L'année 1546 et l'affaire Anne Askew sont bien décrites par son ampleur même si la relation avec la reine dans le film reste en réalité sujette à caution. Etonnament, le personnage de Askew tend à disparaître au fil du récit ce qui est peu cohérent au vu de l'importance qu'on lui donne au début. Mais ensuite, effectivement, c'est bel et bien la reine Catherine Parr qu'on savoure à suivre dans les méandres de la cour, et qui tente surtout de survivre face au roi, roi à l'origine prince beau fort et athlétique devenu un ogre répugnant et dangereux. Alicia Vikander offre toute sa finesse et sa douceur à son personnage, belle et intelligente reine qui fait montre de toute sa malice humaine et politique pour convaincre son époux de sa loyauté. Mais le plus impressionnant reste Jude Law, métamorphosé en Barbe Bleue abject et mourant mais toujours tyrannique et imprévisible. Mais le soucis est que le film vire de plus en plus vers un film de fiction oubliant du même coup que la vérité historique (encore et toujours !) n'avait nul besoin d'artifice. Le pire arrive avec le dernier acte, complètement faux sur le fond (historique) et même grotesque sur la forme. Cette conclusion gâche tout alors que le film était jusque là plutôt réussi avec un effort sur la véracité des faits, notamment sur les personnages et les coulisses du pouvoir. Site : Selenie.fr
Henri VIII, roi d'Angleterre et d'Irlande entre 1509 et 1547, a eu 6 épouses : une est morte en couche, deux ont été décapitées sur son ordre, deux autres ont été répudiées à sa demande (un roi charmant donc !). Ce film nous propose de suivre sa fin de vie auprès de sa 6ème femme, Catherine Parr, alors qu'il est de plus en plus diminué par une jambe gangréneuse. Cette reine, avec son intelligence et sa force de caractère, va tenter de garder sa place et son rang dans un environnement totalement méphitique entre son mari, l'église, et les possibles traîtres à la cour... Un bon casting (Jude Law, Alicia Vikander), une reconstitution d'époque convaincante, une atmosphère malsaine bien poisseuse, et une histoire somme toute assez prenante durant les 120 minutes de ce drame historique : qui sortira vainqueur de cette partie d'échecs grandeur nature ? Le Roi ? La Reine ? ou une autre pièce de l'échiquier ? Une intrigue de palais à découvrir sans sourciller ! Site CINEMADOURG.free.fr
Un beau film historique, un peu différent des productions habituelles, axées plus sur du grand spectacle, des combats et aventure, des grands effets spéciaux. On est ici dans une analyse psychologique qui colle au sens de l’histoire et à sa vérité chronologique. C’est le côté dramatique, voir tragique qui est mis en avant. Cette jeune reine 5 ème épouse du roi Henri VIII, violent et tyrannique, essaie de naviguer et de sauver sa peau face à la folie meurtrière de son époux. On comprend bien le rôle inférieur de la femme, même reine, et toute la diplomatie nécessaire. Elle s’occupe avec affection des enfants précédents du roi (dont la future reine Elisabeth), mais son challenge reste d’avoir son propre enfant, et plutôt un garçon qui serait alors héritier du trône, son futur protecteur. Mais elle fera une fausse couche. L’atmosphère du moyen âge est très bien décrite, par des petites détails qui sonnent juste, la difficulté de l’hygiène, de la médicine, le rapport aux animaux, le banquet à la cour, les dames de compagnie, tout cela sonne juste, très soigné, dans le détail. C’est un drame Shakespearien remis dans son époque, dans son jus. Tous les acteurs sont excellents, mais bien sûr la palme revient à Jude Law, et sa transformation phénoménale, on ne le reconnait pas et bien sûr à Alicia Vikander , qui tient là un de ses meilleurs rôles , tour à tour fragile, séductrice, blessée, courageuse, pro-active, elle est au sommet de son art, et joue toutes les sensations possibles. Top.
Peu nombreux sont les films d'époque soignés qui s'aventurent dans l'Europe du XVIème siècle, rien que pour cela, Le Jeu de la Reine vaut le détour, pour les amateurs du genre. Ces quelques années de l'histoire de Catherine Parr, dernière épouse d'un roi monstrueux dans tous les sens du terme, sont un matériau riche pour les scénaristes. Complots, dangers, pouvoir, trahisons, amours contrariés, tout y est. Le Jeu de la Reine s'offre en plus le plaisir d'une réécriture féministe savoureuse, même si peut-être un peu opportuniste, de cette histoire. Alicia Vikander est magnétique, et Jude Law parfait dans ce rôle à contre-emploi.
