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Simon Bernard
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4,0
Publiée le 25 février 2024
De retour dans sa région natale composée de montagnes anatoliennes, Ishak veille sur sa mère malade. Allant à la rencontre de ses anciens amis qu'il a perdu de vue après sept ans d'exil, il les questionne sur un ancien secret qui le consume chaque nuit. Malheureusement, son enquête est mal acceptée par son vieil entourage qui le sommeil d'arrêter. En salle le 14 février.
spoiler: "Nuit Noire en Anatolie" est un thriller inversé intéressant qui parvient à maintenir son spectateur en haleine alors que des éléments décisifs du secret caché par les personnages sont dévoilés très rapidement. Le cadre du récit est somptueux, présentant une nature luxuriante et des gouffres sans fond, dignes représentants d'où se cache la vérité. Ishak finit après une longue attente par retrouver son ami, assassiné pour son côté "urbain écologiste" par un groupe d'hommes. Le film a de nombreux points communs avec "Burning days" dans le message véhiculé : l'opposition entre la ville et les campagnes et la violence de ces hommes qui se sentent menacés.
Beau film, bien filmé, bons acteurs, paysages d'Anatolie magnifiques... l'histoire est dure, mais aussi profonde sur l'amitié, la culpabilité, la perte... très intéressant (mais ce n'est pas une comédie !)
Une dizaine d’hommes braillards et armés foncent dans la nuit noire (d’Anatolie, donc) surprendre un jeune homme isolé dans un refuge de montagne, et on sait tout de suite que ça ne va pas bien se passer pour lui. De l’Anatolie, le cinéma (essentiellement de Nuri Bilge Ceylan) nous avait montré les paysages grandioses -qu’on retrouve ici- l’isolement et la rudesse. Mais déjà en 2023, Emin Alper, avec Burning days, avait plongé un village reculé dans un bouillon mafieux, où tentait de surnager un magistrat intègre. C’est ce genre d’ambiance que campe la Nuit noire de Özcan Alper : ambiance lourde, discussions poisseuses de sous-entendus et de menaces sourdes, quête obsessionnelle, loi du plus fort, assise sur la lâcheté et le silence. Outre un propos très construit sur le fond, sur la forme, le niveau de cinéma est aussi haut que celui de la veulerie humaine dépeinte ici. C’est déprimant, mais avec brio et un sens du cadrage et des lumières impressionnant. Pour mémoire, autour de 200 défenseur·e·s de l'environnement sont assassiné·e·s chaque année en raison de leurs activités militantes. Concernant les agressions homophobes, les chiffres donnent le vertige. Toute ressemblance etc. n’est donc pas tout à fait fortuite.