Tár
Note moyenne
3,6
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366 critiques spectateurs

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47 critiques
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Jean-Marie S.
Jean-Marie S.

6 abonnés 25 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 janvier 2023
2h45 de longueurs pour finalement un message simplissime: les femmes de pouvoir se comportent comme les hommes.
On n'apprend pas grand chose.
Cate Blanchet est une grande actrice mais le scénario est vraiment mince.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 février 2023
Tár raconte comment une femme de pouvoir arrivée au faîte de sa carrière chute de son piédestal, sous les coups de boutoirs de plusieurs évènements dont elle est en grande partie responsable.

Le fait que ce personnage soit chef d'orchestre n'est pas au final très important. Elle pourrait être chef d'entreprise ou chirurgienne, le film fonctionnerait exactement de la même façon. Au lieu de s'ennuyer en ne comprenant rien aux anecdotes concernant les musiciens, on s'ennuyerait en écoutant des blagues tirées d'articles de la Harvard Business Review ou des anecdotes sur la vie d'Ambroise Paré.

Pendant le film, qui dure 2h38, j'ai eu largement le temps de me demander comment un réalisateur pouvait trouver suffisamment d'énergie pour faire un film dont l'héroïne n'est pas sympathique, mais n'est pas non plus antipathique au point de susciter l'aversion : le risque d'ennuyer le spectateur est en effet considérable, d'autant plus que le film est pauvre en péripéties.

Vous l'avez compris, je me suis assez vite lassé de ces conversations interminable entre pontes mesquins, de ces innombrables plans répétitifs illustrant le quotidien de Lydia Tár (Lydia fait du footing, Lydia pianote sur un piano d'un air pensif, Lydia roule en voiture, Lydia entend des bruits qui n'existent pas, Lydia se lave les mains avec du gel hydroalcoolique, etc).

Il y a sûrement un intérêt à tout cela, qui se situe peut-être entre une réflexion sur la responsabilité morale et la façon dont l'ambition annihile les sentiments, mais il est trop profondément dissimulé pour m'atteindre.

Je ne mets pas la note la plus basse tout de même, pour deux raisons : Cate Blanchett est parfaite dans ce rôle peu aimable, et la direction artistique est irréprochable.
catherinet
catherinet

1 abonné 30 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 février 2023
Aucun intérêt, très long, quasi pas de musique.... Allez voir des concerts et vous en apprendrez plus sur cette profession
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 janvier 2023
Attention ! Grand film !
A la faveur des réseaux de cinéphile j'ai pu visionner "Tár" du comédien et réalisateur américain Todd Fields.
Quel film !
Lydia Tár, cheffe avant-gardiste d’un grand orchestre symphonique allemand, est au sommet de son art et de sa carrière. Le lancement de son livre approche et elle prépare un concerto très attendu de la célèbre Symphonie n° 5 de Gustav Mahler. Mais, en l’espace de quelques semaines, sa vie va se désagréger d’une façon singulièrement actuelle. En émerge un examen virulent des mécanismes du pouvoir, de leur impact et de leur persistance dans notre société.
Le film débute par une conversation organisée par The New Yorker qui détaille l'ensemble de la carrière de cette Chef interprété par la fantastique Cate Blanchett accompagnée de Noémie Merlant ( tout aussi formidable) et Nina Hoss (brillante actrice allemande qui fait une belle carrière à l'International).
Doté d'un CV incroyable cette sorte de Super Karajan force d'abord l'admiration puis son côté sombre et calculateur commence à poindre par des petits détails, conversations, actes du quotidien.
Le film bascule alors dans une sorte de Dorian Gray sur fond de musique symphonique et Lydia sera rattrapée par les multiples cruautés et harcèlement qu'elle aura pu avoir envers ses élèves et ses pairs.
Le suicide d'une des boursières de sa fondation braque vers elle les yeux de la justice, l'humiliation publique d'un des étudiants de sa master class à la Julliard School est remontée et postée sur Internet.
Tout d'un coup son quotidien ultra contrôlé fait de voyages en jet entre New York et Berlin, de répétition de la cinquième symphonie de Mahler, préparation de son auto biographie, flirt avec une de ses étudiantes fraichement arrivée dans l'orchestre au nez et à la barbe de son épouse elle même violoniste va déclencher des réactions en cascades et s'achever dans le "sang et la douleur".
Un film à Oscar pour de multiples raisons et qui explique sa sortie préalable aux USA afin de pouvoir concourrir aux précieuses statuettes.
En salle chez nous le 25 janvier 2023.
Bande annonce :
Blankovitch
Blankovitch

