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Kloden
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3,5
Publiée le 21 avril 2016
À mi-chemin entre son style habituel et un récit plus affilié au genre de la S-F, Cronenberg livrait là une oeuvre curieuse et aujourd'hui encore très marquante. Pour le premier, on note à nouveau le rapport entre esprit et corps, la presque-pauvreté de la réalisation (la photo est à nouveau terne, la mise en scène sobre au possible) qui s'efface complètement et de façon tout à fait congrue derrière un scénario qu'elle laisse à toute son étrangeté, sans vouloir légitimer celle-ci de force en lui donnant un poids particulier par la mise en scène. Comme toujours, le style retenu du canadien laisse venir au spectateur le bizarre et le trivial, dans un processus de contamination complètement imparable. Pour ce qui est de la S-F, on retrouve une opposition bien/mal un peu plus marquée qu'à l'ordinaire (bien que Cronenberg soit un réalisateur intelligent et sache parfaitement nuancer), un parcours initiatique qui rappelle assez les canons du genre, et un personnage principal à mi-chemin entre le Rick Deckard de Blade Runner et le Luke Skywalker d'Un Nouvel Espoir. Voir Cronenberg s'affilier à un genre sans perdre de sa personnalité a quelque chose de très étonnant, comme si ses obsessions, par le biais d'un univers culturel très marqué, avaient trouvé une nouvelle voie d'entrée vers le spectateur et imposaient leur loi avec toujours plus d'ubiquité. Pourtant, Scanners garde longtemps cette sensation d'entre-deux un peu engourdissante, toujours le cul entre deux chaises et sans jamais franchir la limite vers un choix ou un autre. En résulte un petit manque d'intensité qui plombe un peu le rythme vers les deux-tiers du film. Heureusement, la scène finale, peut-être la plus radicale qu'avait tournée Cronenberg à ce jour avec celle de The Brood, ramène avec force le récit dans le giron du cinéma de son auteur, et en fait une pièce à part entière, qui élargit encore l'exploration des limites du corps et de l'esprit menée par un réalisateur souvent aussi obsessionnel qu'obsédant.
Un film fantastique dont je m'attendais à certaines choses mais je reste un peu déçu à la fin du film. Le scénario est pas mal du tout mais je trouve que c'est mal exploité sur les fameux scanners et ça reste un peu trop simplet. Casting d'acteurs satisfaisant dans l'ensemble. Les scanners sont intéressants comme créatures pour nous donner quelques frissons. Ca donne suffisamment de la curiosité pour regarder le film qu'il se résume qu'un simple affront entre deux frères. Il y a suspense qui traîne bien dans le film non négligeable. Des effets spéciaux pas trop mal. Bref, le film se sort pas trop mal puisqu'il reste intéressant mais pour moi qui me suis fait des idées de ce que j'attendais de ce film, je l'ai trouvé moyennement bien.
David Cronenberg aime décrire le côté sombre de l'homme au travers d'histoires cauchemardesques, et cela ne date pas d'hier. La preuve avec "Scanners", qui prend place dans un monde où des gens possèdent des pouvoirs surnaturels et s'en servent pour contrôler autrui. Si le thème de départ est intéressant, j'ai en revanche moins apprécié le traitement qu'en a fait Cronenberg. Oh il y a bien quelques effets gore sympatoches et deux ou trois scènes impressionnantes (cf le combat entre Darryl Revok et Cameron Vale), mais on a quand même vachement de mal à rester connecté à l'intrigue tout au long du film...La faute à des interprètes en majorité peu concernés par l'affaire ou affectés d'une tête d'enterrement passablement agaçante. Et puis il manque aussi un petit grain de folie dans le script pour pousser les acteurs à faire autre chose que les patients d'un hôpital psychiatrique lorsqu'ils se battent à coup d'ondes cérébrales...Il y a des idées et de l'envie mais le résultat n'est pas au rendez-vous et c'est bien dommage. Pas terrible.
