Jane Campion, réalisatrice de La Leçon de piano, a tellement aimé Vermiglio ou La Mariée des Montagnes qu'elle a publié une lettre ouverte en janvier 2025. Alors que les votes pour les Oscars s'ouvraient, son texte, dont voici un extrait, avait pour but de soutenir le film aux yeux de l'Académie : "Je nourris par ailleurs une grande admiration pour l’extraordinaire maîtrise dont fait preuve Maura Delpero en tant que cinéaste, qui a dirigé une œuvre d’une telle ampleur avec autant d’assurance et de maturité. Je me suis sentie constamment captivée et immergée dans son univers. Au début, je pensais que le film allait raconter une sorte d’idéal doux et ancien, mais il s’est avéré qu’il s’agissait de l’histoire d’un amour naissant suivant les hauts et les bas de la vraie vie – la mort, la trahison… J’ai adoré tout cela et ressenti une profonde confiance dans la vision qu’a Delpero de la vie, dans la manière dont elle saisit le véritable drame de la vie réelle. VERMIGLIO est un cadeau."
Maura Delpero a eu l'idée de Vermiglio ou La Mariée des Montagnes suite au décès de son père. Quelques mois après sa disparition, elle le voyait en rêve : "Il était revenu dans sa maison d’enfance, à Vermiglio. Il avait six ans et les jambes d’un capricorne. Il me souriait, édenté, et portait ce film sous son bras : quatre saisons dans la vie de sa grande famille. Une histoire d’enfants et d’adultes, entre morts et naissances, déceptions et renaissances, de leur union dans les virages de la vie, de leur chemin de la collectivité à l’individualité."
Elle décrit son film comme "un paysage de l’âme, un « lexique familial » qui vit en moi, au seuil de l’inconscient, un acte d’amour pour mon père, sa famille et leur petit village. Traversant une période personnelle, il veut rendre hommage à une mémoire collective."
À l'instar du précédent long-métrage de Maura Delpero, Maternal, Vermiglio ou La Mariée des Montagnes fait la part belle aux personnages féminins. La réalisatrice explique : "j’ai ressenti une inclination à parler des femmes, pour des raisons personnelles et idéologiques. D’un côté, j’avais envie de les mettre au centre, de renverser une tendance du cinéma classique. De l’autre, cela me semblait naturel. Quant à la maternité, je me suis aperçue qu’elle était un fil rouge dans mon travail. C’est un sujet que je n’avais pas décidé d’aborder mais qui s’est imposé."
Pour recréer l'atmosphère si particulière des villages isolés, comme celui où se déroule le film, la réalisatrice s'est immergée longuement dans les lieux qu'elle dépeint. Ainsi, elle a passé beaucoup de temps dans la maison où sa grand-mère a donné naissance à ses enfants, où son père et ses frères et sœurs ont grandi. Elle s'est aussi reposée sur un album photo familial, qu'elle avait déjà bien en mémoire.
Vermiglio ou La Mariée des Montagnes a remporté le Lion d’Argent (Grand Prix du Jury) à la 81ème Mostra de Venise. Le film a aussi été nommé dans la catégorie "meilleur film étranger" aux Golden Globes.