais vu un film de Noé. Le dernier devait être Enter The Void et il n’avait pas grand-chose à voir avec le film qui nous intéresse aujourd’hui. Une chose est sûre, c’est qu’avec Noé, on est sûr de rien.
Vortex nous propose de suivre le quotidien d’un couple de petits vieux. Lui est un réalisateur toujours à fond dans sa recherche, comme accroché à une bouée de sauvetage. Elle était psychiatre mais aujourd’hui, elle est surtout atteinte d’Alzheimer. Leur quotidien est fait de routines et d’angoisse. Et leur fils est bien seul quand il faut gérer les problèmes de ses parents en plus des siens.
Rien, vraiment rien ne nous sera épargné dans ce long tunnel claustro de 2h15. On ne quittera que peu l’appart exigu et surchargé du couple. L’action sera constamment filmée selon deux points de vue c’est à dire que concrètement, l’écran est séparé en deux carrés et les deux images sont simultanées. Généralement, il y a un personnage par carré. Chacun est enfermé dans sa petite boite. Ou, symboliquement par l’encadrement d’une porte ou d’une fenêtre voire, comme suggéré au début du film, l’encadrement d’un cercueil. Ces cadres dans des cadres sont autant d’illustrations du mantra du film : la vie n’est pas un rêve, elle est un rêve dans un rêve. C’est à dire qu’elle n’a pas de réalité tangible et qu’il n’en restera rien de toute façon. On le voit bien, la forme prime. Et sur ce point, on sait Noé intransigeant. Ainsi, si ça doit être âpre, ça l’est. Le bruit numérique est omniprésent et il illustre à la fois l’obscurité dans laquelle naviguent les personnages mais aussi l’urgence de ces vies, comme filmées à la va vite et pour la dernière fois avant qu’il n’y ait plus rien à voir. Sur le rythme aussi, on bouleverse le spectateur. C’est lent. Il y a toujours quelque chose à regarder dans un des cadres mais ça semble ne rien raconter. Peu de coupes. Et à la manière d’Irréversible, on fera subir au spectateur l’intégralité du drame qui se joue. A vrai dire, c’est physiquement éprouvant quand on assiste en temps réel à l’agonie d’un personnage. La tentation de fuir en quittant la salle est grande, avouons-le. Pour autant, tout ce qui est raconté là donne à voir la réalité des angoisses qui nous attendent. Celles de ne plus servir à rien, de la dépendance, de l’héritage en trompe l’œil, de l’inversion des rôles générationnels. Chacun y trouvera forcément une résonance avec ses propres questionnements, pour lui-même ou pour ses proches. A l’interprétation, c’est parfait de bout en bout, renforçant le sentiment de ciné-vérité.
Au final, un film fort et brillant donc. Et est-ce qu’on le conseillera ? Pas aux âmes sensibles en tout cas. Ni aux jeunes, peut-être trop éloignés du sujet. Ni aux enfants ça va de soi. Ni à ceux qui sont trop habitués à un cinéma consensuel ou formaté. Peut-être pas non plus à ceux qui vivent une expérience proche de celle du film. A qui alors ? Au spectateur curieux qui aime être secoué et qui n’a pas peur qu’on l’attrape par le col et qu’on lui colle deux ou trois gifles. Bref, spectateur masochiste, ce film est pour toi.
Un couple vieillissant (Françoise Lebrun et Dario Argento), dont l'état de santé rend le maintien à domicile de plus en plus aléatoire et difficile, d'autant plus que la femme est atteinte d'Alzheimer. Afin de montrer l'attachement entre les époux, Gaspar Noé choisit d'installer durant la quasi totalité du film un splitscreen en deux parties dans un format scope. Cela lui permet non seulement de les suivre en parallèle, ou de proposer deux angles de prise de vues, ce qui renforce la puissance de certaines scènes. En effet, ce récit du vieillissement fatal, à la fois violent et empathique, est d'une justesse toute documentaire, porté par un trio d'acteurs éblouissant. Car Alex Lutz, impeccable dans un rôle dramatique, campe de manière exacte leur fils, qui, empêtré dans ses propres démons, n'arrive pas à les soutenir aussi bien qu'il le souhaiterait. Ainsi Noé signe un grand film humaniste, aux antipodes des films qui l'ont fait connaître.
« A tous ceux dont le cerveau se décomposera avant le cœur ». voici le préambule du film. Le ton est donné. C'est trop long mais c'est brut comme un documentaire ...c'est triste, ces personnes semblent pathétiques et n'ont pas grand chose d'attachant. Malgré tout, cette déambulation sans fin dans ce petit mais charmant et surchargé appartement parisien (est-ce un parallèle aux méandres du cerveau) a quelque chose d'hypnotique. Au niveau de la narration et des dialogues, il y a peu de gras mais il faut tenir la distance dans ce labyrinthe sans issue oppressant. Pas gai. Je n'ai pas vu Amour de Haneke mais j'avais beaucoup aimé The Father qui avait le mérite de nous placer dans la perte de mémoire elle-même et ainsi nous toucher beaucoup plus. Ici on est un peu terrifié mais pas ému. Mais c'est peut-être plus réaliste aussi car les personnes agées n'ont pas toujours des personnes aptes ou ayant les moyens à mettre en place le soutien nécessaire.
