Après "Babylon" et "The Fabelmans", décidément les cinéastes ont besoin de nous parler de Cinéma ! Cette fois c'est Sam Mendes qui nous livre une belle histoire avec comme décor un cinéma des années 80 sur la côte anglaise. Histoire dans laquelle la rupture sociale et charnelle prime mais un petit faisceau pourrait bien changer les choses... Empire Of Light est un film fort qui nous retranscrit le pouvoir de la Lumière. Celle du cinéma mais aussi celle de la vie....la lumière d'un sourire, d'un échange, d'un amour. Olivia Colman est bouleversante. Je recommande
Tres beau film sur l'espoir et la persévérance, Olivia Colman nous tient de bout en bout dans ce rôle de femme fragile, les images et la musique sont pleines de mélancolie avec un dénouement qui ne nous laisse que le choix d'envisager le meilleur.
Cette année, plus que jamais, le cinéma fait son introspection. Après le turbulent « Babylon », l’intime «The Fabelmans », désormais nos écrans diffusent le bien nommé « Empire of Light ». Cette nouvelle proposition est d’un ton bien différent, à la fois très poétique et social. En lieu et place (de cinéma) d’une ode aux salles obscures, le film va au-delà pour célébrer la magie qui, si tenté que l’on peut y prêter une juste attention et ouvrir son cœur, est partout autour de nous. Aussi bien sous les projecteurs quand dans nos moments les plus sombres. Certes, le cinéma conserve son côté magique qui peut changer nos existences, mais il est perçu en parallèle de la réalité de ce que le spectateur vit dans son quotidien. Film à casier, il traite également des maladies mentales, du racisme et de cette âme Anglaise capable de nous délivrer les meilleures pépites musicales. Le tout est servi sur un plateau cotonneux, avec une mélancolie doucereuse très agréable et une puissance inattendue qui tranche avec la retenue presque pudique du film. La musique du duo Trent Reznor et Atticus Ross renforce parfaitement cette atmosphère. Les superbes plans, très propres et un brin sage de Roger Deakins, telles des aquarelles éthérées et plaisantes, qui illuminent les moments romantiques et joyeux. Ils sont un peu moins convaincants et contrastent presque trop dans les côtés sombres et violents du scénario (la scène des skinheads semble trop molle par exemple). Mais comment reprocher à Sam Mendes de ne pas faire de surenchère ?! C’est tellement agréable de pouvoir savourer les parfums d’une époque engagée où l’on croyait encore à l’union sous toutes ses formes. Une décennie bien révolue, ou l’on allait dans des cinémas indépendants en se parant d’habits du dimanche pour célébrer ce moment magique et tant attendu. Le casting est absolument parfait, avec des tronches qui tranchent avec les castings habituels. Mention spéciale pour Olivia Colman capable de passer d’un visage sombre à une visage lumineux avec une facilité déconcertante. Le temps d’un sourire éclatant, celui que l’on arborait dans les joyeuses années 80.
A Margate, ville balnéaire du sud-est de l’Angleterre, au début des années 80, la rencontre de deux employés d’un cinéma de la grande époque, vaste, majestueux mais en déclin. Elle, Hillary (Olivia Colman), d’âge mûr, célibataire, dépressive, lui, Stephen (Micheal Ward), jeune, beau, prometteur mais en butte au racisme omniprésent dans la société anglaise des années Thatcher. Ils vont rapidement s’apprécier et se rassurer mutuellement. Simultanément, les hauts et les bas de la vie sociale et du microcosme de leur cinéma les affectent. La photographie du film est superbe, les plans de la ville balnéaire vue du balcon du cinéma, la journée à la plage des deux employés, les scènes de foule sont remarquablement rendus et nous donnent envie de visiter Margate. Le film est profond, tant dans l’intimité des deux personnages que plus largement dans le traitement des relents racistes de la société anglaise et dans l’observation de la souffrance liée à la dépression. Sam Mendes fait naître des émotions intenses. Olivia Colman n’a jamais été aussi impressionnante, Micheal Ward est éblouissant, les seconds rôles sont épatants. Excellent film.
Hilary (Olivia Colman) travaille dans une vieille salle de cinéma d’une petite ville balnéaire du sud de l’Angleterre. Elle vit seule ; sa santé mentale est fragile. Stephan (Micheal Ward) y est recruté. Il est noir, en butte au racisme qui grandit dans l’Angleterre des 80ies et n’a qu’un rêve : quitter cette vie et entrer à l’université.
