Pour tout bagage , Théo a 17 ans, un peu tordu au point d’agresser son professeur de mathématiques, de s’isoler dans sa chambre, de griller des cigarettes, de se tatouer, de son portable, il est marron. Il se fout du tiers comme du quart. Il va prendre son bonheur ou son pied trop vite auprès de sa belle-mère plus âgée Anne ( Léa Drucker) avocate pour la protection de l’enfance...le paradoxe ou l’incongruité de la suite du film sur les positions horizontales. Thé se trompe car il croit qu’on aime pour toute la vie, infime minorité dans cette société moderne. Pour Théo, la vie ou plutôt cette vie dure l’espace de quelques étreintes et devient victime de ses désirs d’adolescents et de ses dérives antérieures non punies. Mais les adultes avec leur dialectique sont plus forts que le lion qu’il croit incarner. Comme le chante Léo Ferré : « Il a des réserves de printemps qu’on jetterait comme des miettes de pain à des oiseaux sur le chemin, quand on aime c’est jusqu’à la mort ». Là, on évite le pire, Anne capte l’amour puis elle le repousse en frôlant la catastrophe et en évitant par miracle le réveil du boucan de la morale et des lois intangibles concernant le détournement de mineur. Théo s’est dit qu’il a toujours dix-sept ans et qu’il peut tout oser.
Une histoire d’amour impossible qui se conclut au drame. Un film porté par deux acteurs captivants qui tombent progressivement amoureux l’un de l’autre. Léa Drucker au sommet de l’attirance et de la provocation et Samuel Kircher de celui du charme et la nonchalance. Une histoire basée sur un suspense interminablement romantique et éprouvant.
Un été en apparence ordinaire, traversé par des gestes qui déplacent lentement les lignes. L’Été dernier installe un malaise continu, autant par ce qu’il montre que par ce qu’il laisse s’installer.
Ce choix radical s’inscrit dans une démarche cohérente. Avec L’Été dernier, Catherine Breillat poursuit un cinéma de l’observation et du dérangement, qui refuse les cadres moraux explicites et les positions rassurantes. Le film ne fonctionne ni comme un drame à thèse ni comme un récit à suspense, mais comme une étude de situation. Le malaise naît des gestes, des silences et des regards, sans jamais être commenté ni expliqué. Le spectateur est laissé seul face à ce qu’il voit, sans mode d’emploi.
La mise en scène adopte une sobriété presque clinique. Les décors lumineux et ordinaires contrastent avec la gravité de ce qui s’y joue. La caméra reste discrète, la musique rare, et les acteurs évoluent dans une retenue constante. Ce dépouillement renforce la sensation de malaise tout en empêchant toute lecture simpliste ou spectaculaire.
Le premier problème du film tient précisément à ce qu’il cherche à produire. Le malaise est constant, pesant, et ne laisse quasiment aucun espace de respiration. La mise en scène froide et distante maintient le spectateur dans une position d’observateur contraint, sans offrir de recul ni de variation de ton. Cette retenue extrême, assumée jusqu’au bout, empêche toute implication émotionnelle autre que le rejet ou l’inconfort. Le film observe, mais ne permet jamais un véritable déplacement du regard. Le rythme très lent accentue encore cette sensation d’immobilisme.
La distance est renforcée par le cadre social choisi. Le milieu bourgeois, avec en toile de fond un rapport troublé à l’alcool, est filmé sans nuance apparente et provoque un rejet immédiat. Les personnages apparaissent difficiles à aimer, souvent antipathiques, ce qui limite toute forme d’identification ou même de curiosité. Certains comportements volontairement provocants, notamment ceux du beau-fils, restent opaques et crispants, sans toujours trouver de justification dramaturgique, donnant parfois l’impression d’un trouble posé comme une fin en soi.
J’ai personnellement détesté l’expérience. Le film m’a mis profondément mal à l’aise du début à la fin, au point d’attendre qu’il se termine, malgré ma franche ouverture d’esprit. Pourtant, c’est précisément cette efficacité qui justifie la note. Si l’objectif était de créer un malaise durable, presque insupportable, alors le film est redoutablement fort. Mention particulière à Léa Drucker, impeccable dans son rôle de bourgeoise coincée et naïvement complaisante, qu’elle incarne avec une maîtrise glaciale.
En filigrane, le film interroge le désir, le pouvoir et la responsabilité sans jamais les nommer frontalement. Il montre comment certaines situations peuvent se déployer dans des cadres sociaux protégés, sous couvert de normalité, et comment le refus de nommer ou de juger participe à leur persistance.
L’Été dernier est ainsi une œuvre radicale, volontairement inconfortable, qui réussit trop bien ce qu’elle entreprend. Un film éprouvant et cohérent dans son intention, mais que je ne peux apprécier qu’à distance.
