Première incursion américaine de Duvivier qui se glisse parfaitement dans le système hollywoodien. Cette bio de Johann Strauss est endiablée, romantique, jubilatoire et mise en scène avec le brio requis. Un excellent Fernand Gravey et une Luise Rainer davantage en retrait, dans un rôle ingrat. Elle fera bien mieux plus tard.
Le film garde encore une belle vivacité notamment grâce à un Ferdinand Gravey plein d'énergie et beaucoup d'humour dans la première partie. Ensuite le film devient plus banal et vu qu'on assiste à une évocation romanesque de la vie du musicien cela n'a plus un intérêt énorme.
Une petite rareté Made In Hollywood réalisée par le grand réalisateur Made In France Julien Duvivier que ce biopic fantaisiste mais sympatoche sur Johann Strauss le deuxième du nom. Le père Duvivier, pourtant connu pour être un réalisateur sec et rigoureux, se lâche parfois complètement surtout dans la scène de la calèche. Autrement entre deux scénettes musicales, on parle d'un sujet tout de même audacieux dans l'Amérique très morale de l'époque : l'adultère. Sinon Fernand Gravey parle très bien l'anglais, Luise Rainer est un peu cabotine mais tellement délicieuse qu'on lui pardonne. Pas grandiose mais agréable et puis qu'est qu'on ne ferait pas pour ces valses à jamais indémodables que le film ne nous épargne heureusement pas pour le plus grand plaisir des oreilles.
La vision de « The Great Walz » laisse une impression mitigée. Premièrement, Duvivier n’a clairement pas la fibre « music hall », il serait sans doute plus à l’aise chez Wagner ou Prokofiev que dans du Strauss dénaturé. Pour les adeptes du concert du nouvel an, le côté musique de guinguette peut désorienter, même s’il est sans doute plus authentique que les grandioses interprétations du prestigieux orchestre viennois. Par contre la fin peine à dépasser ce niveau et la prestation au théâtre impérial (le Wiener Philharmoniker y naquit un demi siècle plus tôt) ou chansonnettes, ballet et musique se mélangent, est plus près de Mickey Mouse que des exigences de Wilhelm Jahn (directeur de 1881 à 1897), qui fit entrer la musique de Johan Strauss dans cette vénérable institution. Le mauvais Hollywood, qui annonce la couleur dès le début en disant que l’histoire a été « quelque peu romancée » (comprenez « complètement bidon ») mais que « l’esprit a été respecté »… on se demande bien lequel ! Une fois cette déviation admise, il est possible de regarder objectivement le film. La mise en image de Joseph Ruttenberg est assez inégale, comme la mise en scène. Ce qui était prévisible, Julien Duvivier et Josef Von Sternberg (non crédité) étant corrigés (nouvelles prises) par le médiocre Victor Fleming. Ainsi la scène de la calèche qui sert de source à « Wiener Wald » est d’une faiblesse insigne, paraissant interminable, alors qu’elle devait être un des sommets du film. Quant au casting, Fernand Gravet passe de l’apathie au cabotinage outrancier, donnant la réplique à la soprano Miliza Korjus dont la prestation vocale sauve la médiocrité de sa prestation scénique. Restent quelques numéros inégaux. La MGM n’était pas encore la fabrique de comédies musicales superlatives qu’elle deviendra quelques années plus tard.
Biographie fantasmée de Strauss, qui lui imagine une relation amoureuse avec sa chanteuse, et l'inspiration que celle-ci lui aurait donnée pour composer ses valses les plus célèbres.
Même si le film précise d'emblée que c'est une biographie fantasmée et que le film ne se base pas sur des faits historiques, difficile de ne pas se laisser emporter par ce tourbillon euphorisant. La mise en scène est impressionnante, plusieurs scènes sont mémorables (le concert dans le restaurant qui donne le ton complètement enivrant dès le début, la scène dans le bois, le concert final à l'opéra). Une curiosité que j'ai découverte avec plaisir!!