Alma vit seule dans sa grande maison fortunée depuis que son mari chirurgien est en prison. Elle y rencontre Mina, une jeune mère, elle aussi rendant visite à son mari. Elles vont entamer une improbable amitié, touchante et étonnante. Le film, dévoilé à Cannes est drôle et tient surtout grâce à l’excellent duo formé par Isabelle Huppert et Hafsia Herzi. C’est sympathique.
Où est passée la singularité du cinéma de Patricia Mazuy, son délicieux décalage ? Ici c'est au mieux léger, au pire vide, y compris cette pseudo-intrigue policière assez ridicule. Très très étonnant quand on voit la liste des coscénaristes. Et quelque chose m'a troublé : les rires des spectateurs, car chez moi pas l'esquisse d'une manifestation de joie. Probable que la dimension comique de ce qui est présenté comme un drame (J'ai quand même vérifié, on ne sait jamais) m'ait échappé. 1h48 d'un certain ennui donc, ennui ou absence d'investissement que j'ai cru percevoir jusque chez les deux têtes d'affiche du casting, pourtant rutilant sur le papier.
Le précédent film de Patricia Mazuy, Bowling Saturne, a marqué par sa noirceur et sa violence, voire choqué certains, et il est légitime que la cinéaste traite aujourd'hui, avec La prisonnière de Bordeaux, un sujet moins extrême, quoique le contexte de l'antagonisme de classes ne soit pas anodin. Seulement, il est abordé à travers la relation de deux femmes, d'âges et de statuts très différents, dont le seul point commun est d'avoir un mari en prison. S'engage alors, pour ces "amies de parloir", une relation qui évite soigneusement tous les poncifs, en jouant même, à l'occasion, entre une grande bourgeoise dépressive et une jeune mère issue des cités. Le film n'est dupe de rien, notamment des limites d'une amitié a priori incongrue. La trame policière qui innerve en partie le récit n'est en revanche guère probante et n'est pas loin de gâcher l'impression générale laissée par le long-métrage. Même sentiment pour le dénouement que l'on aurait peut-être aimé un peu plus original. Quoi qu'il en soit, l'interprétation constitue sans discussion le point fort de La prisonnière de Bordeaux. Le duo composé de Hafsia Herzi et d'Isabelle Huppert fonctionne à la perfection, la première aussi impeccable que d'habitude et la deuxième, au sommet de son art, indépassable dans un rôle riche en nuances et en ironie.
Porté par son duo d’actrices Huppert / Herzi, la relation improbable de ces personnages parvient finalement à trouver une tension intrigante. Plus classique que l’exceptionnel Bowling Saturn, le précédent film de Mazui
J'ai trouvé la réalisatrice Patricia Mazuy beaucoup plus inspirée dans son précédent film , "Bowling Saturne" , non pas que le film soit là mauvais , j'entends par là qu'il ne m'a pas ennuyé , mais malgré tout moyen faute à des incohérences , notamment une assez flagrante , et dans l'ensemble assez mal joué un peu comme si les protagonistes récitaient leurs textes , chose assez surprenante venant de Hafsia Herzi et Isabelle Huppert ! ...
Alma est une riche bourgeoise bordelaise dont le mari neurochirurgien est enfermé en prison pour plusieurs années. Faisant chaque semaine la route vers le parloir, sa seule sortie, elle se sent plus seule et désœuvrée que jamais jusqu'à sa rencontre avec Mina, elle-même mariée à un détenu. Alma propose à Mina de partager sa vie en s'installant chez elle et se lie d'une belle amitié avec la jeune femme. Malheureusement cette dernière est en parallèle rattrapée par les mauvaises fréquentations de son mari. En salle le
spoiler: "La Prisonnière de Bordeaux" est un petit film français sans prétention qui s'intéresse à la psychologie de deux femmes que tout oppose habituellement, réunies ici par le parloir de la prison. On nous sert le cocktail habituel du film social qui met en scène l'amitié inattendue entre deux mondes, et il n'y a pas beaucoup d'originalité du côté du scénario. Le petit plus est l'angle très développé sur la psyché des deux femmes et le sentiment d'enfermement qu'elles ressentent alors même qu'elles sont la personne "libre" du couple, d'où le titre de l'oeuvre. J'ai toujours un problème avec la poker face d'Hafsia Herzi même si moins prononcée que dans ses précédents rôles. Dommage que la fin ne soit pas plus marquée dans les choix de vie des deux protagonistes.