Camus a dit : un homme ça s'empêche. Et une femme ? Ne peut-on imaginer que cette dame résiste aux assauts de l'adolescent qui, de surcroît, est son beau-fils ? Elle est, au final, la plus pitoyable des deux. Même si la réalisatrice prend soin de nous la montrer dans des interventions professionnelles bienfaisantes, elle vient en aide notamment à une jeune fille dont le père est manifestement malade, personne n’est parfait ni sans espoir, d'accord, contrepoint facile et vain. Oui, le jeune homme, perdu, arrogant, irritant est encore un enfant, sa belle-mère tente de le nier. Qu’elle le veuille ou non, à 16 ans, on n'est pas fini. On ne possède pas et n’a pas développé les mêmes armes et protections qu’une peau adulte tannée. Les organes fonctionnent, la maturité est insuffisante, l'expérience inexistante. L’étreinte entre ces deux-là n’a rien d’égalitaire. Même si le jeune homme la cherche, elle, ne doit pas céder. Ou bien, au moins, si elle a cédé, assumer totalement son acte et sa décision, ne pas faire passer son beau-fils pour un menteur alors que c’est elle qui dissimule. L'adulte porte la responsabilité entière de ce genre d'erreurs et de ses conséquences. Il ne doit pas y avoir, à mon sens, de relations sexuelles entre un mineur et un adulte. Que les adolescents découvrent l'amour ensemble, avec toutes les maladresses et inconvénients que cela peut comporter. Concernant le jeu, j'avais dit dans le précédent commentaire que, à mon sens, la Drucker était bien, le jeune homme beaucoup moins. Le père fait le travail aussi, son interprétation d'un homme en voie de déconstruction morbide est convaincante. J’ose espérer que Breillat dénonce ici l’hypocrisie, la capacité de nuisance et la lâcheté d’une certaine bourgeoisie décadente. A-t-elle, en ce domaine, l’étoffe d’un Chabrol ?