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Marc L.
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4,0
Publiée le 21 novembre 2022
‘The innocents’ n’est pas un film social planqué sous une peau de film fantastique. S’il était quelque chose, ce serait d’ailleurs plutôt l’inverse : sous des marqueurs qui pourraient donner l’impression qu’il a des choses à raconter sur une certaine réalité sociologique scandinave, il s’agit d’une véritable production de genre, un petit bijou en plus, qui délaisse les slogans simplistes pour embrasser des considérations plus universelles. Souffrant (ou bénéficiant, c’est selon) de quelques spécificités typiquement nordiques - rythme très lent, personnages peu diserts,... - il peut tout d’abord compter sur une brillante unité de lieu, celle d’une cité HLM suffisamment ensoleillée et verdoyante pour faire oublier sa nature de clapier humain, mais paradoxalement désertée en raison de la période estivale : un îlot hors du monde, à la géographie à la fois claire et labyrinthique, plus rassurant que la vision que pourraient en donner les médias mais que Eskil Vogt parvient à rendre moins rassurant que sa réalité objective. Deuxième point qui donne envie de saluer les choix du réalisateur : la notion de “diversité”, si fréquemment galvaudée, est ici exactement ce qu’elle devrait toujours être : ni une décision due aux impératifs du script, ni une piteuse tentative de faire acte de tolérance à peu de frais, ni un prétexte à un usage inutilement positif ou inutilement négatif des clichés sociaux et culturels : ces enfants “divers” sont juste ce qu’ils sont, leurs caractéristiques sociales et culturelles sont normalisées dès les premières minutes, sans devoir passer par la moindre explication, et le film neutralise instantanément toute volonté de les instrumentaliser de façon politiquement correcte ou politiquement incorrecte : ça n’a peut-être l’air de rien mais esquiver simultanément ces trois écueils est pratiquement chose impossible dans une fiction romanesque. Ceci étant dit, ‘The innocents’ brille aussi par d’autres qualités plus directement liées à sa nature de production de genre : malgré le fait qu’on ait affaire à des enfants qui découvrent qu’ils possèdent des pouvoirs spéciaux, le film n’a strictement aucun rapport avec quelque chose comme ‘les nouveaux mutants’ de chez Marvel. Le fait que les adultes soient la plupart du temps hors-champ donne l’illusion de pouvoir observer à la dérobée l’univers enfantin qui se déploie loin de leur regard, un monde absurde, qui carbure à l’arbitraire et à l'irrationnel, parfaitement prêt à avaliser l’existence de pouvoirs télékinésiques sans que cela devienne un problème…mais c’est aussi un monde dont le conflit et la cruauté gratuite ne sont pas absents. Ne cherchant jamais l’effet de manche facile mais jouant sur l’appréhension du spectateur vis-à-vis de ce qu’il sait devoir arriver et qui sort de ses références morales, ‘‘The innocent’ traite ainsi, avec un brio qui n’a rien à envier aux productions plus “dignes”, de l’apprentissage instinctif de la morale et du bien commun, chez des êtres pas encore tout à fait sortis de l’état sauvage, et qui ont les moyens de se soustraire aux règles communes et de causer beaucoup de dégâts autour d’eux.
Dérangeant à souhait, beaucoup de questionnements sur la nature humaine, marqués ici par des enfants, entre l'empathie, l'altruisme et le mépris (de tout). Des jeunes acteurs impliqués, un scénario créatif et un déroulé surprenant. Quelques longueurs excessives freinent toutefois l'immersion. La dernière scène aurait méritée d'aller plus loin et quelle soit traitée. 3.5/5 !
Original mais très très trop lent. Ca décolle un peu avec les aptitudes extraordinaires que se découvrent les enfants, pour mieux cultiver le mystère à un rythme d'escargot. Ca n'en vaut pas le coup.
Très loin des gros blockbusters super-héroïques, "The Innocents" est un film qui propose un point de vue bien différent de ce que nous connaissons. Le principe est, ici, de confronter une vision d'enfant à des pouvoirs extraordinaires. Nous avions déjà eu ce genre de films avec "Brightburn - L'enfant du mal" récemment par exemple, mais jamais de cette manière. Le but de ce projet n'est pas de divertir, mais d'imaginer la situation de façon réaliste. Le point de vue est celui d'enfants qui découvrent ses pouvoirs, le ton est donc bien différent de ce que l'on peut attendre de ce genre de scénario. C'est vraiment la grande force du long-métrage, il réussit très bien à imaginer la situation et à la rendre crédible. Les personnages vont donc utiliser cela pour s'amuser, jouer, etc... Mais aussi à des fins beaucoup moins légères. Le film a peut-être choqué pour son approche très dure parfois, mais le tout fonctionne plutôt bien. Je suis tout à fait capable de croire qu'un enfant qui découvre qu'il a des pouvoirs puisse avoir aussi des idées malveillantes. Comme un adulte pourrait se servir de ses pouvoirs pour se venger, braquer des banques, ou autres. Un enfant peut utiliser cela à son échelle pour se venger du plus grand qu'il l'embête ou de ses parents. Et le film retranscrit bien ce principe. Néanmoins, sur ce point, nous sommes dans le cas extrême, car le film veut faire dégager un sentiment d'innocence avant tout. Grâce aux très bons jeux d'acteurs de ses enfants, beaucoup de scènes surfent entre le surnaturel de ses pouvoirs, et la simplicité de voir un enfant s'amuser sans se soucier de cela. C'est cette approche qui rend le film intrigant par moments et qui captive. Le scénario est donc plutôt bien écrit et va correctement traiter ces thématiques. Malgré une fin un peu ridicule et quelques coups de mou, ce qui m'a empêché de pleinement l'apprécier, ce long-métrage réussi objectivement son pari. C'est un film de genre traitant de l'enfance et du surnaturel, de la bonne façon. Si le concept vous intéresse, vous pouvez tenter l'expérience. Pour conclure, un moment particulier.
