De l'amour
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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 avril 2026
Avant de devenir le maître du polar musclé avec Mesrine, Jean-François Richet signait avec De l'amour et la une œuvre à fleur de peau, d'une sécheresse sociale qui n'a rien perdu de sa force vingt-cinq ans plus tard.

La Vigueur du réel : Le film ne triche pas. On est plongé dans le quotidien de Maria (Virginie Ledoyen, incandescente), une jeune ouvrière prise dans l'étau d'une société qui semble avoir déjà écrit son avenir. La caméra de Richet est nerveuse, directe, sans fioritures esthétiques inutiles. La scène de la garde à vue, d'une tension étouffante, est un modèle de vigueur narrative : elle montre la violence institutionnelle avec une précision chirurgicale qui glace le sang.

Une Structure monolithique : Si le film n'atteint pas la note maximale, c'est par son côté parfois trop frontal. La structure est un bloc de béton, implacable, mais qui manque parfois de ces nuances de gris ou de ces respirations qui font les grands chefs-d'œuvre. La colère du réalisateur est si présente qu'elle prend parfois le pas sur la subtilité des personnages secondaires, rendant le récit un peu prévisible dans sa trajectoire tragique.

Pourquoi ce film mérite d'être réhabiliter
Il est proprement injuste que De l'amour soit resté un "film fantôme" dans l'histoire du cinéma français. Là où tant de productions actuelles se contentent de frôler la réalité avec des gants de velours, Richet y allait à mains nues. C’est un film qui possède une "chair" et une vérité sociale que l'on ne retrouve plus. Il mérite d'être redécouvert, non seulement pour la performance habitée de ses acteurs, mais pour sa capacité à filmer l'invisible — cette jeunesse qui se bat pour exister dans les angles morts de la République. Le voir aujourd'hui, c'est comprendre d'où vient la force du cinéma de Richet : d'un béton armé d'honnêteté.

En résumé : Un film "coup de poing", imparfait mais nécessaire. Un 3,5 solide qui salue une œuvre courageuse, injustement oubliée par le grand public, et qui prouve qu'un petit budget avec de grandes convictions battra toujours un blockbuster sans âme.
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