Un film troublant, passionnant. Dès les premières scènes on est happé dans l'histoire d'un surpuissant télépathe qui découvre son pouvoir. Presque perturbant, j'ai du mal à trouver mes mots.
Au début des années 1980, David Cronenberg réalise déjà son septième long-métrage "Scanners", s'inscrivant résolument dans le fil de sa période "premiers pas". Aux confins de la science-fiction et surfant sur le concept très en vogue de la télépathie, l'œuvre, pourtant culte, ne possède pas l'ampleur de ces productions futures et n'a d'autre ambition que celle de divertir. On peut néanmoins y croiser quelques éléments qui feront l'essence du cinéaste canadien, tels sa fascination morbide pour les corps humain. En définitive, "Scanners" est une petite série B un peu vieillie, parfois poussive mais sans prétention et globalement satisfaisante. La dernière étape avant la maturité.
Le film a certe pris quelques rides depuis sa sortie mais il parvient tout de meme a conserver son ambiance etrange et deroutante. Mention speciale au final plutot....original
Un jeune homme de découvre des talents télépathiques hors du commun. Cette fois Cronenberg mélange conspiration et domination du monde. On retrouve aussi cette absence de confiance dans les médecins. Le film est un brillant thriller fantastique. L'histoire est tordue à souhait. Plusieurs scènes peuvent choquer aujourd'hui encore. Les acteurs principaux sont fantastiques, quel plaisir de revoir Patrick McGoohan (le numéro 6). La réalisation est de haut niveau.
Scanners, un Cronenberg simple, rien de bien complexe dans ce film et rien de bien extraordinaire non plus, il n'est ni parfait ni décevant, ça reste comme vidéodrome un film regardable mais peu captivant, du moins pour ma part, l'histoire est sympathique mais au final rien de bien foufou, après il est superbement maîtrisé esthétiquement ça y'a aucun doute, c'est bien réalisé et les effets spéciaux sont bien foutu, voilà quoi. C'est pas une révolution ni un grand film, mais à voir pour Cronenberg c'est tout.
"Scanners" est en quelque sorte tout ce qui défini Cronenberg, sa passion pour le domaine médical, les pathologies paranormales et l'horreur, il raconte l'histoire de Cameron, doté d'un pouvoir de médium appelé "Scanner" qui est engagé par une société pour traquer les autres scanners et l'amener au plus puissant d'entre eux, Revok. Cronenberg reste dans la droite lignée de son film précédent "Chromosome 3", et ses thématiques scientifiques, organiques et bizarres, avec sa touche de gore plutôt explicite, on peut remarquer une véritable patte en terme de mise en scène et d'univers, l'atmosphère est oppressante et stridente. Le scénario est tout d'abord passionnant mais tombe un peu dans la redondance malgré quelques scènes très maîtrisées en terme de narration et d'intensité, le milieu du film paraît un peu comme un ventre mou, mais l'intrigue autour du médicament Ephemerol va se décanter et nous offrir une excellente dernière partie avec un final absolument exceptionnel, le duel de télépathes est cultissime. D'ailleurs les effets spéciaux sont vraiment à saluer, autant pour le final que pour cette scène vers le début du film où la tête explose sous le choc des ondes télékinésiques, vraiment très réussie. Le casting est très bon, notamment le charismatique Michael Ironside, habitué de Paul Verhoeven, on peut également apprécier la prestation de l'excellent Patrick McGoohan, même si son rôle est très minime. La bande originale est également de qualité grâce au compositeur Howard Shore, qui signera l'intégralité des longs métrages de Cronenberg à partir de "Chromosome 3", ça reste d'ailleurs uniquement sa deuxième partition, le début d'une carrière extrêmement prestigieuse ("Le Silence des Agneaux", "Ed Wood", "Seven", la trilogie du "Seigneur des Anneaux" ...). "Scanners" reste un tournant dans la filmographie de David Cronenberg et mérite d'être vu, et même si il n'est pas parfait, il démontre tout le talent du réalisateur, qui enchaînera deux ans plus tard avec (pour moi) son film le plus abouti, "Vidéodrome".