71 abonnés 262 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 janvier 2023
Une incursion lente certes mais pénétrante et vénéneuse dans l'univers d'une femme ambitieuse et froide. Mise en scène impeccable. Il faut s'accrocher un peu la première demi-heure et puis on est happé complètement. Assister à la chute du personnage est un délice. A voir au cinéma en VO, n'attendez pas la VOD, les sensations seraient altérées.
François S.
François S.

8 abonnés 84 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 janvier 2023
Sobriété de la mise en scène et sophistication de l image, génie et paranoïa, célébrité puis désaveu, musique avant-gardiste et pseudo modernité des téléphones portables, c'est à une formidable union des contraires que nous invite "Tar", l un des films américains les plus importants de ces dix dernières années.
Marc
Marc

11 abonnés 66 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 7 février 2023
Bof ! Une épouvantable soupe indigeste et beaucoup trop longue : un peu de musique (trop peu), beaucoup (trop) de verbiage intello-stérile, un peu de harcèlement, un peu de sexe, un peu de misérabilisme, un peu de grand luxe, une Porsche blanche qui revient sans cesse (en contraste avec le jogging le long des tags), un peu de féminisme homo, un peu d'abus de pouvoir, et finalement RIEN. Comment est-il possible de faire une promo pareille pour un film aussi "melting pot" ? Il n'y a que le jeu des acteurs qui permet de survivre à près de 3 heures. A noter aussi, pour qui n'est pas parfaitement anglophone, la longueur des sous-titrages : même pour quelqu'un formé à la lecture rapide, impossible de suivre.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 30 décembre 2023
Mercredi dernier, 25 janvier, sont sortis 2 films ayant comme sujet une cheffe d'orchestre. Vers lequel se diriger en priorité ? Facile ! Si votre approche de la musique est avant tout intellectuelle, "Tár" aura peut-être votre préférence. Par contre si votre approche de la musique est avant tout émotionnelle, il y a peu de chance que "Tár" arrive à vous satisfaire tellement ce film est d'une froideur prononcée. Par contre, "Divertimento", le très beau film de Marie-Castille Mention-Schaar adapté de l'histoire réelle des sœurs Ziouani, na manquera pas de vous plaire et de vous émouvoir.
LeMeilleurPseudoDuMonde
LeMeilleurPseudoDuMonde

15 abonnés 88 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 février 2023
Il en fallait bien une : Tar est la première grande déception de l’année.

Les critiques élogieuses qu’on lit ici et là m’amènent à me poser une question : a-t-on vu le même film ? Autant le dire tout de suite, Tar est LE film pompeux et prétentieux par excellence.

La réalisation plan-plan ne souffre d’aucune fulgurance : où est la patte du réalisateur ? On enchaine les plans fixes sur des dialogues interminables et vides. La gestion du rythme est absolument catastrophique, il faut attendre le dernier quart du film pour commencer à saisir ce qui est raconté. Et c’est regrettable parce que parfois, on perçoit des bribes de propos intéressant (sur l’identité, sur le tribunal médiatique, sur les abus sexuels, sur la famille) mais rien n’est jamais plus que survolé. Le comble pour ce film sur la musique reste quand même que la musique est quasiment absente.

