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David S.
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3,0
Publiée le 7 décembre 2022
Avant d’être abreuvés jusqu’à plus soif de contes de Noël, que diriez-vous d’un petit conte horrifique d’Halloween ? Bon ok, Halloween est déjà passé mais vous voyez l’idée… Laissez-vous aller à frissonner allégrement, transportés par un film d’horreur irlandais - films trop rares à l’écran donc précieux alors ouvrez vos chakras et laissez-vous bercer par « Samhain »… Bercer ? Pas trop en fait. Ou alors un bercement grinçant, crissant comme de la craie blanche sur un tableau.
Samhain est une pastille envoûtante, captivante, subtile. On frissonne parfois, on s’inquiète beaucoup et surtout on tente de se rassurer comme on peut.
Prix du jury à Gérardmer et premier long-métrage de sa réalisatrice Kate Dolan, « Samhain » arrive sur les écrans auréolé d’un bouche-à-oreilles élogieux. Pour la petite note culture, « Samhain » (littéralement Novembre en Irlandais) est une fête celtique qui se situe la nuit du 31 octobre au 1er novembre (oui comme Halloween). C’est une fête de transition — le passage d’une année à l'autre — et d’ouverture vers l’Autre Monde, celui des dieux et des esprits.
« Samhain » est ce qu’on appelle généralement un « coming to age » (une histoire de passage de l’adolescence à l’âge adulte), un film de transition donc où l’on suit Char (sublimement interprétée par Hazel Doupe), adolescente réservée, harcelée par ses camarades de classe, dont les relations familiales avec sa mère (excellente Carolyn Bracken) sont douloureuses et qui va devoir s’affirmer et se dépasser pour protéger sa famille de l’emprise de forces surnaturelles.
Kate Dorval installe son ambiance angoissante savamment, à pas feutrés. Lentement les ténèbres vous aspirent. Et puisqu’on parle d’ambiance, la réalisatrice a fait le choix d’un film sombre, parfois crépusculaire où la lumière est distillée au compte-gouttes, les nappes de respiration quasi-inexistantes.
Clairement le métrage prend son temps pour s’installer et paradoxalement, malgré une caméra très statique, souvent figée, au près du visage de ses comédiens, on est comme happé par la situation et les personnages. Le visage de Char est une toile blanche sur lequel Kate Dolan, la réalisatrice, vient apposer ses touches de noirceur et de couleurs ocre, et y peindre détresse et passions.
Après tout n’est pas parfait. Le film n’évite pas quelques longueurs et clichés et reste trop en surface lorsqu’il s’agit d’horreur. On aurait aimé en savoir plus sur ces rites païens, sur la sorcellerie et son hérédité sororale. On s’attendait à plus de noirceur encore, peut-être plus de cruauté dans le conte. C’est dommage car dès lors qu’il creuse un peu les veines du surnaturel, les plaies s’ouvrent béantes et viennent entailler avec tranchant le confort relatif du spectateur.
Reste néanmoins une impression de langueur hypnotique qui ne manque pas de charmes et confère à ce film un parfum vénéneux de reviens-y.
Merci à Mensch Agency et à Star Invest Film France pour la projection privée du film.
Après une entrée en matière hardie qui éclaire tout le film, l'angoisse qui nous étreint est progressive, avec de multiples pistes pour repérer où se trouve le "malin" : l'oncle épileptique? la gamine collégienne harceleuse? "Les esprits passent d'un royaume à l'autre" selon les croyances irlandaises : scène horrifique de ce démon qui se balade dans les rues infestées de gentils monstres costumés! Et pour une fois l'épilogue est positif.... Pas mal du tout!
Un mélange de thriller psychologique, de film de sorcières, de film d adolescence et de drame à la Ken Loach voilà comment on pourrait décrire Samhain en quelques mots. Les actrices ont le droit à des jolis rôles et sont toutes au service d une réalisatrice qui fait un film sobre mais avec une belle montée en tension. Dommage que la matière du scénario aurait peut être mieux convenu à un moyen métrage.
