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Olivier Barlet
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4,0
Publiée le 4 août 2021
Feathers est proche de la bande dessinée, progressant de case en case dans un décor restreint, sauf que tout y est sordide et monochrome. Cet assistant-réalisateur de Yousry Nasrallah, explorait déjà l'humour noir dans "La Suite de l'inauguration des toilettes publiques au kilomètre 375", qui avait été sélectionné par la Cinéfondation à Cannes en 2014. Il décrivait une société kafkaïenne où un fonctionnaire cherche trop à s’excuser d’avoir éternué durant une inauguration et finissait par se faire virer. Basé sur La mort d’un employé fonctionnaire d’Anton Tchekov, il évoquait l’univers glacial d’Europe de l’Est dans le gris poussiéreux des administrations… Dans la même ligne monstrueuse, produit par Mohamed Hefzy, l'incontournable promoteur du cinéma d'auteur en Egypte, déprimant mais incroyablement vraisemblable grâce à la magie des décors, du cadre et de la mise en scène, l'univers théâtral absurde et étriqué à la Kaurismäki de Feathers (les plumes) est apocalyptique. Tout y est sale et étouffant, mais est-on loin de l'angoissante réalité de la dictature ? Un prestidigitateur transforme en poule un chef de famille méprisant et autoritaire mais ne peut le faire réapparaître, laissant sa femme désarçonnée trouver un espace inespéré et le film devenir comédie surréaliste. Ici encore, la forme est radicale pour que s'installe la métaphore, mais si le pari est gagné, c'est que le bouchon n'est pas poussé plus loin, sans prétention autre que le froid développement de la farce. (compte-rendu du festival de Cannes sur Africultures)