C'est la solitude que je retiens le plus. La deuxième partie ou l'enfant erre avec ses questions et sa culpabilité. Malgré tout j'ai été beaucoup plus touché par "fille". Ici il y a certes une pudeur mais des émotions trop appuyées et pas assez retenu pour émouvoir totalement. Une mise en scène par contre que je trouve très belle
Dieu sait si j'avais apprécié le premier film de Lukas Dhont, Girl, que j'avais découvert avec émerveillement dans la section Un certain regard du Festival de Cannes 2018.
C'est donc avec une grande impatience que j'attendais le deuxième film du jeune Belge, présenté cette fois-ci en compétition officielle, à Cannes 2022.
Pour commencer, il faut dire que ce deuxième film possède bien des qualités que l'on découvrait avec stupéfaction dans Girl : une sensibilité à fleur de peau, une faculté hors du commun pour capter les toutes petites émotions du quotidien et une empathie générale qui englobe tous les rôles sans exception (et jusqu'à la nature dans ce film). Ses qualités s'expriment aussi bien à travers la mise en scène (précise, épurée, élégante) que par la photographie, magnifique.
Cette histoire d'amitié floue entre deux jeunes garçons est donc tout à fait estimable et emporte globalement l'adhésion, tant la délicatesse qui l'irrigue est exceptionnelle dans le cinéma contemporain.
Il est toutefois assez nettement en retrait de son prédécesseur par certains points. L'évènement central autour duquel pivote le film est un peu lourdement amené, et ne m'a pas entièrement convaincu. La deuxième partie du film m'a paru de fait un peu plus convenue que la première, même si l'interprétation d'Emilie Dequenne y atteint des sommets. La répétition de certaines scènes (les courses dans les champs) peut aussi lasser, ainsi que l'étiolement d'un scénario qui, à force de vouloir éviter le sujet principal du film, finit peut-être par le rater.
Un film lumineux, réduit à l'os, dans lequel tout ce que l'on voit passe par le regard de Léo, joué par un jeune acteur fabuleux, Eden Dambrine, et une deuxième brique intéressante dans une carrière qui s'annonce riche et passionnante.
S'il est un moment charnière dans une vie c'est bien celui de l'adolescence ; Age durant lequel on se cherche une identité, on expérimente.
"Close" montre bien cela à travers la relation de deux jeunes garçons dont l'amour/l'amitié qu'ils se portent va se confronter au regard des autres et au désir de changements de l'un des deux. Film dur mais Ô combien touchant et puissant ! Le cinéaste Lukas Dhont traite ses sujets et ses personnages avec beaucoup de sensibilité et de subtilités. Les ficelles du scénario restent basiques mais cela n'enlève rien aux émotions qu'il véhicule. Mention spéciale aux deux jeunes acteurs.
Avec une économie de dialogues, beaucoup de pudeur et une sensibilité infinie, Lukas Dhont explore une nouvelle fois le mal-être adolescent à travers une histoire d’amitié exclusive qui tourne mal. Il s’impose comme un fin observateur de cet âge de transition faisant le deuil de l’enfance et comme un excellent directeur d’acteurs.
D'une intensité bouleversante, ce parcours initiatique dans la maturité qui construit un enfant se révèle d'une force, grâce à l'incroyable interprétation de son jeune acteur, présent sur chaque plan. Pudique, sans aucun pathos, la caméra s'attarde au plus près des regards, des non-dits alors que la relation fusionnelle entre ces deux adolescents penche vers un besoin d'émancipation de l'un et à la déchirure de l'autre, puis la culpabilité, le déni, la reconstruction. Du grand cinéma pour un scénario qui aurait être d'un ennui total et qui pourtant poursuit le spectateur longtemps après le générique. Décidément, le cinéma belge flamand est maître dans ces films d'une psychologie puissante.
De très belles images, pour un film poignant sur l'enfance détruite suite à un drame. Met un peu de temps à vraiment démarrer, mais au final, terriblement touchant, avec des comédiens incroyables !