Le sentiment qui domine pendant le visionnage du film finit inéluctablement par être l’ennui. Et ce n’est pas l’acting de Cate Blanchett qui sauve les meubles. Plutôt correct et juste, on est bien loin de la « performance hallucinante » vantée par certains. Ce n’est pas parce qu’on a le droit à 2 minutes d’expressivité sur 2h38 de film qu’on est face à une performance. J’espère de tout cœur que les Oscars sauront récompenser Michelle Yeoh infiniment plus méritante que cette escroquerie.

Bref. Si vous souhaitez éviter de regarder un film de 2h38 qui en paraît 4, vous savez ce qu’il vous reste à (ne pas) faire.
Benjamin Curat
Benjamin Curat

4 abonnés 8 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 2 février 2023
La longueur épuisante de ce film n'a d'égal que sa prétention.
Cate Blanchett a beau être époustouflante, elle ne peut parvenir a sauver ce film de l'ennui dans lequel il plonge les spectateurs.
Le réalisateur s'adresse à lui même et ne pense jamais au spectateur.
A fuir
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 26 janvier 2023
Une mise en situation (30 premières minutes) réussie, puis s'enchaînent les longueurs. Le scénario s'éparpille dans une multitude de petites histoires inachevées, au détriment de la grande qui nous intéresse (à savoir le travail sur la 5e symphonie.) On ne demande pas à ce que tout nous soit expliqué, mais ici rien ne l'est. Quel est le but du film ? Pourquoi tant de personnages sans intérêt ? Pourquoi si peu de musique et tant de conversations et de regards profonds qui ajoutent le soporifique à l'inutile.
Une vraie déception car Cate Blanchett incarne parfaitement le rôle de Lydia Tar. Le film n'est pas cadré et passe à côté de la puissance que semblent lui trouver les critiques professionnels.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 février 2023
Tar est un film difficile, long, nous plongeant dès les premières minutes dans l'univers abscons des mélomanes les plus exigeants des grands orchestres internationaux. Après une énigmatique première image dont on comprendra le sens bien plus tard, le cinéaste nous inflige tout le générique finale, listant les centaines de noms des collaborateurs d'un tel projet cinématographique. Puis s'engagent des discussions de haut vol sur le temps et la musique, les affres de Beethoven et de Mahler. Cette âpreté extrême ne nous lâchera jamais : elle est voulue, assumée. Les moments passés aux côtés de Cate Blanchett s'étirent à l'infini, de sorte que le film restera profondément dans nos mémoires après l'avoir vu. La mise en scène dilate l'image en un format cinémascope monumental décrivant les intérieurs luxueux des ultra-riches qu'on nous montre. Les choix chromatiques accentuent la sécheresse de l'ensemble puisque ce Berlin des grands orchestres est intégralement traité en un camaïeu de gris, réchauffé par l'ocre de boiseries contemporaines.
Pas sûr qu'à ce stade de ce petit texte, vous ayez très envie d'aller voir cela... Mais de fait, Tar est un monument.
C'est un peu le monolithe de 2001 l'odyssée de l'espace planté dans notre époque. Par sa mise en scène, d'abord, on l'a dit. En la matière, c'est du très très haut niveau. Par la performance démente de Cate Blanchett (si elle n'a pas l'Oscar, je n'y comprends plus rien). Et par son message terriblement pessimiste sur le monde contemporain. Rien dans la bande-annonce n'évoque la vraie thématique du film, à savoir la profonde cassure philosophique et culturelle qui est en train de séparer la génération des milléniums de ses prédécesseures. Cate Blanchette incarne les générations nées avant 1980, leur rapport à l'art, à la culture, au travail, aux abus d'autorité, aux minorités, etc. Todd Fields ne choisit pas la facilité d'un personnage idéal et respectable pour incarner beaucoup d'entre nous, mais un être complice des harcèlements en tout genre, occupant la situation ambivalente d'appartenir à une minorité tout en critiquant frontalement ce qu'on appelle depuis quelque temps le wokisme. Cette curieuse créature dialogue sans cesse avec la génération qui la précède et celle qui suit. Elle voue un respect hors du commun aux grands chefs-d'orchestre déjà morts qui l'ont précédée, mais au fond elle méprise ses homologues plus âgées et vieillissants qu'elle doit encore côtoyer. De même, elle entretient une apparente complicité avec certains jeunes gens qu'elle semble respecter, mais en instrumentalise d'autres, et cherchent à abuser de certains. Ces jeunes gens là ont construit, incidemment, leur propre rapport aux médias, au travail, à leurs congénères. Absorbés par leur téléphone portable, ils ne prennent guère attention aux êtres réels qui les entourent. Ambitieux, ils ne sont pourtant pas prêts à encaisser les frustrations infligées par leurs maîtres et préfèrent alors disparaître (pour s'émanciper ou pour s'autodétruire). Le dernier plan, dont on ne révèlera rien ici, conclut magistralement cette démonstration brutale sur la génération qui arrive, et vis-à-vis de laquelle Todd Fields prend clairement position.
Pour tout cela, Tar est un film important de nos jours. Il creuse en 2h38 une problématique qui est au cœur de notre monde contemporain. Certes il prend parti dans ce constat sociétal, mais il cherche surtout à ouvrir le débat et à faire réfléchir par l'entremise de personnages complexes qu'une interprétation magistrale rend d'autant plus crédibles.