On ne peut nier la déception provoquée par « Le jeu de la Reine » au sujet ô combien intéressant si on aime l’histoire et les films d’époque. Mais quand on compare à des œuvres du même acabit, que ce soit le film mettant en scène ce même roi et sa femme précédente, le sympathique « Deux sœurs pour un roi » avec Natalie Portman et Scarlett Johansson, ou des séries comme la mythique « Les Tudors » ou la plus récente et excellente « Mary & George », ce long-métrage fait pâle figure en comparaison. Et quand on sait que l’homme à la barre de ce drame historique mâtiné de suspense est le talentueux Karim Aïnouz, qui nous a offert le sublime « La Vie invisible d’Euridice Gusmao », on est encore plus désappointé. Même si cette année il a eu droit à sa seconde sélection officielle en compétition à Cannes avec le très bizarre et peu aimable « Motel Destino » qui n’était pas plus convaincant que « Le jeu de la Reine ».
Déjà, l’interprétation laisse à désirer. Alicia Vikander est un peu effacée et son jeu manque ici du charisme nécessaire pour nous faire vibrer et ressentir ses craintes tout comme la rébellion de son personnage contre l’Église et son mari. Celui-ci, Henri VIII, est célèbre pour son physique ingrat, ses nombreuses conquêtes (six femmes au destin tragique pour la plupart) et sa réforme de l’Église qui a abouti à la branche anglicane et protestante du christianisme. Jude Law, bouffi et décati, a choisi un jeu extrême, parfois proche de la bouffonnerie, pour le représenter tandis qu’il est rongé par la maladie et on hésite donc entre qualifier sa prestation de géniale ou ridicule. Quant aux seconds rôles dont Eddie Marsan et Sam Riley, ils ne sont guère mémorables. Et concernant la mise en scène du cinéaste brésilien, elle est austère et pas forcément agréable à l’œil en plus de ne pas vraiment avoir de personnalité, ce qui est étonnant vu la beauté de celle opérée sur « La Vie invisible d’Euridice Gusmao ».
On subit donc un peu les deux heures du film qui est un peu lent et dont les intrigues de couloir finissent par tourner en rond. Le cinéaste a insufflé un côté féministe louable à son film mais celui-ci prend le pas sur la vérité historique et c’est un peu gênant si l’on se renseigne sur la manière dont s’est déroulée cette page de l’Histoire. La partie sur l’Église et ses contestataires est, en outre, mal expliquée pour qui ne connaît pas cette période de la royauté britannique. On a quelques moments de tension plutôt bien négociés quant au sort de cette Reine mais en revanche l’émotion est aux abonnées absentes. « Le jeu de la Reine » est donc une œuvre pas vraiment réussie et fort décevante au vu du potentiel de son casting, de son histoire et de la manière dont elle aurait pu être abordée, on restera donc quelque peu sur notre faim et deux heures d’ennui poli.
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Porté par deux têtes d'affiche d'exception, Alicia Vikander et Jude Law, Firebrand, improprement traduit par un Jeu de la Reine (qui se référerait plutôt au Queen's Gambit, titre anglais de la série Le Jeu de la Dame, qui n'a rien à voir sinon le propos féministe), propose une relecture des dernières années du règne d'Henry VIII à travers des lunettes contemporaines, très contemporaines. On pourrait en être choqué mais si on observe les oeuvres récentes concernant cette période, force est de constater que, depuis Shakespeare, l'histoire réelle a systématiquement été un prétexte à l'anachronisme, des Tudors (Michael Hirst, 2007-2010) à Wolf Hall (Peter Kosminsky et Peter Straughan, 2015-2024) en passant par The Spanish Princess (Emma Frost et Matthew Graham, 2019-2020). Alors pourquoi ne pas faire du protestantisme naissant un mouvement de révolte populaire, féministe et républicain, bref un mouvement révolutionnaire à l'image de ce que sera, plus de quatre siècles plus tard, le communisme ? Historiquement parlant, ça a du sens.
A la réalisation, on retrouve le kabylo-brésilien Karim Aïnouz, auteur controversé dans son pays et auréolé par la critique internationale et, au scénario, deux femmes, les soeurs Jessica et Henrietta Ashworth, qui ont adapté le roman d'une troisième, Elizabeth Fremantle... dont le titre original est The Queen's Gambit. On comprend mieux les soucis avec les titres. Visuellement parlant, les scènes alternent les prises de vues classiques et les photos décalées, en avant-plans de trois quarts profils et arrière-plans en flou volontaire, soulignant la distance entre ce qui est pensé et ce qui est énoncé, coeur de l'histoire. Au rayon des défauts, on soulignera un montage effectué à la machette et une musique parfois envahissante, façon film d'horreur, qui desservent la fluidité et l'intelligence de la narration. Au niveau des costumes et des décors, volontairement austères, on regrettera principalement l'usage des fausses barbes, d'un ridicule consommé.