Ça faisait un petit moment que je voulais le voir et c'est enfin chose faite. L'histoire est assez touchante mais ce que je retiens surtout, c'est la prestation du protagoniste, le petit blond est vraiment incroyable. Cependant, le petit brun est insignifiant et je trouve ça dommage même si au final il est un second rôle. Casting intéressant, belle photographie et des situations où l'on a tous été confrontés au moins une fois. Après, je trouve dommage que l'on joue un peu trop sur le côté dramatique quasiment tout le long avec une bande originale un peu clichée. Je trouve aussi que certaines soient trop longues notamment la fin. Dans l'ensemble, c'est plutôt réussi mais je suis même pas étonné du fait que c'est le cinéma belge. Je pense qu'il plaira à beaucoup de monde sur un panel très élargi. 12/20.
Après "Gilr", Lukas Dhont réalise un nouveau film très touchant sur le passage à l'adolescence et la difficulté de trouver sa place quitte à blesser ses proches. Sans artifice, nous suivons ces deux amis qui se séparent à cause du regard des autres. L'histoire est très bien ficelée, la mise en scène est esthétique et colle au sujet, les acteurs sont très bien choisis. Emilie Dequenne est époustouflante. Un film magnifique qui mérite d'être montrer aux jeunes adolescents.
Deux jeunes ados de 13 ans vivent une amitié hors norme. Amis depuis toujours, ils sont fusionnels ; mais l’entrée au collège va bouleverser leurs repères et briser une amitié qui ne saura résister au regard des autres. Grand Prix du jury au Festival de Cannes, ce second film du jeune réalisateur belge Lukas Dhont (31 ans) va diviser la critique par son aspect mélodramatique que certains considèrent comme profond et d’autres tire-larmes. Pour mon compte, j’ai été séduit par ce récit qui cerne tellement bien la puissance des amitiés enfantines, si proches de l’amour. Et ce n’est surtout pas qu’un simple mélodrame puisqu’un des sujets majeurs consiste à montrer comment le regard extérieur peut dénaturer des sentiments innocents. Là, au collège, la proximité affective des deux jeunes ados va être mise à rude épreuve ; leur intimité et innocence ne pourra résister à l’épreuve des codes traditionnels hétéronormatifs. Soit tu rentres dans le moule, soit le système et la norme te brisent ; et à cet âge, l’un va se détourner de l’autre pour s’intégrer quitte à briser beaucoup plus qu’une amitié. Au-delà de cette relation amicale intense, Dhont montre d’autres relations fortes ; celles entre les mères et les garçons sont émouvantes et pleine de sens. Les deux jeunes comédiens (Eden Dambrine et Gustav de Waele) et les deux comédiennes sont au cœur de cette émotion ; Léa Drucker et surtout la toujours très émouvante Emilie Dequenne. Lukas Dhont filme ce drame avec beaucoup de pudeur, joue avec les silences, les regards ; tous les enjeux sont posés à chaque fois, avec une grande économie de mots. L’incommunicabilité entre des personnes pourtant extrêmement proches est une des sources du drame, de la culpabilité et de la douleur ; et c’est avec ce choix qu’il l’affirme haut et fort. Et pour éviter le côté larmoyant que pourrait produire le film, il maintient toujours à distance le cœur du drame grâce à des ellipses opportunes. Je vois malgré tout ce qui pourrait agacer et que je qualifierai seulement de facilités de jeunesse. Les deux ados passent leur temps à courir ou rouler à vélo dans un cadre chatoyant et bucolique quand tout va bien, signe de vitalité et vie mener à 100 à l’heure ; signe d’insouciance. Puis à la fin de film, on marche, on se tourne et on regarde la caméra de face ; signe que l’on a muri, grandit et appris beaucoup de cette expérience. Ce sera mon seul reproche, mais si minime au regard de l’émotion ressentie. A voir, le cinéma belge regorge de talent et d’un goût prononcé pour le mélodrame de qualité.