Quelques éléments en mode "spoiler alerte" après avoir vu le film une seconde fois :
spoiler: Les premières minutes du film donnent lieu à toute sorte de plans qu'on ne comprend qu'en le revoyant. La bande-son du long générique initiale révèle la profonde passion pour la musique de Lydia Tar, passion réaffirmée en fin de film lorsqu'elle regarde une vidéo VHS de Lenoard Bernstein. En effet, la chanson amazonienne qu'on entend est précédée de la captation de la voix de Lydia Tar elle-même signifiant à la chanteuse qu'elle doit oublier le micro. C'est une référence (alors incompréhensible pour le spectateur) aux recherches ethnologiques que Tar a engagées en Amazonie. Nous laisser entendre cette chanson pendant plus de 3 minutes et nous faire comprendre que c'est bien Lydia Tar qui l'enregistre place la musique au premier plan du film pour elle comme pour nous. Au-delà de tous les abus que Todd Field dénonce chez cette femme, il la présente comme sincèrement passionnée par son art, là où la jeune génération qu'il nous montre ne semble en avoir qu'une vision superficielle. Dans les premières minutes, se (re)joue implicitement le trio amoureux lié à ce voyage en Amazonie. Le premier plan montre Lydia Tar à travers le téléphone portable de Francesca (Noémie Merlant) qui parle probablement à Krista Taylor. Toutes trois ont fait le voyage d'Amazonie, qui a scellé leur complicité. Krista constate que Francesca est encore amoureuse de Lydia (elle le lui dit par SMS). Cette complicité est prolongée par le pied de Lydia caressant vraisemblablement celui de Francesca quand elle cherche une couverture de disque qui lui plaît dans son "petit" appartement berlinois. Cet appartement est en fait sa garçonnière où elle reçoit, contre l'avis de Sharon sa compagne, ses étudiantes et assistantes. Krista, elle, est régulièrement présente à l'écran, sans que le spectateur ne s'en rende compte. Sa chevelure rousse permet de l'identifier pendant la conférence de presse du début, puis dans la rue, etc. Il semble que très tôt elle cherche avec Francesca à déstabiliser Lydia. C'est Francesca qui donne à la cheffe le livre au dessin abstrait, et c'est Francesca qui filme la tirade "anti-woke" de la Julliard School (on la voit au loin avec son portable) ; elle s'en servira plus tard en en faisant un montage accusateur. Une amusante référence à Marlon Brando est faite lors du voyage final en Asie. Marlon Brando est connu pour son comportement totalement déplacé avec les femmes. Ce type de comportements est constamment dénoncé par la jeune génération tout au long du film. Or le guide de Lydia Tar en Asie lui dit qu'on ne peut pas se baigner dans le fleuve car des crocodiles se sont échappés lors d'un tournage de Brando, et qu'ils sont encore là. C'est une métaphore pour signifier que les abus fréquents à l'époque de Brando perdurent encore. La scène des deux voisines trouve son duplicata dans les derniers plans du film. Todd Field a une vision extrêmement sombre de nos générations. Ils opposent les générations d'avant 1990 qui abusent, harcèlent, violentent (Lydia Tar, James Levine, etc.) et la jeune génération insensible, superficielle, etc. Et il considère que la jeune écrasera les vieilles. Le plan final nous montre une Lydia Tar devenue le bouffon d'une génération d'ados immatures, réduits à l'état de poupées décérébrées déguisées bêtement. Les deux voisines dupliquent cela : la jeune, déficiente mentale, porte le poids de la plus âgée incapable de se gérer seule et totalement sous la coupe de sa fille. Pas très optimiste, tout ça...
GUY5ATTLAN
GUY5ATTLAN