Si le scénario tient la distance au niveau du suspense et de l'historicité, on regrettera le subterfuge du collier, grosse ficelle éculée et finalement assez inutile ainsi que les conditions de détention de la Reine à la Tour de Londres, devenue simple prison aux cachots communs, ou une fin en eau de boudin.
Au final, entre male gaze savamment maîtrisé et exposition de la toxicité masculine, individuelle (le Roi) et structurelle (la société et la lâcheté des hommes), Firebrand va bien au-delà de la fresque historique (lacunaire même si globalement fidèle à la réalité) grâce aux talents conjugués du réalisateur, des scénaristes et des deux interprètes en titre, une Alicia Vikander toute en retenue et un Jude Law hystérique, parano et violent.
Un nouveau film centré sur une des femmes de Henri VIII, la dernière en l'occurrence. Avec un casting bon mais sans surprise (Vikander comme Law sont habitués de ce type de rôle), Le Jeu de la Reine se permet de grosses libertés historiques pour conclure un arc narratif déjà vu et revu. Pour ce qui est de la forme, tout est très conventionnel. Le tout est plaisant mais avec si peu d'originalité, je pense que j'aurais oublié cette séance d'ici quelques semaines...
Les dernières années du règne d'Henri XVIII étonnamment racontées dans ce film au travers de sa relation avec sa dernière épouse Carherine Parr. Jude Law méconnaissable est prodigieux dans le rôle de ce roi démoniaque. 2 h qu'on ne sent pas passer. A ne pas rater !
Le film m'a fait penser un peu à la série "Les tudors" Ce film raconte la violence conjugale de la reine par son roi. Elle fait en sorte de rester en vie car les 5 autres femmes du roi sont tous mortes. J'ai beaucoup aimer le jeu des 2 acteurs Jude law et Alicia Vikander. Les décors et costumes sont bien. Cela montre une partie du quotidien de la reine face à son mari et roi violent
Je ne me prononcerai pas sur les libertés, que le réalisateur a pris ou n’a pas pris sur la réalité historique mais je peux dire que le film est intéressant, La mise en scène efficace, la photo et les décors magnifiques et l’interprétation sans faille !
Surprenant ce film, c'est moins que l'on puisse dire surtout à cette époque. Cet Henri VIII était un criminel, un assassin et sa 6e épouse possédait un courage hors-pair...Quant à Jude Law, méconnaissable, je n'ai même pas vu son regard, d'un despotisme incroyable, n'hésitant pas à empoisonner et étrangler ses épouses, j'ignorais cette période historique. Les acteurs sont excellents, malgré quelques longueurs. Cette régente était les prémices de la femme plus indépendante, surtout après tout ce qu'elle avait subi...
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2,5
Publiée le 6 septembre 2024
« À quoi bon être reine si je n'ai pas le courage de mes convictions. » Dernière épouse du roi Henri VIII, Catherine Parr se retrouve dans une position assez délicate quand on sait ce qui est arrivé à certaines de ses précédentes épouses. Cependant, elle n'est pas du genre à se limiter à ce que l'on attend d'elle, mais son indépendance et surtout sa liberté de penser vont finir par mettre sa vie en danger... Avec son premier film en anglais, qui n'est pas un biopic, Karim Aïnouz réécrit l'histoire avec une Catherine forte de ses prises de position et un Henri tyrannique qui incarne la masculinité toxique avec une question qui est de savoir ce qui arrivera en premier entre la mort du roi ou l'exécution de sa dame... Pour un film qui prend autant de liberté, j'ai trouvé "Firebrand" très sage. Bien qu'amoindri, on parle d'un homme qui a fait décapiter des épouses, donc cette timide chasse aux sorcières ne lui fait pas honneur... Cette tentative de conte féministe est gâchée par un scénario inabouti qui n'exploite jamais le contexte politique et religieux, un montage haché et un manque de tension malgré un cadre restreint. Il reste de beaux costumes, quelques solides performances, mais le film est un peu ennuyeux.
Henri VIII, roi d'Angleterre et d'Irlande de 1509 à 1547, s'est marié à six reprises et a fait exécuter deux de ses épouses. "Le Jeu de la reine" suit Catherine Parr, sa dernière épouse qui craint également pour sa vie. Le film, richement reconstitué, séduit par sa beauté visuelle et la minutie de ses costumes et décors. Toutefois, l'intrigue manque de tension. La performance de Jude Law, quasi méconnaissable, apporte cependant un intérêt majeur : il incarne un Henri VIII à la fois terrifiant et pathétique, dépeignant avec justesse la monstruosité de ce roi vieillissant et paranoïaque.
Une mise en scène un peu trop académique mais une esthétique léchée au cœur de laquelle peuvent parfaitement s'exprimer Alicia Vikander et un Jude Law absolument époustouflant.