Catherine Breillat signe un de ses meilleurs films. Mon préféré en tout cas, peut-être avec 36 Fillette et À ma sœur. On y retrouve son sens exceptionnel de l'image, avec des plans dignes de tableaux de grands maîtres. Certains plans sont tout simplement géniaux. Celui du premier baisé, filmé de derrière, se refermant sur le manga que regardent les amants, a fait frémir la salle ! Olivier Rabourdin, Léa Drucker, et Samuel Kircher jouent des sentiments complexes et nuancés, illustrant parfaitement l'inconstance et le paradoxe qui définissent l'humain. Des personnages profonds et justes, bien au-dessus des caricatures réductrices que le cinéma nous donne trop souvent à voir.
Bouleversant. Léa Drucker joue probablement un de ses meilleurs rôles en Anne, faisant paraître une histoire d'adultère quasi incestueux, en celle d'un amour simple, interdit et véritable, nous faisant tutoyer la complexité des sentiments humains comme seul les grands drames en sont capables. Par ailleurs, on retrouve le génie de mise en scène de Catherine Breillat a travers sa superbe photographie, quelques plans estomacants, et des pointes surprenantes de légèreté et d'espièglerie qui donnent une texture savoureuse à cette œuvre.
Je trouve le casting des rôles principaux très réussi. Léa Drucker me scotche à chaque fois. L’important ds le mensonge est de toujours nier. J’ai également aimé la fin. Cependant il m’a manqué quelque chose tout au long du film. Catherine Breillat se serait-elle « rangée »?
Le voici donc ce film scandaleux de Catherine Breillat sur un adultère un peu incestueux.
Première constatation. Le parfum de scandale n'est plus le même que dans les années 70. La situation est certes borderline mais de l'eau a coulé sous les pont de la sexualité...
Maintenant parlons du film, maîtrisé presque de bout en bout avec une Léa Drucker altière et femme puissante, ce qui est aussi un renversement des rôles si on compare avec des films plus accusateurs sortis dans les années 70 sur le même sujet.
Anne, avocate renommée, vit en harmonie avec son mari Pierre et leurs filles de 6 et 7 ans. Un jour, Théo, 17 ans, fils de Pierre d’un précédent mariage, emménage chez eux. Peu de temps après, il annonce à son père qu’il a une liaison avec Anne. Elle nie.
Les acteurs sont tous excellents et la mise en scène, la photographie et le montage de très bonne facture.
J'ai juste regretté la fin un peu idiote et très dispensable. Je ne vous la révèlerai pas mais disons que amputé des dix dernières minutes le film était déjà parfait.
On l'a déjà dit mais je confirme : L'été dernier vaudrait le déplacement à lui seul pour Léa Drucker, impériale. Mais l'été dernier vaut aussi pour ce qu'il est plus largement : un grand film, maîtrisé et captivant, sur le désir et la complexité des relations humaines, de la tendresse à la cruauté. Un film brut, filmé au plus près des visages, dans les belles lumières de la cheffe-opératrice Jeanne Lapoirie.
Pas sulfureux mais romantique, telle est la façon dont Catherine Breillat juge son propre cinéma, ce en quoi il est permis de ne pas adhérer. Qu'importe, disons que la réalisatrice est passée maîtresse dans l'art de distiller le trouble et qu'elle aime plus que tout transgresser la morale. Dronningen (Queen of Hearts), le film danois dont L'été dernier est le remake, s'illustrant surtout par son côté pataud et embarrassant, le long-métrage de Catherine Breillat n'a pas de mal à largement dépasser son piètre modèle, dont il n'a de fait gardé que le sujet central. Situé précisément dans un milieu privilégié, où l'on roule en Mercedes décapotable, L'été dernier oppose aux basses hypocrisies d'une bourgeoisie confite dans son confort, la pureté d'un désir réciproque qui explose comme un doigt d'honneur à la bien-pensance. Même si ici tourné dans une lumière splendide, le cinéma de Breillat cultive toujours l'art de l’ambiguïté, dans une liaison mineure aux conséquences possiblement majeures. Léa Drucker, à l'apogée d'une carrière de plus en plus étincelante, manie la glace et le feu avec efficacité, parfaitement positionnée entre le jeune et talentueux Samuel Kircher et le vieux et remarquable Olivier Rabourdin. Au delà de son pouvoir de "bousculement", il ne se dit pas suffisamment que la Breillat est une exceptionnelle directrice (manipulatrice ?) d'interprètes.
Présenté en compétition officielle à Cannes (2023), " l'été dernier" est reparti la corbeille vide.
Par delà, la trame principale ( une histoire à caractère incestueux- entre un fils et sa belle mère - dans la bourgeoisie de province), le dernier opus de Catherine Breillat est aussi une proposition de réflexion sur le couple, ses arrangements, ses accommodements, la part du mensonge ( ici il sert à sauver les apparences et son statut social) utilisé ici copieusement pour fuir une image de soi détestable.