3 abonnés 20 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 3 février 2023
ce film est une nullité je l ai vu avec ma fille tous les deux on s est retenus de ne pas partir au milieu du film en fait il n y a pas d'histoire
en fait je l ai vu après une bonne critique de première le magazine . que dire du manque de scenario
dommage j aime bien cate blanchet
Yunus Kentel
Yunus Kentel

3 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 janvier 2023
Je fais rarement le pas de mettre une critique pour les films que je vois au cinéma. Mais cette œuvre est une pépite et mérite qu'on en parle.
J'ai déjà vu des films avec une ambiguïté profonde du personnage principal, mais pour la première fois de ma vie je vois un film dont la caractérisation même du personnage principal vient questionner d'un point de vue féministe les fondements de la réussite sociale.
La prestation de Cate Blanchett est irréprochable dans ce rôle. Même si le film nous maintient volontairement dans l'ignorance partielle tout long de son parcours, le personnage de Tar est émouvant de force et de sensibilité. A mi chemin entre Camille Claudel et Lucrèce Borgia, Lydia Tàr est un assemblage de compromis et de paradoxes moraux impressionnant. C'est l'histoire d'une femme ambitieuse ayant réussi dans un milieu violent et injuste qui lui préexiste. On peut y voir l'appropriation féminine d'une logique patriarcale déterministe, mais le film est bien plus malin dans sa façon de traiter le sujet. Le personnage arrive à rester grand, telle une héroïne de tragédie grecque, malgré l'horreur des règles du jeu qu'elle adopte et sa facilité à les suivre.

Le cheminement de Tàr, de l'encensement à la déchéance, de cas de consciences en labyrinthes, et nous mène finalement vers une victoire irrévocable de l'art sur l'artiste, et de la qualité essentielle d'une femme de talent et de travail.