Fascinant mais interminable. Passionnant mais malaisant. Radical mais beau. « Vortex » c’est une œuvre des contraires, des oppositions de superlatifs. C’est du pur cinéma de Gaspard Noé. Tout craché. Et même si le sujet, le traitement et l’atmosphère en font son film peut-être le plus doux et abordable, cela reste vraiment du cinéma particulier, qui fait fi de toutes les modes et propose une expérience immersive et jamais vue. Rien qu’à ce niveau, c’est très fort, salutaire et nécessaire dans un paysage cinématographique mondial généralement formaté, conditionnant le spectateur, et où le mercantile prime malheureusement sur l’Art. Et malgré son apparente sagesse (en tout cas thématique et formelle), c’est un film qui divisera et alimentera les débats. Il ne donne pas mal au crâne par son aspect visuel extrême, il ne choque pas par des séquences répugnantes ou prêtant à l’écœurement (coucou « Irréversible », que l’on peut encenser mais que l’auteur de ses lignes a proprement détesté) et il ne surfe pas sur une vague arty parfois discutable.
Ce n’est certes pas la claque non plus que son avant-dernier opus nous avait prodigué, « Climaxx » certainement son meilleur film, entre chorégraphie endiablées, plans-séquence incroyables et plongée en enfer parfaitement maîtrisée. On retrouve néanmoins la plupart des obsessions du cinéaste : de la drogue, à la mort en passant par la notion de temps (mais rien à voir avec la vision de Christopher Nolan sur ce point). D’ailleurs, il commence son film par une citation qui fait tellement de sens : « A tous ceux dont le cerveau se décomposera avant le cœur ». Le temps et la mort dans une danse macabre qui peut rejoindre celle qui sous-titrait « Irréversible » et qui était encore plus équivoque : « Le temps détruit tout ». On voit donc, durant deux heures et trente interminables minutes, la lente agonie d’un couple d’octogénaires. Lui, touché par des problèmes cardiaques, elle, par un Alzheimer galopant. Si vous avez trouvé la Palme d’or « Amour » de Mickael Aneke, au sujet parallèle voire jumeau, très glauque ou versant dans le dolorisme, et bien évitez « Vortex »! C’est dix fois plus intense et extrême.
On comprend que l’auteur ait voulu faire durer son film pour faire ressentir au spectateur la lente déliquescence des souvenirs, de la mobilité et de la mémoire causée par la maladie et les conséquences horribles que cela peut avoir sur la vie d’un couple plutôt isolé (il ne leur reste que leur fils et leur petit-fils). Mais à trop étirer le procédé, cela finit par lasser. Les longues errances de la mère dans ce minuscule mais labyrinthique appartement semblent être la métaphore de son cerveau malade. Bien vu. Tout comme l’utilisation du split-screen tout le film. Même quand ils sont ensemble, l’écran est divisé en deux pour figurer leur éloignement progressif et leur isolement respectif. Le procédé n’a jamais été aussi bien utilisé qu’ici, hormis peut-être dans « Snake Eyes ». Le film phare de ce procédé restant le « Timecode » de Mike Figis sorti il y a vingt ans avec l’écran divisé en quatre mais pour un pur exercice de style. Mais quand même, une heure de film en moins n’aurait rien enlevé à la force du propos transformant le supplice et l’ennui du spectateur en adhésion certainement plus affirmée. Si Françoise Lebrun impressionne dans un rôle quasi muet où elle doit jouer uniquement avec le regard et les gestes, Dario Argento est un choix plus risqué et peu malin car son accent italien empêche de comprendre certains dialogues. Quant à Alex Lutz il se positionne vraiment comme un comédien tout-terrain. « Vortex » c’est une sacrée expérience de cinéma, plus âpre qu’un film d’horreur, mais l’horreur plus viscérale et insidieuse de la fin de vie. Mais entre une grosse invraisemblance (la mère laissée seule à son appartement à un moment crucial) et des scènes et un film bien trop étirés on peut vouloir passer son chemin ou sortir de la salle et cela se comprendra. A vous de voir!
