Le film emprunte son titre (The Innocents) et l’un de ses thèmes (l’enfance maléfique) au chef-d’œuvre de Jack Clayton, avec Deborah Kerr, Michael Redgrave (1961). Il fait également penser au roman La Nuit des enfants rois, de Bernard Lenteric, pour ce qui est des pouvoirs surnaturels des enfants (télékinésie, télépathie…) et des violences qu’ils génèrent. Un bon contexte référentiel pour ce récit qui débute comme une chronique réaliste, se déploie dans un registre fantastique, avant de basculer dans l’épouvante. La première moitié du film, consacrée à la présentation des personnages principaux et à la découverte de leurs pouvoirs, est un peu longuette et répétitive, mais elle jette un trouble sur des jeux d’enfants où se mêlent cruauté et empathie, loin de toute considération morale. La seconde moitié est plus tendue, effrayante et impressionnante, même si plus classique dans son opposition du bien et du mal. Le réalisateur Eskil Vogt (plus connu jusque-là comme scénariste des films de Joachim Trier) ménage un crescendo efficace dans l’expression des rapports de force. L’ensemble n’est peut-être qu’un exercice de style, gratuit dans le fond, mais il témoigne d’une maîtrise – habilement minimaliste – qui culmine dans la séquence finale autour du lac, dont la mise en scène comporte quelques éléments assez géniaux.
Film de science fiction sans effets spéciaux tapageurs et basé sur la suggestion et l'ambiance. Bravo pour le casting des 4 enfants et notamment Anna et Ida. Vive le cinéma norvégien !
Ida a neuf ans, une grande sœur autiste et deux parents aimants qui veillent à donner à chacune de leurs filles l'attention qu'elles exigent. Ida et sa famille profitent de l'été nordique pour déménager. Ils s'installent dans une barre HLM où Ida espère se faire de nouveaux amis. Elle rencontre bientôt Ben, un garçonnet qui lui dit posséder des dons étonnants de télékinésie. Anna sa sœur se lie avec Aisha qui semble parvenir à communiquer avec elle par la pensée.
Des enfants dotés de super-pouvoirs ? Ce pitch annonce immanquablement une superproduction américaine avec une débauche d'effets spéciaux du genre de "Carrie", "Chronicle", "X-Men" ou "Stranger Things". J'avoue les citer sans les avoir tous vus (sinon "Carrie" qui m'avait durablement marqué à l'adolescence) tant ce genre ne m'attire pas.
"The Innocents" appartient indéniablement à ce genre-là, mais le renouvelle de fond en comble par le traitement qu'il en propose. On est loin des pyrotechnies hollywoodiennes dans ce film scandinave minimaliste dont le seul décor est une paisible cité HLM perdue au cœur de la forêt norvégienne. Eskil Vogt - qui co-signe tous les scénarios de Joachim Trier et avait déjà réalisé en 2015 un film étonnant sur une femme aveugle et paranoïaque - joue sur les paradoxes : tout semble calme en apparence dans son film, de ses décors sylvestres aux bouilles innocentes de ses jeunes héros pré-adolescents (dont le jeune âge nous évite quelques références toujours malaisantes à l'aube de leur sexualité). S'il fallait lui trouver une généalogie, je citerais Morse, un film scandinave lui aussi, aussi rare que culte.
"The Innocents" est construit comme un lent crescendo. On pourrait trouver le temps long ; le film dure près de deux heures ; mais on reste cloué à son fauteuil par une tension de plus en plus forte. A posteriori, le film se résume au lent apprentissage moral de jeunes enfants qui n'avaient pas spontanément acquis les notions de Bien et de Mal. Mais cette reconstruction très intellectuelle ne signifie ni que "The Innocents" soit moralisateur ni qu'il soit manichéen.
Laissez vous sidérer par ce petit film troublant et anxiogène dont la dernière scène, qui surpasse bien des finals des films de super-héros, a été tournée avec un budget au moins vingt fois moindre.