Après James Gray ("Armageddon Time"), après Steven Spielberg ("The Fabelmans"), c’est au tour de Sam Mendes, l’un des réalisateurs britanniques les plus célèbres de Hollywood ("American Beauty", "Jarhead", "Les Noces rebelles", deux James Bond crépusculaires et "1917") de nous livrer son film le plus autobiographique. À l’instar de "The Fabelmans" – ou de "Babylon" ou de "Cinema Paradiso" qui ressort ces jours ci dans quelques salles – "Empire of Light" se présente comme une ode au cinéma et à sa magie perdue. C’est peut-être le signe d’une époque où le monde du cinéma, inquiet de la prophétie récurrente de sa disparition prochaine, en ravive le culte nostalgique. Mais "Empire of Light" est moins un film sur le cinéma – on ne verra guère que quelques affiches défraichies des "Blues Brothers", de "Elephant Man" ou des "Chariots de feu" – que sur la salle de cinéma.
Hollywood a inventé un mot pour ce genre de film-là : "workplace comedy". Faute d’en avoir une, Hilary s’est créé une famille sur son lieu de travail, entre un patron détestable (Colin Firth) qui s’imagine que les entretiens qu’il a avec elle porte close trompent son monde, un collègue facétieux et compréhensif (Tom Brooke) et un projectionniste taiseux (Toby Jones). Cette petite routine sera bousculée par l’arrivée d’un corps étranger, Stephan.
Deux histoires se mélangent. La première, celle de Hillary, de sa dépression chronique façon Requiem for a Dream, était, à mon avis, la plus intéressante, d’autant qu’elle est servie par l’interprétation hors pair d’Olivia Colman. Quel parcours incroyable que celui de cette actrice qui, à rebours de tous les standards, a été découverte à la quarantaine seulement ! Sam Mendes, dans les interviews qu’il donne, raconte qu’il s’est inspiré de sa mère, poétesse et géniale et schizophrène récidiviste. Le problème de "Empire of Light" réside dans la seconde histoire qu’il tisse avec la première. J’ai trouvé que le personnage de Stephan, ses ambitions, le racisme auquel il est confronté, manquaient d’originalité. Plus grave : j’ai trouvé que le couple qu’il formait avec Hillary, de vingt ans son aînée, ne fonctionnait jamais.
Pour autant, tous ces défauts, bien visibles, n’ont pas suffi à gâcher mon plaisir. J’ai aimé l’ambiance feutrée de ce film, son image superbe, ses personnages mélancoliques.
Dialogues et réalisation subtils, acteurs parfaits, photo et bande-son merveilleux, une architecture art-déco de rêve, beaucoup d'humanité, ce film est un régal du début jusqu'à la fin ainsi qu'une ode envers le cinéma !
Beau film, bien réalisé et bien joué.. peut être que le réalisateur a été un peu ambitieux en voulant traiter trop de sujets (racisme, féminisme, problèmes mentaux.. ) mais malgré tout assez réussi!
Olivia Colman porte le film avec une charge émotionnelle extraordinaire et montre une fois de plus l'étendue de son génie d'actrice. Le scénario est habile et la photo sublime. Sam Mendes montre lui aussi l'étendue de son talent de réalisateur, il fait partie de ces réalisateurs qui savent tout montrer en quelques plans. C'est un film qui ne se donne pas tout de suite dans une première partie mais la deuxième partie déferle comme un torrent que rien ne peut arrêter. Un grand film.
Du beau cinéma avec d'excellents acteurs ; en revanche, personnellement je n'ai pas vraiment accroché, probablement à cause de l'histoire (scénario) qui ne m'a pas passionné.
Le réalisateur de « American Beauty » n'a pas perdu le sel qui fait son cinéma, pas même après avoir laissé une forte impression sur le dernier segment en date de James Bond (Skyfall et Spectre). Si on peut prendre « 1917 » pour une performance technique et une immersion singulière dans les tranchées des poilus, il faut reconnaître là le début d'un grand geste mélancolique pour le cinéaste, qui souhaite faire renaître l'esprit de ses proches par-delà sa caméra. Après avoir cristallisé les récits de son grand-père, ce dernier revient sur son Angleterre natale pour évoquer son enfance fait d'amour, de musique et de cinéma.
