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3,5
Publiée le 4 mars 2023
Le film de Sam Mendes est avant tout un hommage au cinéma dans toutes ses compostantes : les films, le lieu, la technique, … C’est aussi une histoire d’amour entre des personnages en marge d’une société raciste et incompréhensive face à la maladie mentale. Beau, touchant et remarquablement interprété.
Ce film est un retour aux sources pour Sam Mendes, au cinéma intimiste qui l’a fait connaitre et dont il s’était éloigné. A l’instar de ces comparses (Damien Chazelle, Paul Thomas Anderson et Steven Spielberg), lui aussi, décide de mettre à l’honneur le 7ème art à travers ce film. « Empire of light », le bien nommé, est un cinéma Art Déco tout autant désuet qu’il est magnifique et magique, au sein duquel se déroulera l’intrigue. Ce cinéma sent la fin de règne du cinéma, et à travers ce film, Sam Mendes tient à montrer au combien le 7ème art est porteur de valeurs morales, de partage, d’amour et d’humanité. Au moment où les plateformes individualisent la consommation de fiction filmées, il met en avant la dimension collective de la salle. Comme Spielberg, il met aussi un peu de lui-même dans ce récit avec un personnage principal proche de sa propre mère, une femme bipolaire. Sam Mendes est toujours aussi habile pour mettre en image une histoire, l’atmosphère ouatée des salles et le romantisme fou des relations humaines sont transcendées par un talent énorme de la mise en scène. C’est un film d’ambiance formidable, on aurait envie de connaitre les personnages du film et fréquenter ces lieux. De fait, on aurait aimé voir un chef d’œuvre, mais l’inexpérience à l’écriture de Sam Mendes qui écrit ici son premier scénario se ressent bien malheureusement. Son thème central serait la magie du cinéma, ou une romance, ou le racisme ambiant, ou la précarité mentale, ou le sort fait aux femmes par les hommes ; et bien tous ces thèmes à la fois, et au bout du compte, aucun. Son scénario ne parvient pas à faire cohabiter tous ces thèmes, et prenant du recul, le film ressemble à un très élégant fourre-tout artificiel. Cependant l’émotion affleure tout le long du film grâce à un beau duo formé par Olivia Colman et Michael Ward. Trop dommage d’avoir presque réussi le pendant de « American beauty ».
CHACUN SON CINEMA. L'illusion du mouvement dans un rêve nostalgique ponctué de quelques sommes. Mendes dans des êtres et des choses, entaille ses souvenirs derrière sa camera et devant sa séance. Vivre est un état d'esprit. Damien Chazelle et Steven Spielberg ont aimé.
Ce qui se caractérisait, par le synopsis, comme une ode au cinéma des années 80 se conclut finalement en romance. Mais ce n'est pas pour nous déplaire. Cette période britannique tumultueuse est bien dépeinte et se ressent dans les émotions des personnages. Hilary gère cet Empire, magnifique bâtisse servant de cinéma local. Seule et dépressive, elle fait alors la rencontre de Stephen, nouvel employé. Très rapidement complices, une romance s'installe entre ces deux personnages qui, au départ, n'ont pas grand-chose en commun. Victime de racisme « banalisé », Stephen n'a d'autre choix que de continuer son chemin et d'accepter cette fatalité (« C'est arrivé à ma mère, cela m'arrive à moi, ça arrivera aussi à mes enfants »). Hilary, elle, réapprend à vivre et à sourire grâce à ce jeune garçon débordant de gentillesse. Tout ceci au sein d'un décor somptueux de cinéma des années 80 et d'une musique dominante. Mention parfaite à Olivia Colman qui, après The Father, les séries Broadchurch et The Crown, nous offre une prestation sur mesure.
Malgré quelques séquences belles et inspirées, Empire of light est un film plutôt anecdotique. Beaucoup de thèmes sont abordés mais de façon très superficielle, les personnages ne sont absolument pas caractérisés et la réalisation est très classique. Seule Olivia Colman sort du lot
Encore un petit bijou anglais ! Nos amis d’outre-Manche n’ont vraiment pas leur pareil pour raconter une belle histoire, et leurs acteurs chevronnés mettent en valeur leur récit. Ici, derrière la vie d’un cinéma, on assiste à l’évolution de personnages cabossés par la vie au début des années 80, l’action se situant dans une station balnéaire proche de Folkestone. Olivia Colman est toujours parfaite, illuminant de son sourire plusieurs scènes, Colin Firth en patron de cinoche est détestable à souhait, et Michael Ward, jeune acteur noir, montre à quel point le racisme est d’une rare stupidité. Belle réalisation, très bon rendu d’ambiance, pas de message vaseux, je me suis régalé.