Un film touchant, tout en pudeur et en subtilités. Lukas Dont parvient à diriger ses jeunes acteurs à la perfection dans cette histoire d'amitié contrariée. On regrettera cependant l'excès d'esthétisme un peu vain, illustré notamment par la multiplication des scènes de travelling à travers champs avec des couleurs ultra saturées dignes des meilleurs filtres Instagram.
Un film joli, bien réalisé, touchant , avec un très bon acteur principal , mais pour 1h44, le film ne raconte pas grand chose et présente quand même quelques longueurs.
C’est la loi des séries, je ne ressens pratiquement rien sur deux sujets forts : « Vous n’aurez pas ma haine » et là « Close » ! Serais-je victime d’une étrange contamination m’empêchant de ressentir de belles émotions ?
Je ne voudrais pas saper l’ambiance générale, mais j’ai nettement préféré « Girl » à ce « Close ». Pourtant, il y a matière à ressentir mais je suis resté légèrement à distance. Légèrement parce que l’interprétation d’Eden Dambrine dans la peau de Léo a bien été le seul intérêt du film. J’ai vraiment apprécié son jeu d’acteur. Jeune acteur prometteur qui a su jouer avec sobriété l’ambiguïté du trouble qui le tenaillait. Dans cet enfermement d’émotions qu’il se refusait d’éprouver. Lukas Dhont a un don pour diriger de jeunes acteurs débutants ; c’était déjà le cas avec Victor Polster dans le rôle difficile de Lara de son précédent film « Girl ». Consolation : le jeu d’Eden Dambrine ne m’aura pas laissé à distance.
Après le magistal Girl, Lukas Dhont revient nous épater avec ce drame poignant, à l'écriture ciselée de bout en bout. L'histoire, d'une juste absolue, ne tombe jamais dans le mélo facile et est portée par un casting criant de vérité, l'excellent Eden Dambrine en tête.
CLOSE, film d'un jeune réalisateur belge, primé à Cannes, aborde un thème délicat, l'amitié d'enfance entre deux garçons mise à l'épreuve au moment du passage à l'adolescence et la confrontation brutale au regard des autres dans la cour du collège. Au final, on en retient son approche sensible et très pudique d'un sujet dramatique au sens le plus fort, et surtout un récit porté par un casting parfait pour les deux ados (qu'il est beau ce Léo!) et leurs mères (Drucker/Dequenne). Dhont parle probablement un peu de lui, plus que d'un phénomène social de génération, mais il laisse le spectateur inventer ce qui se passe dans la tête des protagonistes. Certes sa mise en scène n'a pas le brio ou l'inventivité d'un Dolan, mais la finesse psychologique est de la même veine. PS L'adjectif anglais close veut dire proche de mais le verbe to close évoque une relation finie, une porte qui se ferme… Quel choix pertinent! cinéma - novembre 2022
La force de l'interprétation où l'émotion est rarement contenue des deux enfants constituent la force indéniable d'un film au scénario fragile. A l'opposé de la narration de précédent film de Lukas Dhont, à la limite du concept mais aussi plus organique, celui-ci verse plutôt avec un certain talent vers le romanesque pur. Solaire, à travers les longues courses dans les champs, la mise en scène est assez sage mais non dénué de talent. La relation fusionnelle des deux pré-adolescents est filmée avec une vraie pudeur, sans cliché. Cependant, le récit est parfois assez prévisible (nous voyons bien l'homosexualité présente chez un des garçons à travers les mimiques, la voix et le choix de la pratique d'un instrument de musique versus chez l'autre protagoniste, le choix de pratiques sportives parfois violente). Close est efficace mais avec sa dose de simplisme (la fracture, le plâtre ôté après la révélation). Une belle photographie, malgré un usage trop fréquent de gros plans au début du film, une Emilie Dequenne dans un de ses meilleurs rôles et une volonté larmoyante bien dosée font de ce film une assez bonne réussite.