C'est l'une des citations les plus célèbres de l'histoire de la philosophie occidentale, et sans doute la phrase la plus connue de Jean-Paul Sartre :
« L'enfer, c'est les autres. » Sa notoriété, cependant, n'empêche pas les incompréhensions.
Et j'ai trouvé une allégorie puissante de cette citation dans le film Soudain seuls de Thomas Bidegain et de Valentine Monteil, avec Gilles Lellouche, Mélanie Thierry.
Allégorie de l'Amour mais de la solitude aussi.
Synopsis : En couple depuis 5 ans, Ben et Laura ont décidé de faire le tour du monde en bateau. Avant d'atteindre l'Amérique du Sud, ils font un détour vers une île sauvage, près des côtes antarctiques. En pleine exploration, une tempête s'abat sur eux et leur bateau disparaît. Éloignés du monde, soudain seuls face au danger et à l'hiver qui approche, ils vont devoir lutter pour leur survie et celle de leur couple.
L'enfer c'est l'autre, et rapidement on sent la tension montait entre Ben et Laura. Gilles Lellouche comme à son habitude ces derniers temps joue remarquablement bien ce rôle d'un homme un peu paumé, amoureux, parfois agressif, la réplique lui ai donné par Laura, jouée par Mélanie Thierry, melange de fragilité et de force er qui va au fil du film prendre toute sa place.
Cette place si précieuse que nous occupons dans toutes relations, quelles soient amicales ou amoureuses. De victime à bourreau, on se rend compte dans ce joli drame que la frontière est tenue. On passe d'un état à un autre et le réalisateur filme au plus près des visages ou chacun à leur tour, nous découvrons leurs doutes, leurs failles mais aussi leur amour. Et si l'enfer c'est les autres, le film nous renvoie à nous même et à notre propre solitude.
La question que pose le film est, sommes nous mieux seul ou accompagné ? Je ne vous donnerai pas la réponse et regardez Soudain seuls, vous aurez une réponse ou du moins une des réponses.
Ce n'est pas une guerre de tous contre tous, de Ben contre Laura, de l'homme contre la femme, mais un drame intérieur à la conscience, qui se découvre exposé au regard d'autrui.
Quel regard je porte sur autrui et l'autre n'est il pas un miroir pour moi. Ben dans le film mais Laura aussi vont pouvoir vérifier à la lettre si l'enfer c'est l'autre...
Le film bénéficiant aussi de paysages désertiques et sublimes propices à la contemplation et à la méditation.
Vous l'avez compris, j'ai aimé ce film minimaliste mais qui en dit tant sur l'humanité et l'amour, je concluerais par une phrase de Jean-Paul Sartre : "
" Ma chute originelle, écrit Sartre, c'est l'existence de l'autre. Non pas en raison d'une quelconque faute, mais parce qu'autrui fait de moi une chose ou un objet dans le monde."
Et Ben...et Laura