On dit souvent qu'on reconnait les grands cinéastes à cette façon qu'ils ont de travailler les mêmes thèmes film après film. En ce qui concerne David Cronenberg, c'est le rapport entre l'esprit et le corps qui le fascine. Et dans "Scanners", ce rapport est évident. Il est principalement question de télépathie, et donc de contrôler l'esprit de l'autre, et par conséquent son corps. Sans aller jusqu'à dire que le film me passionne, j'y ai trouvé un assez grand intérêt. La force majeure de "Scanners", c'est d'avoir une idée de base originale, mais pas si compliquée que cela. Après, on éprouve une certaine jubilation d'un scénario au schéma classique mais au contenu qui ne ressemble à rien de connu. Continuellement imprévisible car à l'enjeu finalement indéfinissable, "Scanners" est enfin remarquable par le jeu de distance exercé entre le personnage principal et son adversaire. Imaginez un duel entre les deux, cela devient forcément une lutte entre deux esprits qui veulent prendre le dessus sur l'autre, et du même coup, le corps qui devient directement menacé. Surprenant, parfois choquant, mais surtout totalement halluciné: du très bon Cronenberg.
David Cronenberg réalise un excellent film d'horreur. Un chef d'oeuvre à la fois effrayant et intelligent. Son chef d'oeuvre après Frissons ( 1975) ,avant Videodrome ( 1983) et la Mouche (1986). Avec Micheal Ironside en méchant impitoyable.
Dans cette lutte entre plusieurs individus doués d un don de télépathie très élevé, Cronenberg fait un film paranoïaque, sur le contrôle de l esprit qu il soit par un esprit supérieur ou par les sociétés. Le film est très marqué "années 70" et peut faire vieillot par moment, à l inverse c est un vrai plaisir de voir Michael Ironside dans ce film.
En l’espace de quelques métrages ("Stereo", "Crimes of the Future", "Rage", "Frissons" et "Chromosome 3"), David Cronenberg a réussi à se faire un nom dans le domaine du fantastique avec un grand « F » en nous livrant ses obsessions pour l’être humain, sa chair, son esprit et ses travers. "Scanner"s continue sur cette lancée mais, cette fois-ci, lorgnant un peu plus sur la SF : dans un futur proche, une organisation cherche à rassembler les Scanners, des humains mediums aux pouvoirs psychiques assez impressionnants, afin d’éviter qu’ils rejoignent Revok, un scanner qui en a regroupé d’autres pour former un groupe rebelle désireux de changer le système. Pour parvenir à démasquer Revok et le mettre hors d’état de nuire, l’organisation recrute un jeune sans-abri dont les capacités semblent au-delà de la moyenne…Il est évident qu’en choisissant ce scénario, Cronenberg voulu toucher un plus large public qu’il avait l’habitude d’atteindre avec ses précédents films ; cependant, cela ne l’empêche pas de le tenter en y traitant ses sujets favoris : même si ici le thème principal demeure l’esprit par l’intermédiaire des pouvoirs télépathiques et télékinésiques des protagonistes, le rapport avec la chair (le cerveau étant tout simplement le prolongement du corps) n’est pas occulté, bien au contraire ce rapport est très présent surtout lors de certains révélations (les « nouveaux-nés ») ou lors de la conclusion de l’affrontement final. Dans cette enquête teintée de fantastique (il faut avouer qu’il était assez rare à l’époque qu’un film parle de pouvoirs psychiques), Cronenberg n’hésite pas à aller loin dans la démonstration de la force de l’esprit notamment au cours de deux scènes mémorables où il s’en donne à cœur joie avec des effets spéciaux bien trouvés (le budget du film est assez dérisoire : moins de 4 millions de dollars !) et un gore assumé : la scène de l’auditoire et le combat final entre Cameron et Revok. D’ailleurs, ce fameux affrontement