Une grande qualité de dialogues et une finesse scénaristique folle.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 octobre 2024
Après une carrière d’acteur plutôt anonyme de seconds rôles à la fin des années 1980, Todd Field se lance en 2001 dans celle de réalisateur parcimonieux avec « In the bedroom » qui sera un solide succès aussi bien commercial que critique. Son second film « Little children » pourtant lui aussi digne d’intérêt sera moins apprécié. Il reste alors plus de quinze ans à enchaîner les projets inaboutis avant de repasser derrière une caméra.
En 2021, il écrit le scénario de « Tàr », étude psychologique prenant pour contexte la descente de son piédestal d’une cheffe d’orchestre de renommée mondiale victime « inattendue » de la vague woke qui semble ne plus vouloir épargner personne alors qu’elle aborde l’enregistrement public de la 5ème symphonie de Gustav Mahler. Cate Blanchett sollicitée accepte de tenir ce rôle particulièrement éprouvant. Todd Field déclara plus tard que sans l’accord de l’actrice oscarisée (« Blue Jasmine » de Woody Allen en 2013), il n’aurait pas fait le film. Long de près de 2h40, « Tàr » est clairement divisée en deux parties.
Dans la première Field de manière très didactique mais sans aucune pesanteur narrative, initie le spectateur à la technique relativement méconnue de la direction d’orchestre qui est entourée d’une aura de mystère. C’est à l’occasion d’une interview pour le célèbre « New Yorker » que Linda Tàr explique la magie de son art et le lien presque filial qui l’unit aux grands maîtres qui l’ont précédé tels Herbert von Karajan ou Leonard Bernstein. Field nous laisse à voir la vie très « orchestrée » de ses grandes stars mondiales qui ne semblent plus vraiment s’appartenir entre master class, concerts, répétitions, dédicaces de livres, expositions mais aussi voyages incessants autour d’une planète devenue leur terrain de jeu. Le tout dans un univers luxueux et complétement dédié aux exigences de la star.
Lors de cette longue introduction à la tonalité parfois documentaire, le réalisateur instille subtilement par petites touches où s’entremêlent tics nerveux et étranges lubies l’idée que derrière une apparente totale maîtrise qu’exprime parfaitement une Cate Blanchett à la posture altière et au teint blafard, transpire quelques failles annonciatrices d’un grain de sable en train de dérégler cette horlogerie parfaitement huilée. Par rapport à ses illustres prédécesseurs, Linda Tàr évolue dans une société où tous ses faits et gestes sont susceptibles d’être portés sur la place publique. Todd Haynes qui a choisi d’insérer son scénario original dans la contemporanéité entend aussi poser son regard sur ce que sont en train de devenir nos sociétés soumises à la technologie et guidées par des idées progressistes intransigeantes.
En la matière, la musique classique marche sur des œufs puisant ses racines dans un monde ancien n’ayant plus très « bonne presse » comme le prouve la Master Class où Linda Tàar face à une petite assemblée de jeunes musiciens membres de la prestigieuse Julliard School doit se frotter au « wookisme » et à la « cancel culture » scandés par jeune étudiant noir lui expliquant doctement qu’il ne peut d’évidence pas apprécier Jean-Sébastien Bach (1685-1750) compositeur blanc de sexe masculin, cisgenre et donc par essence misogyne. À ce petit jeu pas difficile pour Linda Tàr d’expliquer qu’il ne peut être question de musique classique, Bach n’étant qu’un parmi tous les autres semblables à lui. Pourtant lesbienne affichée, Linda Tàr constate un peu effrayée que comme toute idéologie aux allures messianiques, la quête qu’elle génère sera sans fin rien n’étant jamais assez pur aux yeux de ceux qui au fur et à mesure ajoutent frénétiquement de nouveaux critères de certification.
S’engage alors la seconde partie plus intime nous dévoilant l’envers du décor révélant que la belle machinerie exposée ne fonctionne qu’au prix de la servitude plus ou moins bien acceptée de ceux dont la carrière dépend des humeurs de la parfois glaciale Linda Tàr. La sphère privée n’étant par ailleurs pas épargnée. Henry de Montherlant disait « Il n’y a pas le pouvoir. Il y a l’abus de pouvoir, rien d’autre ». C’est ce que Field nous donne à constater. L’annonce du suicide d’une jeune femme de 25 ans ayant brièvement travaillé au sein de l’équipe qui entoure la cheffe va mettre le ver dans un fruit déjà sans doute un peu gâté.
Cate Blanchett omniprésente évolue dans son jeu comme dans son apparence au fur et à mesure que la personnalité de Linda se désagrège face à une réalité que tout d’abord elle refuse pour, en proie à des visions et à une hyperacousie envahissante, finir par la fuir. L’intrigue flirte alors avec le fantastique, Linda pratiquement désincarnée, les traits émaciés et dépouillée de son statut d’icône intouchable semble avoir quitté le monde des vivants errant sa valise à la main pour atterrir sur des continents lointains rappelant vaguement le Nosferatu de Murnau débarquant à Wisborg pour y semer la mort. Formidablement filmée, Cate Blanchett dont on ne comprend pas très bien pourquoi une troisième statuette lui a été refusée accompagne avec maestria et par un engagement de tous les instants son réalisateur qui à travers le portrait glaçant d’une femme de pouvoir comme on en rencontre de plus en plus exprime son inquiétude face à la folie qui saisit un monde prisonnier de ses contradictions.
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