Je brûle de partout est un des multiples métrages érotiques de Jésus Franco, vraisemblablement tourné en 2 jours avec deux francs six sous et une floppée d’acteurs du X ou du porno soft de l’époque désireux d’arrondir leur fin de mois !
De base, le concept aurait pu se tenir, [spoiler]à savoir une sorte de maison close ambulante qui fait le plein de prostituées grâce à un couple séduisant qui enlève des gamine
s. J’ai même envie de dire, la fin, assez maline sur le papier, aurait pu donner un truc vraiment mémorable dans un film digne de ce nom. Malheureusement, rien de l’aspect thriller, polar, aventure, voire horreur du concept n’est exploité dans ce film.
On aura uniquement droit à l’aspect cul !
Du soft, mais[spoiler] du cul quand même
, et on en verra un paquet et de toutes les couleurs !
Ode au nudisme et au sexe poilu
, Je brûle de partout n’est qu’une sorte de longue et interminable
orgie sexuelle seventies
où la consigne donnée aux acteurs étaient visiblement : « trimballez-vous à poil, amusez-vous, je filme ! ». Long, ennuyeux, sans intrigue, se désintéressant totalement du propos originel, le film est en plus handicapé par des dialogues d’une invraisemblable nullité et dans ce style racoleur cradingue typique de l’époque ! Le générique parle « d’adaptation », je ne sais pas de quoi c’est adapté mais j’espère que ça a été oublié ! Calamiteux sur le fond, calamiteux sur la forme, avec une image crasseuse,
du sexe se résumant à des gros plans sur des sexes poilus et de la sueur
, Franco est en mode « j’en fiche pas une » et on aura même pas droit à quelques-unes de ses expérimentations psychédéliques qu’il affectionne. A noter des décors minimalistes,
mais la présence incontournable du bidet q
ui annonce forcément un bon vieux porno des chaumières !
Là-dessus le casting. Comme je l’ai dit, il n’y a aucune direction d’acteurs, chacun récite mollement ses rares dialogues incongrus, et clairement ils ont été choisis pour leur capacité à se dessaper. La jeune Susan Hemingway, 20 ans, est très mignonne, Brigitte Lahaie et dans son élément, mais ça ne suffira pas à relever l’intérêt d’acteurs aux fraises et de personnages totalement inconsistants, limités à leur seule capacité à partouzer.
Je dirai même que ce film enfonce le clou avec une bande son d’une platitude stratosphérique, même pour un porno !
En somme, en dehors d’un concept sur le papier qui aurait pu donner un érotique plus malin que de coutume, tout est ici improvisé et à l’avenant. Aucun soin nulle part, c’est un authentique navet du temps, un film sans propos, sans acting, sans dialogue, et qui n’arrive pas, en tant que porno soft principalement nudiste, à s’imposer même dans ce domaine par des audaces et des propositions particulières. Un long clip de cul bien mou des années 70 oubliable. 0.5[/spoiler]