Quand Hilary nous fait découvrir sa routine, ainsi que les coulisses d'un temple lumineux, il ne nous faudra pas bien longtemps pour comprendre ce qu'il souhaite capter dans ces lieux. Le hall d'accueil, la moquette rouge, les rideaux cachant la grande toile ou les petites pépites dorées de maïs soufflés, tout est magnifié par la photographie de Roger Deakins. Dans le même mouvement, il est également possible d'apercevoir une détresse et une errance en cette cheffe d'équipe, qui veille à préserver l'expérience de la salle intacte. Lorsqu'elle n'avale pas ses pilules de lithium ou qu'elle ne se soumet pas aux abus charnels de son patron marié (Colin Firth), Hilary cherche à tromper sa solitude avec des tâches ménagères, sans oser franchir la porte qui la sépare d’un monde de rêves. À ce titre, on comprend la présence d'Olivia Colman, toujours impériale dans un registre bipolaire, renforçant au passage son jeu du non-dit et sa force de persuasion.
Hélas, pour cette première excursion en terre scénaristique, Sam Mendes en veut trop pour son héroïne, constituant le décalque de sa propre mère, mais également le contrechamp d'une époque Thatchérienne. La venue du jeune et curieux Stephen (Micheal Ward) semble confirmer cette tendance, en brouillant les pistes d'une guérison par le cinéma et s'enferme dans un mélodrame, où l'émotion s'égare à chaque étape d'une relation sentimentale impossible. La première heure ne laisse pourtant planer aucun doute sur la lettre d'amour du cinéaste pour les métiers invisibles des exploitants, qu'il filme, telle une sucrerie nostalgique pour ses personnages et tel un musée pour nous autres spectateurs, de ce côté-ci de l'écran. Au-delà de ce confort, c’est au tour d’Hilary de combattre sa dépression, aux côtés de Stephen, à qui on a également refusé de rebondir dans les études universitaires. Ces deux fantômes de la société vont pourtant trouver une autre lumière à leur portée, d’abord sur leur lieu de travail, puis sous un ciel enchanté pour enfin se rapprocher d’une plage qui leur appartient pleinement.
Cette escapade se révèle malgré tout éphémère, car les enjeux sociaux en bruit de fond les rattrapent, sans pour autant devenir un sujet d’étude. Elle se trouve donc là cette limite qui ampute le cinéaste britannique de la ferveur qu’avait pu générer « Les Noces Rebelles ». Difficile de ne pas y voir un certain lâcher-prise, à l’image de l’établissement balnéaire, qui a dû abandonner certaines ailes à la poussière, aux pigeons et au passé. La sincérité du cinéaste souffre ici d’une confusion, quant à ses nombreux axes scénaristiques, qui ont du mal à communiquer entre eux.
Avec « Empire of light », Sam Mendes évoque un cinéma en perdition, une relation qui n’avance pas et un portrait bancal de l’an 1980. Force est de constater que ce pas de côté est nécessaire pour un auteur, qui a autant besoin de se ressourcer dans la cabine du projectionniste que de redécouvrir ces petits plaisirs intimistes qui lui permettent d'exister à nouveau et de se redonner foi en lui-même, à l'instar d'Hilary, qui va découvrir les délices d'un rêve lumineux et coloré. La salle de cinéma apparaît donc autant comme un moyen qu'une issue providentielle, où la lumière du projecteur panse les plaies de l'esprit et vient également l'alimenter d’une tout autre dimension, avec amour et sans cynisme. Dommage que sa démarche prenne le risque de nous laisser indifférent.
Le film est nommé aux Oscars pour la meilleure photographie et c'est absolument mérité, le film est sublime visuellement, que ce soit le travail sur la lumière ou encore la façon que Sam Mendes a de filmer le cinéma des années 80, qui au passage est très beau. Olivia Colman est vraiment excellente, et son développement de personnage très intéressant, dommage peur être que l'on arrive pas vraiment a s'attacher aux personnages ou a s'identifier a eux. Une réalisation simple mais bougrement efficace, c'est une histoire d'amour qui est vraiment très belle, je ne m'attendais pas à des scènes de s*x, mais effectivement je trouve que c'était important.
Le film est brillamment mis en images. Cette salle de cinéma tournée sur la mer, en impose et a du caractère, et la jolie photo sépia du film pour reconstituer les années 80 fonctionne. Sam Mendes a filmé un lieu de vie sur lequel hommes et femmes, salariés et patrons se croisent, et montre le pouvoir magique du cinéma dans ces existences. Olivia Coleman est émouvante dans le rôle de cette femme en difficulté. La romance ne fonctionne cependant pas complètement, trop rapide, Mendes aurait sûrement mieux fait de rester sur son sujet, qui avait un côté Rose Pourpre du Caire mais cela reste brilliant