"L'Été dernier" est le remake d'un film danois que je n'ai pas vu, je ne m'aventurerai donc pas dans une comparaison. C'est l'histoire d'un amour transgressif assez captivant. Le rythme est fluide, et le récit se suit sans difficulté. Cependant, la mise en scène, trop simple,évoque parfois un téléfilm, ce qui nuit à la force du scénario. Une réalisation plus soignée aurait permis de mieux sublimer le propos. 6/10
Lea Drucker a elle seule ne peut pas sauver le film. On a du mal à croire aux personnages, le thème n'étant pas nouveau, on attendait un peu de subtilité et de complexité derrière la passion charnelle. L'avocate redoutable tombe comme un fruit mur, l'ado chiant se révèle soudain un éphèbe séduisant sans causer. Le mari joué par Rabourdin est sans saveur, il n'y a aucune ambiguité, on s'attend de suite à ce que sa femme se lasse de lui. Le seul petit intérêt est l'inversion des rôles, ce n'est pas le vieux mâle qui drague une Lolita. TV - octobre 2025
Au début du film , on se dit que c’est une famille recomposée, le thème est louable, mais après gros dérapage, quand la réalisatrice choisie de montrer une femme sans morale prend à coucher avec un enfant , l’adolescent est il majeur ? Aucun intérêt.
Mais quel ennui ! Ce jeune ado n'est qu'une tête à claque totalement inintéressant (et très mal interprété !) On y croit pas , c'est long, ennuyeux....
Ce film avait un certain potentiel mais trop d'éléments viennent entacher l'ensemble.
• Comme mentionné par beaucoup d'autres : les scènes sexuelles sont INTERMINABLES et extrêmement redondantes.
• Le personnage de Théo passant de l'ado rebel avec un semblant de profondeur à spoiler: un incel enragé, prêt à poursuivre sa belle-mère en justice après 4 jours sans ébats...
• Le père, véritable paillasson, qui subit l'irrespect de son fils et de sa conjointe à longueur de journée sans broncher.
• La fin absente, ressemblant plus à une coupure accidentelle au montage qu'à une véritable conclusion.
On reconnaît tout de suite le style atypique de Catherine Breillat, femme complètement libre, , hors des sentiers battus et qui aborde les sujets sous son prisme très particulier , même si il s’agit d’un remake d’un film danois, la patte Breillat est bien là . D’entrée, avec la scène d’amour entre le mari et la femme : ce n’est ni érotique, ni sensuel ni glauque, ni racoleur, presque clinique , la femme fantasme d’une manière complétement originale pendant l’acte , avec le récit lunaire qu’elle nous livre : on est ailleurs, de la haute voltige et l’orgasme, comme seul sait les filmer Breillat, survient alors que l’ on ne s’y attend pas . Le film doit beaucoup à la magistrale interprétation de Léa Drucker, qui je dois le dire ne m’avait jamais impressionné, mais qui tient là un de ses meilleurs rôles, tout en désinvolture, en légèreté , alors que le thème est très grave, voir transgressif, Drucker joue cela comme du Rohmer avec grande délicatesse et c’est cela la grande force film. Le jeune acteur est très bon aussi, pas intimidé du tout face à ce double challenge : affronter la directrice Breillat et « aimer » la belle star reconnue Drucker . Le mari , Olivier Rabourdin, un très grand acteur de second rôle que l’on connait bien, assure une très belle prestation dans ce rôle principal. Et les deux petites filles asiatiques « adoptées » sont formidables de naturel et de spontanéité. Beaucoup de longs plans, séquences ou fixes , sans cut , vrai plaisir cinématographique , plan joyeux de toute la famille dans la voiture Mercedes cabriolet , qui rappelle Godard ou le Leos Carax de « Mauvais sang » , long plan fixe sur les visages de Léa , qui prend son temps pour jouir , tout en subtilité , et en intériorité , superbe performance , plan fixe sur la remise des cadeaux de Noel , Vraiment du beau cinéma authentique .Et un superbe plan final avec la chanson de Léo férré « Vingt ans « qui résume bien tout l’esprit du film.
L’écriture du scénario est faiblarde, tout comme les dialogues qui ne servent donc aucunement l’intensité dramatique a laquelle on aurait pu s’attendre. J’ai du mal à comprendre les louanges dont a bénéficié ce film.
Remake du film danois Queen of heart, ce film vaut surtout pour la prestation de Léa Drucker magistrale. Pour le reste on n'y croit pas trop à cette liaison, pas très crédible. Des scènes de sexe longues et figées, ennuyeuses.
Pénible. C'est pas que ce soit choquant, mais on ne voit pas du tout ce qui attire cette femme chez cet ado si puéril et inintéressant. Ca pourrait être la passion mais non : les scènes d'"amour" sont d'un ennui et d'une platitude tels que ce n'est pas possible ! Ca ne tient pas debout, et c'est cette invraisemblance, cette fausseté des situations qui met mal à l'aise. Rien à voir par exemple avec le film "La Passagère" d'Héloïse Pelloquet, qui parlait aussi d'une liaison entre une femme mariée et un ado, mais là de manière crédible.
Bien joué, bien filmé, les acteurs sont tous bons. Le seul problème est qu'on a du mal à croire à cette histoire. Comment Anne (Léa Drucker) peut-elle céder aux avances de Théo (Samuel Kircher) ? Elle est avocate et voit passer à longueur de journée des histoires de familles qui se déchirent. Elle sait mieux que personne comment traiter avec les adolescents. De plus malgré tous ses efforts et la qualité de son jeu, Samuel Kircher ne dégage pas un magnétisme qui aurait pu expliquer qu'Anne soit subjuguée. Notons la prestation remarquable d'Olivier Rabourdin, tant dans l'incarnation de ce patron soumis à un contrôle fiscal manifestement injuste, que dans celle de ce père à la fois sombre et qui reste digne en apprenant la liaison de son fils avec sa femme. On aurait d'ailleurs aimé en savoir plus plutôt que cette fin qui n'en est pas une.