Les Changelins sont, aux films fantastiques irlandais, ce que sont les orphelinats franquistes aux films fantastiques espagnols : l’idée qui surgit en priorité quand le scénariste s’attable devant le script encore vierge. Plus précisément, selon la tradition, c’est l’idée que le peuple féerique peut “échanger” une personne humaine et renvoyer à la place quelque chose qui en conserve l’apparence antérieure mais dont la personnalité semble “vide”. Ce n’est pas la première fois que cette histoire est revisitée mais c’est la première fois qu’elle est présentée selon un biais intégralement féminin (l’échange concerne une femme adulte et pas un bébé comme c’est l’usage) et dans une forme aussi austère et dépouillée, qui oscille entre intérieurs plongés dans une semi-pénombre et extérieurs gris. D’ailleurs, si ‘Samhain’ est en fin de compte plus “dérangeant” que véritablement terrifiant, il ne le doit pas à l’hypothèse fantastique du scénario. L'ambiguïté qui est maintenue durant les trois quarts du film sur la nature de ce dont souffre la mère de la jeune Char s’avère suffisante pour provoquer le sentiment d’inconfort : le film brosse un tableau convaincant des facettes les plus ingérables d’une dépression, de la même manière qu’il aborde en filigrane des thèmes comme le harcèlement scolaire et la transmission familiale, cause mais aussi solution possible à la plupart des souffrances. Sur le fond comme sur la forme, si on néglige l’explication finale qui penche clairement vers le fantastique mais qui semble presque superflue, ‘Samhain’ se rattache plus au cinéma dramatique à veine sociale qu’au cinéma de Genre : un choix qui, dans le cas présent, offre du cachet à un film basé sur un thème autrement vu et revu, même si en règle générale, j’estime que l’excès de naturalisme et l’absence de tout effet un tant soi peu démonstratif ont tendance à nuire au cinéma fantastique plus qu’à le rehausser.
Même si le jeu des acteurs est parfois un peu émoussé dans certains endroit, le scénario sera habilement mené par sa réalisatrice et scénariste Kate Dolan qui réussie avec une intelligence chirurgicale le dosage entre mystère, conte fantastique, et film d'horreur. Œuvre glaçante mais aussi très émouvante, cette nouvelle pépite de l'épouvante fait la part belle aux femmes et rend son récit plus accessible qu'un "Relic" de Nathalie Erika James. À voir absolument !
Un petit film essentiellement psychologique qui prend un tournant fantastique/horrifique à la fin. Une femme, dépressive depuis toujours, vit avec sa propre mère, bizarre au possible, et sa fille, qui subit cette situation. A-t-elle des troubles mentaux graves ou s'agit-il d'autre chose ?... L'idée de départ était plutôt intéressante, mais on a l'impression que les choses démarrent trop tard, après s'être longuement et inutilement étirées. Je suppose qu'ici on a surtout un problème de budget. Néanmoins c'est bien filmé, et si on est amateur d'ambiance familiale glauque et horrifique dans le contexte déprimant à souhait d'une banlieue irlandaise, le film fait le job, avec de bons acteurs. Le titre français "Samhain" nous fait quand même une promesse pas complètement tenue, alors que le titre original, plus banal, est beaucoup plus juste.
Un films qui ne ressemble à aucun cas à ce que la bande annonce nous vend. Un scénario sans queue ni tête qui est bancale du début à la fin. Dommage que le réalisateur n’ai pas plus approfondi le passé de char et angela, certains détails manquent et laisse un goût amer. Je suis énormément déçue.
Bonjour à tous, ce film n'est pas adapté au personne qui aiment frissonner. Il est plutôt long a démarré, et je ne suis même pas sûr qu'il est débuté. Un scénario peu entraînent et complexe. Des personnages torturéd et une issue décevante. Sur ceux, bon film ...
actrices crédibles et au jeu efficace manque d'explication sur les origines des événements et de la légende ce qui rend le résultat un peu plat alors que les autres éléments qui constituent ce film m'ont semblé très bien pensés. Y compris un usage des effets sonores très intelligent.
La scène d'ouverture est terrifiante, on dirait un rituel archaïque effrayant. L'atmosphère qui nous entoure est plutôt lugubre, difficile de dire si c'est intentionnel. Il y a tellement de chaos et de comportements inhabituels, à en juger par les expressions des personnages. On est censé être en sécurité avec sa famille, mais ce film remet en question cette idée. J'apprécie beaucoup les films d'horreur folkloriques, car ils puisent dans une richesse culturelle ancestrale. Le fait que le film se déroule en Irlande est un vrai plus, et j'ai hâte de voir jusqu'où l'histoire va nous mener. Ce film est tout ce que j'espérais du genre horreur folklorique, et j'espère que d'autres le regarderont et l'apprécieront autant que moi. Ce sera l'un des premiers films que j'achèterai en format physique depuis sept ans, avec Antichrist de Willem Dafoe.
Super nul à enlever des salles. 0 actions, 0 horreur, 0 frissons. Je n'ai même pas assez de mots pour noter ce film tellement il m'a fait perdre mon temps
Super film, très bonne ambiance, très surpris, pas très effrayant, un peu crispant, rien de méchant. Utilisation sympathique de l'histoire des changelings, peu utilisé au cinéma et d'une bonne manière. La jeune actrice est prometteuse, la mère aussi dans le rôle du changeling, bonne petite découverte !