Difficile de trouver les mots pour décrire Traquée, tant ce film frôle l'expérience cinématographique frustrante. Présenté comme un thriller de science-fiction haletant, le film se perd rapidement dans un concept trop ambitieux pour son propre bien et une exécution qui laisse perplexe.
Dès les premières minutes, on comprend que l’originalité du film repose sur l’absence quasi totale de dialogues. Si l’idée peut sembler audacieuse sur le papier, dans les faits, elle s'avère vite ennuyeuse. On suit Brynn, une jeune femme solitaire, confrontée à une invasion extraterrestre. Mais sans interactions verbales, difficile de s'attacher à l'héroïne ou de comprendre ses motivations profondes. Le silence devient un obstacle à l'immersion plutôt qu'un outil de tension.
L'intrigue, elle, est désespérément linéaire. Brynn fuit, se cache, sursaute, et recommence, dans une boucle répétitive qui devient vite lassante. Malgré quelques scènes de tension correctement réalisées, l’ensemble manque cruellement de rythme et d’enjeux. Les extraterrestres, bien qu’impressionnants visuellement, sont clichés à l’extrême : des créatures aux grands yeux globuleux, tout droit sorties d'un manuel de science-fiction des années 50.
Côté technique, le film se défend avec une photographie soignée et des effets spéciaux acceptables. Mais ces qualités esthétiques ne parviennent pas à masquer un scénario creux, dénué de toute surprise. L’absence de dialogues, censée renforcer l’immersion, finit par alourdir l’ensemble et donner une impression d'expérience inachevée.
En somme, Traquée est un exercice de style raté, qui préfère l’expérimentation formelle au détriment d'un récit captivant. Le film tente de se distinguer par son silence, mais il ne fait que souligner le vide narratif et l'absence d'émotion. Pour un thriller de science-fiction, c’est bien mince. Si vous cherchez une histoire immersive et palpitante, passez votre chemin.