Le jeune Ben est à première vue un enfant tout à fait ordinaire- peut-être un peu plus cruel que la moyenne- mais il ne faut surtout pas le contrarier... On vous laisse découvrir pourquoi dans ce fort réussi petit film fantastique scandinave. Il parvient remarquablement à installer peu à peu un climat d'angoisse dans la résidence au milieu des bois où vivent les jeunes héros du film, unis par un lien particulier et formant un monde clos opaque aux adultes...
Peu de chose à reprocher à ce petit thriller fantastique si ce n'est que le scénario un peu convenu ne permet pas d'étirer le film sur quasiment 2 heures. Sinon, comme je l'ai vu dans d'autres critiques, une mention d'excellence sur l'interprétation des enfants.
Un film très bien maitrisé, très loin des productions hollywoodiennes avec des effets spéciaux tapes à l'oeil. Le malaise qui émane petit à petit face à ses enfants qui découvrent leurs pouvoirs est saisissant. D'ailleurs ses 4 enfants sont autant fantastiques qu'inquiétants.
Digne de la pire des histoires de Stephen King ! ET tellement bien interprété à l'écran par ces 4 gamins ! Le suspense et la tension vont crescendo. Presque épuisant ! Je ne m'attendais pas à autant de nuance(s) (sur la seule base de la bande annonce), et pas non plus à une telle tension. Âmes sensibles s'abstenir.
J'ai réellement été impressionné par l'interprétation de ces jeunes acteurs, en particulier par cette adolescente qui joue le rôle de la jeune fille autiste. Pour le reste, le film est original : des jeux d'enfants qui vont rapidement prendre une tournure fantastique et angoissante. Pas de costumes multicolores, pas de regards projetant des lasers, non juste de la psychologie et quand même beaucoup de sang. Pas de gras, réalisation et interprétation sont impeccables. Une bonne surprise mais à réserver à un public averti.
Nul de la cruauté gratuite, l'humain (se qu'il en reste) dans ce qu'il a de plus monstrueux, pas d'histoire, qu'elle intérêt de faire voir autant de cruauté, comme si le monde en avait pas assez comme ça.
Je ne supporte pas les scènes de cruauté sur les animaux, de plus on ne sait pas comment ils sont traités sur les tournages. J'ai essayé de rester mais (c'est une première pour moi) suis sortie de la salle au bout de 30mn de ce film indigeste et froid (une autre personne est partie aussi) et dont les ficelles ont l'air bien grosses. C'est un peu comme les gamins du film de Haneke, le ruban blanc, qui auraient les pouvoirs de Carrie (de Palma ou King). Voilà j'ai créé un compte allo ciné pour informer de cela, non ce film n'est pas un chef d'œuvre et ces enfants sont devenus vite des étrangers pour moi, l'autiste n'est pas celle qu'on croit.
Si vous cherchez un film d'ambiance, c'est le film qu'il vous faut ! Le scénariste de l'excellent "Julie (en 12 chapitres)" réalise un film de super-héros psychologique avec des enfants en personnes principaux. C'est très habille et même si l'intrigue est simple, l'ambiance pesante nous prend du début à la fin. Les effets spéciaux ne sont pas nombreux mais suffisent à imposer le label de supers pouvoirs. C'est vraiment intéressant comment un jeu d'enfant devient dangereux. La réalisation est très maitrisée, simple et réussie. Les jeunes acteurs sont excellents, bien meilleurs que les parents. Si vous voulez être surpris, c'est le film à voir !
Je ne comprends vraiment pas l'intérêt de ce film..... certes les enfants jouent bien, mais le film n'a pas d'âme.... aucune histoire, aucune intrigue, aucun attachement aux personnages. Et quelle violence ! De plus elle est gratuite, sûr et part des enfants, sans jamais comprendre son intérêt.