résume à lui seul le film et les obsessions de Cronenberg : même si le combat est avant tout psychique, l’intelligence est plus forte que la puissance pure et cela passe par le corps (la chair). La mise en scène de Cronenberg, tout en étant bonne, est assagie par rapport à ses habitudes, mais certains cadrages et son jeu sur la lumière arrivent à confirmer l’ambiance générale du récit qui est assez malsaine. La musique de Howard Shore accentue cette atmosphère oppressante et le son utilisé lorsqu’un scanner utilise son pouvoir, sorte d’onde aigüe désagréable, traduit la puissance par l’agression auditive qu’elle nous inflige. Un très bon travail général sur l’ambiance générale du film qui lui donne une identité propre. Côté acteurs, on pourra apprécier les prestations justes de Patrick McGoohan et Jennifer O’Neill, mais surtout on appréciera grandement Stephen Lack en paumé devenant quelqu’un en apprenant à maîtriser son don et Michael Ironside toujours délicieux dans un rôle de méchant. La confrontation entre les deux est l’une des plus marquante en qualité de jeu d’acteurs qu’il m’a été donné de voir dans un film ! Avec "Scanners", Cronenberg sort un peu des sentiers battus (tout en continuant d’appréhender les sujets qui le passionnent) en ne nous proposant rien de moins que le premier film de super-héros modernes avec des pouvoirs, bien loin de l’iconerie traditionnelle des comics américains. Certainement PAS LE meilleur Cronenberg, mais assurément UN BON Cronenberg !
Plus complexe que « Rabid » ou « Shivers » mais moins abouti et puissant que son précédent « The brood », « Scanners » n’en demeure pas moins un film audacieux et singulier. En apparence, le cinéaste canadien semble aller vers un cinéma plus grand public (une histoire de SF moins « scandaleuse » que ses précédents opus, un affrontement entre gentils et méchants télépathes, des scènes d’action, un arc dramatique bien défini), pourtant « Scanners » est travaillé par ses éternelles obsessions : rapport dialectique entre le mental et le physique, réflexion sur l’identité, la transformation et la contamination ; conception du monde comme une représentation psychique. Même si la conduite du récit se fait de façon parfois maladroite, certaines séquences sont très impressionnantes (l’explosion de tête du début, l’univers parallèle de l’institut, le duel final…) et on trouve ici une volonté de pénétrer le système et d’y œuvrer en « contrebandier », que Cronenberg adoptera pour des films aussi passionnants que « Dead zone », « La mouche » où « History of violence »… A l’image du (faux) happy end, ambigu et pervers, Cronenberg signe en fait une œuvre très personnelle, dissimulée derrière la mécanique d’un film d’action parfois un peu frustre.
Bien avant le « combat d'infirmes ! » de South Park, il y a eu le « combat de médiums ! » de Cronenberg (qui sera aussi repris par la série). Mélangeant des sujets qui lui sont chers : l'esprit et le corps humain, l'éthique et la médecine, l'avancée technologique, le réalisateur de « La Mouche », « Chromosome 3 » et « Videodrome » (entre autres) livre une œuvre à la fois malsaine et fascinante. Outre quelques pétages de câble gores et 2/3 passages assez soporifiques, on retient une réflexion intéressante autour des thèmes de la recherche technologique et de la bioéthique, sujets aisément connexes quand on connaît aujourd'hui le paquet de « merveilles » chimiques et bio-chimiques qui sortent de certaines usines d'armement. Bon, on n'arrivera pas à des choses comme les «Scanners », ça reste de la SF, mais le propos sous-tendu par le film s'inscrit dans ce débat. Un SF de qualité, bien joué et bien mis en scène, n'échappant pas à la touche « étrange » de son réalisateur.