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Le film le plus violent de Noé. Il détruit de l'intérieur depuis le debut jusqu'à la fin c'est une véritable descente aux enfers. On est triste de voir que personne ne lutte que les personnes se laissent s'écraser lentement sur ce rocher destructeur des liens qui les ont Unis, fait s'aimer et vivre ensemble. Terrible de voir comment l'abandon prend sa forme finale, terrible de voir comment certains tentent d'en rechapper et à quel prix. J'ai eu du mal avec l'interprétation des acteurs mais ça n'enlève rien au sujet. La manière de filmer est très intéressante et rajoute une couche à un climat déjà très anxiogène de cet appartement bordélique ou tout se confond
Un film vraiment hors normes et ce dès le générique de début ! Long lent mais une telle réalité, une telle justesse qu’on ne peut rester indifférent à ce film qui n’a rien de traditionnel. Tellement bien interprété que j’ai retrouvé toutes les situations vécues avec mes parents comme si j’y étais ! Un film sur la fin de vie qui fait peur !!!
Définition : Tourbillon creux qui prend naissance, sous certaines conditions, dans un fluide en écoulement. Le "Fluide" devinez, début seul-fin seul. Des plans séquences jamais vu (Chiant au début, Gaspard te conduis, cokin), et le pire sous 2 angles différents de vue qui divise l'écran en 2, normal ! (Grand écran obligatoire). Des Acteurs au "Top" de leur Art.
Le film suit le quotidien d’un couple âgé de parisiens au sein de leur appartement. Elle, psychanalyste à la retraire est confrontée à une démence de plus en plus omniprésente et Lui, critique de cinéma s’attèle à son nouvel ouvrage quelques mois seulement après avoir été victime d’un AVC.
Après le stroboscopique Lux Æterna (2020), Gaspar Noé est de retour avec cette fois-ci, un film bien plus grand public qu’à son habitude. Un film difficile mais à l’exercice de style particulièrement intéressant et soigné. Vortex (2022) est une plongée dans la dégénérescence du cerveau, où la vieillesse et la démence viennent mettre à mal l’amour qui unit ce couple.
Le réalisateur a eu la brillante idée de filmer ces deux âmes en peine (noyées dans le capharnaüm qui leur sert d’appartement) avec deux caméras et en scindant l’écran en deux (durant toute la durée du film), comme pour mieux nous montrer à quel point ces deux êtres souffrent et luttent chacun de leur côté. En utilisant le split-screen, le cinéaste renforce à la fois la défaillance mentale et le côté labyrinthique du lieu où ils vivent, comme s’ils étaient tout deux en train de se perdre dans leurs propres souvenirs.
Le film ne laisse clairement pas indifférent, il est rude et déprimant, impossible de ne pas repenser à des œuvres telles que Amour (2012) de Michael Haneke ou plus récemment The Father (2021) de Florian Zeller. Gaspar Noé se démarque complètement de ses réalisations précédentes pour une œuvre à la fois intimiste et proche du documentaire, le tout, magnifiée par un très beau trio d’acteurs (Françoise Lebrun, Dario Argento & Alex Lutz). Seule ombre au tableau s’il en fallait une, à savoir le rythme du film, d’une lenteur assommante (à contre-pied de ses précédents films).
Difficile à juger. Il s'en dégage un sentiment étrange de malaise face à une vieillesse présentée de la façon la plus crue. Sans divertir, le film laisse une trace émotionnelle et dérange. L'expérience vaut la peine mais il faut être solide.
Habitué des titres courts, « Vortex » est une tornade de mélancolie et de sagesse proposée par Gaspard Noé pour son dernier film. Narrant le quotidien d’un couple de seniors parisiens (interprétés par Dario Argento et Françoise Lebrun), l’une ancienne psychiatre, l’un plutôt penché cinéma et écriture toujours actif, la caméra ne quitte pas un instant les deux personnages. Le réalisateur à fait le pari d’une image scindée en deux, afin de suivre au même moment les acteurs de ce huis-clos, que l’on observe, presque avec gêne, tant l’intimité nous est ouverte. Cela vous rappellera sans doute l’émission culte « strip tease », émission connue pour ne pas intervenir durant son tournage auprès des personnages. On assiste alors, durant deux heures trente, à la dégringolade du couple, dont la relation s’étiole, par un début de maladie d’Alzheimer qui touche le personnage de Françoise Lebrun. Leur fils, interprété par Alex Lutz, nous prouve encore une fois le talent dont il excelle dans les films dramatiques, car c’est bien de la vieillesse et de l’isolement qui sont abordés. Que ce soit le fils, le père ou la mère, aucun d’eux n’est capable de se comprendre, et d’accepter le fait que le temps les sépare de plus en plus, en les faisant souffrir un peu plus chaque jour. Il est difficile de ressortir de ce film sans avoir été impacté par son récit, certes muet mais pourtant tellement parlant de par la sincérité de ce trio d’acteurs, qui souffre chacun à sa manière, mais aussi par le sujet, encore tabou, de la fin de vie. Un rappel que la vie, c’est aussi la colère, la folie, la maladie et la mort.
C’est un bon film, ça en vaut la peine. Il reflète la vraie vie, l’utilisation de la lumière était très bonne ainsi que les acteurs. Touchant et fait réfléchir!