"Empire of light" est encore un "petit" film dans la carrière de Sam Mendes. Ici rien à voir avec le sublime "Les noces rebelles", ça patine sévère dans la choucroute....L'idée de montrer une histoire d'amour naissant dans un cinéma d'une station balnéaire anglaise était plutôt bonne mais malheureusement elle est mal traitée. On remarque bien la volonté de dénonciation du racisme ambiant et la nostalgie pour les salles de cinéma qui ne sont plus aussi fréquentées en raison des plateformes Netflix et autres. Une belle photographie du bord des mers et de la beauté des salles de cinéma ne suffit pas à faire un bon film. Dommage
On connait Sam Mendes pour « American Beauty » avec sa mélancolie omni présente, réalisateur de l’émouvant « Les noces rebelles » ou dans un des meilleurs James Bond avec « Skyfall ». Dans « Empire of light » il revient teinter sa réalisation d’une mélancolie qui s’appuie sur la vie d’un cinéma en 1980 avec ses fastes et son personnel. C’est l’histoire d’une femme blanche en fin de quarantaine qui rencontre un homme noir deux fois plus jeune en pleine période de mouvement sociaux et de racisme dans l’Angleterre sous Thatcher. Olivia Coleman et Michael Ward forment un duo délicat et passionné, sans oublier l’attachant Toby Jones, un des deux prospecteurs de métaux dans le merveilleux « Detectorists », qui communique le plaisir de son métier de projectionniste en nous expliquant que « notre nerf optique est trompé par des images fixes séparées d’une bande noire qui visualisées à 24 images par seconde nous donnent l’impression de mouvement, de la vie ». C’est un hommage intimiste et percutant au cinéma à l’ancienne qui tape en plein cœur, c’est émouvant et délicat.
Olivia Colman porte le film avec une charge émotionnelle extraordinaire et montre une fois de plus l'étendue de son génie d'actrice. Le scénario est habile et la photo sublime. Sam Mendes montre lui aussi l'étendue de son talent de réalisateur, il fait partie de ces réalisateurs qui savent tout montrer en quelques plans. C'est un film qui ne se donne pas tout de suite dans une première partie mais la deuxième partie déferle comme un torrent que rien ne peut arrêter. Un grand film.
Histoire étrange, bien filmée et bien jouée mais qui n'a pas vraiment réussi à déclencher d'émotion. C'est joliment reconstitué mais à la fin pas passionnant.
Un film finalement assez neutre au scénario trop simpliste. On retiendra donc surtout l'alchimie entre les acteurs, notamment la toujours parfaite Olivia Colman, et l'ode un brin désuète à un certain cinéma qui élève.
Dans la lignée de ce que Sam Mendes a pu faire ces dernières années, Empire of Light est un film d'un grand classicisme, marqué par le cinéma américain des années 50 et particulièrement par Douglas Sirk. Il raconte une histoire d'amour entre Hilary - une femme entre deux âges qui souffre de schizophrénie - et Stephen - un jeune homme noir qui espère intégrer une université - et se déroule principalement entre les murs d'un beau cinéma Art déco du Sud-est de l'Angleterre, l'Empire. Le film se saisit correctement de son contexte historique - les années Thatcher, la montée de l'extrême droite et des violences racistes - mais convainc surtout quand il dresse un portrait tendre et nuancé de ses personnages, qui sont presque tous fondamentalement bons et sympathiques (cela fait du bien, de temps en temps). Cela donne un film à l'air un peu suranné, à l'image du cinéma où se déroule la majeure partie des scènes ; quelque chose de mélancolique et émouvant.
Un pitch et un casting alléchants. Une salle de cinéma magnifique et une photographie léchée. Malheureusement on reste sur notre faim tellement le réalisateur/scénariste nous perd en abordant différents sujets sans une réelle profondeur et parfois avec des clichés trop faciles. Il y avait tous les ingrédients pour un grand film et il n'en restera qu'une esquisse...Sam Mendés manque de profondeur comme souvent...
Ce film est parmi les meilleurs de ce début d'année.... tant de sujets y sont abordés avec intelligence, sensibilité et regard critique sur la société anglaise des années Tatcher et des holligans. Je le recommande vivement. Excellente interprétation, excellent scénario aussi... et un nouvel hommage au cinéma qui me fait dire en sortant de la séance que, décidément, le cinéma est un art précieux qui nous fait vivre émotionnellement tout ce qui peut arriver dans la vraie vie !