Après un premier spin-off raté en prises de vue "normales" et une très courte série Snapchat (oui ça existe et ça avait un certain potentiel), retour au véritable format de la franchise qui d'ailleurs ne s'arrête plus depuis son retour en 2021 puisque nous avons un nouvel épisode chaque année ! Comme d'habitude, le film a son lot de bons et moins bons mais on est dans l'ensemble quand même dans quelque-chose de réussi, qui se rapprocherai même du deuxième opus dans la qualité qui reste, jusque-là pour moi, le meilleur de la franchise. Bref, une fois n'est pas coutume, je vais y aller étape par étape.
Pour commencer, le fil conducteur, "Holy Hell" reprend un peu l'esprit de celui de "Viral" mais étant dans un prequel aux trois premiers, ce n'est pas une suite. Comme le titre l'indique, nous sommes en 1994 et nous suivons une équipe d’intervention faire irruption dans une sorte de secte dont les membres ont succombé à certaines vidéos. Dans l'idée, ça rappelle donc pas mal "Viral" où les vidéos étaient justement devenues virales. Pas de maison isolée comme dans les deux premiers donc, c'est pas mal mais je préférai l'ambiance, encore une fois, du deuxième opus, plus flippante et malsaine. Néanmoins, ce fil conducteur permet d'avoir plus de fluidité entre les segments puisqu'à chaque fois que l'équipe rentre dans une pièce, la caméra s'approche lentement d'un des écrans pour lancer le court-métrage, ce qui donne un aspect un peu moins brouillon.
Le premier d'entre eux, "Storm Drain" nous fait comprendre que nous sommes revenus dans du found footage dans sa forme la plus brute - à l'inverse de pas mal de segments du troisième opus - avec un aspect vieillot (et pour le coup, beaucoup de techniques ont été mises en places pour avoir cet aspect VHS) avec un procédé narratif qui rappelle celui de "[REC]" puisque la caméra est également justifiée par une journaliste et son caméraman. Le segment est bon, possède quelques très bons jump-scares et dont la qualité repose surtout dans sa simplicité (comme tous les bons found footage finalement).
Il en est de même pour "The Empty Wake" qui est pour moi le meilleur du film ! Une jeune femme doit tenir une veillée funéraire mais s'aperçoit que le cercueil bouge un peu C'est d'une simplicité sans nom ! De même que dans la mise en scène d'ailleurs avec des caméras principalement fixes ou un POV très bancal. Ainsi, il ne se passe rien durant la plupart du temps mais c'est comme dans "Paranormal Activity", on adhère ou non, j'avoue être très friand de ce procédé puisque cela permet à l'ambiance de s'installer et pour le coup, l'ambiance ici est excellente. Notamment grâce au lieu déjà angoissant, aux décors (tourné dans un vieil hôtel datant des années 90), à la photographie et encore une fois à la texture visuelle très granuleuse, nous rappelant les K7 de nos grand-parents.
Tout l'inverse avec le troisième segment, "The Subject" à la texture visuelle beaucoup plus moderne mais étant relativement cohérente avec son récit. Puisque nous suivons un médecin un peu fou qui a décidé de fusionner humains et machines. On se situe un peu entre "Tetsuo" et les jouets de la chambre de Sid dans "Toy Story" (fallait le faire !), c'est délirant à souhait tout en étant drôle et assez triste à la fois mais c'est un peu long à démarrer. Et puis ça fait presque tâche avec les deux premiers.
Le quatrième, "Terror" renoue quant à lui avec l'aspect vieillot dans le rendu visuel mais c'est clairement le maillon faible ! C'est long à se mettre en place et puis quand ça se met en place, ça reste décevant. C'est tout simplement bof, à l'instar de pas mal de segments du premier opus finalement.
Ainsi, malgré ses faiblesses, ce "V/H/S/94" aura tout de même fini par me convaincre en étant à la fois flippant, crade, délirant et angoissant... bref, un vrai retour aux sources !