Écrit et réalisé par Eskil Vogt, The Innocents est un film dérangeant. L'histoire nous fait suivre un groupe d'enfants qui vont se découvrir des pouvoirs surnaturels, dont ils vont se servir pour commettre des actions atroces. Ce scénario nous plonge dans l'horreur pendant environ une heure quarante-cinq, dont il est difficile de sortir indemne tant cette intrigue anxiogène fait ressentir des choses abjectes. Une durée qui est un véritable supplice car son rythme lent nous force à assister pendant de longs instants à des scènes brutales d'une grande violence. Au fil des minutes, des phénomènes de plus en plus étranges se passent et les confrontations mentales laissent planer un malheur. L'ambiance est froide et cruelle, en témoigne de nombreuses scènes tout simplement insoutenables. C'est particulièrement malsain de voir des enfants pratiquer des actes aussi barbares. Des petites têtes blondes aux mains pleines de sang, très bien interprétés par le casting juvénile qui compose ces rôles difficiles. Ils sont connectés les uns aux autres en pratiquant la télépathie et leurs comportements sont à a fois inquiétants et imprévisibles. Ils entretiennent des relations aussi naïves que matures et sont sous la tutelle de parents ignorants, mais dont les paroles sont très justes. L'ensemble est bien réalisé et bénéficie d'un joli visuel grâce à une photographie soignée, qui accouche d'images choquantes. Cette esthétique est accompagnée par une ambiance sonore particulièrement travaillée, qui renforce encore plus l'atmosphère plombante. La fin pour sa part est réussie et évasive, sonnant comme une libération. Car oui, The Innocents possède de nombreuses qualités mais est un film douloureux à regarder, voir même un supplice par moments, tant ce qu'il montre est amoral et qu'on ne prend aucun plaisir pendant son visionnage traumatisant.
Réalisme brut mettent en scène avec une grande froideur le monde des enfants qui ne rencontre jamais celui des adultes. Glaçant, poignant ce deuxième long métrage m'interroge sur nos intuitions et pouvoirs d'enfant oubliés ?
Jai regarder les avis pour choisir ce film, si j'avais su je ne laurait jamais regardé, il était très décevant rien compris du film , il n'a même pas de fin , rien correspond, à éviter , puis cruauté des animaux complètement inutiles mise à part nous mettre mal à l'aise
Voilà un film très dérangeant et remarquablement bien mis en scène. Le fait "d'inverser " les rôles et de faire des enfants les personnages maléfiques de l'histoire est très bien trouvé. Un film d'horreur comme je les aime.
Film intéressant et original dans sa forme : des enfants qui font l'acquisition de super pouvoirs dans une sorte de banlieue. Dommage que le contexte de chaque personnage ne soit pas plus développé. Les enfants sont tous très bons et ne surjouent pas. Ce qui fait permet de rendre le film suffisamment captivant. Par contre à noter pour les amoureux des animaux, une séquence difficile avec un chat mais elle permet de développer le "bad guy" de l'histoire.
The Innocents ou l’apprentissage du bien et du mal par une bande de jeunes enfants aux dons particuliers dans le cadre d’un quartier froid et quadrillé. Le film est assez symptomatique du cinéma fantastique nordique, avec un rythme lent mais un sous texte à gratter sous le vernis d’un cadre qui ne laisse rien au hasard. Le film a pour lui une ambiance perverse et angoissante et n’hésite pas à prendre le risque de déplaire en dérangeant le spectateur. Il faut aussi saluer la direction des jeunes acteurs qui sont remarquables et sans laquelle le film se serait écroulé. Un film qui pourra rebuter par son côté austère didactique et millimétré mais la dissertation sur l’apprentissage des limites et la cruauté enfantine est remarquable.
Si vous voulez perdre toute votre innocence d'enfant, ce film est fait pour vous. Très long à se mettre en place et le doublage en VF est à la limite de l'horripilant avec ses rires d'enfants forcés. Et la scène de cruauté sur animaux est épouvantable, de quoi faire passer l'envie d'avoir des gosses.
Un film troublant qui nous fait retomber dans l'ubiquité de l'enfance et aborde avec finesse l'origine du mal... "On faisait que jouer" dit l'enfant. Les adultes sont dans une autre logique, oublieux de ce qu'ils ont été, sourds aux signaux enfantins. Un film à voir pour son originalité et son astucieux montage.
Une escalade glaçante dans la cruauté, celle d'une enfance délestée de morale et agrémentée de super-pouvoirs. Le malaise est d'abord finement distillé puis devient carrément la source des effets horrifiques. L'ambiance glaciale couplée au scénario minimaliste mais choquant et une réalisation ambitieuse, font de "Les Innocents" une proposition qui a marqué son public. Impossible ici d'échapper au malaise, mais difficile également de se sentir transporté au-delà du concept. En effet, le scénariste de Joachim Trier peine un peu à transcender son sujet et ne propose finalement que le mélange improbable des genres (drame social et conte fantastique, film d'horreur et film sur l'enfance) pour nous servir sa terreur opaque et impénétrable, dans un film jamais spectaculaire, ni divertissant. Impressionnant tout de même!