Malheureusement, il aurait fallu un scénario beaucoup plus élaboré ( la problématique de l'inceste n'est pas traitée) et détaillé ( la psychologie des personnages n'est pas fouillée et ne dépasse pas -ou si peu- le stade purement descriptif), pour ( me) convaincre.
On peut toutefois souligner la qualité de la mise en scène, la photo et les décors soignés.
L'interprétation de Olivier Rabourdin est formidable mais le reste du casting est ( à mes yeux) beaucoup moins raccord avec les personnages interprétés.
Grand grand film de cinéma. Merci Mme Breillat de nous ramener cette complexité, ces personnages troubles, aux problématiques profondes dont on peut s’identifier. On finit par se laisser emporter par ce personnage sur le papier toxique et la comprendre dans tous ses paradoxes. Le jury Cannois avait dû charger sur les gambas et le champagne pour passer à côté du palmarès. Il écrase Anatomie d’une chute à ce jeu là. Bravo et vivement le prochain.
Anne, avocate spécialisée en droits de l’enfance, est mariée avec Pierre, un homme d’affaire. Comme ce couple n’a pas pu avoir d’enfant, Anne et Pierre ont adopté deux petites filles venant de Corée, Angela et Serena. D’un premier mariage, Pierre est le père de Théo, un adolescent qui a maintenant 17 ans, une véritable tête à claques qui vivait à Genève avec sa mère, laquelle, n’arrivant plus à le supporter, l’a gentiment expédié chez son père. Comme de bien entendu, Théo, à peine arrivé, se montre particulièrement odieux avec toute la maisonnée et ne fait rien pour s’intégrer. A partir de là, plus besoin de vous en dire davantage : vous avez déjà vu pas mal de films, vous connaissez sans doute Catherine Breillat, au moins de réputation, vous avez donc déjà deviné ce qui va se passer entre Anne et Théo même si cela va se faire au prix d’un changement particulièrement brutal et, de ce fait, peu compréhensible, dans le comportement de Théo et, surtout, de Anne. Finalement, à part la belle photographie de Jeanne Lapoirie, qui, reconnaissons le, sait mettre des corps dénudés en valeur, le seul intérêt du film, c’est dans la façon dont Pierre va encaisser le coup qu’on peut le trouver. Critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-lete-dernier/
Un film-rêve, un choc, des émotions qui nous transpercent, qui nous réveillent, qui nous questionnent. Un cadre qui saute. Une morale immorale. Un mot qui sort : normopathe, inventé par Catherine Breillat et qui prend tout son sens ici. Il y a matière à penser à ce film tout au long de sa vie, et c'est assez rare. L'amour plane, l'amour transpire, et est incarné sous tant d'angles différents. Quelle force, et quelle beauté ! Chapeau les artistes...
"Les fleurs ont éclos, le soleil est de retour, c’est la même chose chaque année. L’Été dernier ne fait pas exception en matière de sentiments, s’il en existe bel et bien dans cet outrageux nanar en compétition."
"Catherine Breillat revient de loin, neuf ans sans réalisation, pour porter une caméra trop lourde pour elle et se rabat inévitablement sur une expérience singulière du visionnage du film danois Dronnigen (Queen of Hearts) de May el-Toukhy. L’autrice d’Une vieille maîtresse et de La Belle endormie connaît davantage Un moment d’égarement (2015) qu’un grand élan révélateur dans le remake qu’elle conçoit. L’amour toxique et interdit entre une mère et son beau-fils sont des sujets légitimes, mais ce qui transparaît dans ce film est tout à fait grotesque, au point de rire jaune dans les scènes de haute tension, mais de maigre sensation."
"L’Été dernier ne fait pas que décevoir par son expressionnisme malsain, quand bien même on écarte tout jugement de cette relation incestueuse. Là où le bât blesse, c’est dans ce refus de confronter l’amour et le désir des protagonistes, simplement consommés dans un élan juvénile, de manière gratuite et artificielle. On se lève alors rapidement et on prie pour qu’une telle infamie ne déborde pas davantage de la salle de projection."
Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Anne est une jeune mère de famille heureuse dans sa vie personnelle comme professionnelle où elle réussit en temps qu'avocate pour mineurs. Le jour où le fils de son mari, Théo, vient vivre chez eux, elle se laisse aller à ses avances sans se douter de la situation inextricable dans laquelle elle va se retrouver. En salle le.
spoiler: L'Ete Dernier prend la forme assez traditionnelle du film français qui présente la chute d'une famille apparemment heureuse. On sent qu'Anne ne comprend que trop tard le caractère irrémédiablement irraisonné d'un adolescent amoureux et que toute sa rationalité ne suffit pas à limiter le jeune homme. La particularité du film est le choix direct et sans appel de cette femme de nier les accusations, préférant bousiller la vie de ce jeune plutôt que de mettre en péril la sienne.