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Christian B.
20 abonnés
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3,5
Publiée le 19 décembre 2013
Un film pas trop mal sur la crise en Irlande et la monté du nationalisme , quand la pauvreté arrive il faut faire porter lle chapeau à quelqu'un , la lutte d'une famille pour survivre , le regard attendrissant d'un enfant bloqué aussitôt qu'il est impressionné pour parler , j'ai trouvé le film bien , sans plus certe , mais on passe un bon moment à le regarder
Gentil film qui dénonce de manière excessive les méfaits de la religion et la misère sociale qui la nourrit. Ce film caricatural est cependant rendu sympathique par le personnage du petit Liam qui fera craquer toutes les mamans.
A voir pour ce petit Liam qui traverse le film comme un ange déambulant au milieu des humains. Le reste pêche parfois par excès de lourdeur, de nuances. A trop vouloir valoriser le réalisme, Frears oublie l'émotionnel, petit fil conducteur qui mène le plus souvent les grandes œuvres.
La crise des années 30 vue par les yeux d'un petit garcon mutique et témoin stoique des conséquences de l'arrivé de la pauvreté dans sa famille. Stephen Frears pose son regard tendrement ironique mais sait aussi se faire grave (la montée de la colère et par la-même du fascisme) à l'évocation de cette chronique familiale. C'est mis en scène de facon assez théatral, donnant au film un charme désuet et caricatural.
Dès le début je n'ai pas accroché. L'ambiance et le rythme sont bizarres, les personnages et le jeu des acteurs apparaissent peu naturels. Le scénario n'est pas franchement subtil et ne profite pas du poids historique de la période. tout cela se retrouve dans un montage pas très jojo, même si certains croit y voir un style. Bref ce n'est pas du Ken Loach.
Dans une tentative louable mais périlleuse de démontrer que Ken Loach n'a pas le monopole du coeur britannique, Stephen Frears délivre ici un film social un brin classique, plombé par une narration bancale mais avec d'autres qualités.
Le parti pris de placer le film à hauteur d'enfants fonctionne plutôt bien et on suit avec plaisir ces personnages qui doivent slalomer entre rigueur religieuse, pauvreté avilissante et tensions familiales. Une mélancolie tangible se dégage des lumières crémeuses de cette Liverpool au ralenti, balayée par la Grande Dépression et bercée par la musique d'un John Murphy qu'on retrouve avec plaisir après qu'il ait signé la même année la BO de "Snatch" de Ritchie.
Mais au delà de ce volet sensoriel plutôt réussi, force est de constater que le film a du mal à trouver du sens et une cohérence globale. On a souvent l'impression d'assister à une suite décousue de séquences pas franchement liées les unes aux autres, sentiment aggravé par un montage qu'on qualifiera gentiment d'hasardeux, qui va beaucoup trop vite et écrase les destins de cette famille. On est ici dans un rare cas où les scènes sont trop courtes, ce qui sape une bonne partie de l'empathie que le film cherche pourtant clairement à générer vu le misérabilisme constant sur lequel il joue. Cette situation paradoxale n'est pas aidée par un manque criant de contexte historique amené par le film; sans un bagage préalable, il n'est pas évident de comprendre ce qui se joue ici et les affrontements qui sous-tendent le métrage. Enfin, on reprochera des thématiques seulement effleurées "histoire de" (comme le volet politique) ainsi qu'une fin qui rivalise d'invraisemblance pour essayer désespérément de raccrocher les wagons scénaristiques échoués ci et là.
Pour autant, la vérité c'est que ces défauts s'effacent bien vite devant le visage angélique du petit Liam qui illumine littéralement le film et qui fera fondre même les coeurs les plus endurcis avec son bégaiement, objectivement très forcé mais extrêmement attendrissant, ses gambadements et ses confessions chantées.
Les plus pragmatiques diront que ça ne suffit pas à faire un bon film et que le tire-larmes est grossier - et ils auront probablement raison - mais c'est aussi ça le cinéma: c'est accepter parfois de perdre un peu de son discernement et s'autoriser à être mystifié par un détail.