Depuis longtemps, la réalisatrice jordanienne Darin J. Sallam se disait hantée par le traumatisme subie par une adolescente palestinienne en 1948 lors du commencement de la guerre israélo-arabe. Il lui était donc naturel de consacrer son premier long-métrage à cette histoire, qui débute pourtant dans une superbe lumière, dans un petit village, auprès de cette jeune fille au fort caractère qui refuse d'envisager le mariage (elle a 14 ans), souhaitant faire des études dans une grande ville. Le contraste, après 30 minutes de film est saisissant, alors que cloîtrée, elle va assister à des faits effroyables. Le film ne dévie pas d'un iota de son projet initial, à savoir celui de nous montrer uniquement ce que voit Farha, impuissante devant la cruauté humaine, dans un état de quasi claustrophobie. A ce moment-là, cependant, le récit est lesté de certaines longueurs, lesquelles épousent la situation d'attente et d'effroi dans laquelle se trouve l'héroïne. Il faut tout de même signaler que la réalisatrice utilise l'atmosphère sonore avec beaucoup de maîtrise, parvenant à créer un suspense digne d'un thriller, avec de plus un degré important d'imprévisibilité quant au destin de Farha. Le film a été choisi pour représenter la Jordanie pour l'Oscar du meilleur film international 2023.
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3,0
Publiée le 23 novembre 2022
Farha est une adolescente éclectique qui s'intéresse aux études et qui n'a pas envie de ne devenir qu'une simple épouse, ce qui pousse son père à se demander s'il doit la laisser rejoindre la capitale pour son éducation. Lorsque des affrontements éclatent avec les forces d'occupation, l'avenir à court et moyen terme devient instable. Pour protéger sa fille, le père de Farha l'enferme dans le garde-manger en attendant que la situation se calme. Darin J. Sallam nous met au même niveau que Farha, c'est-à-dire que l'on est coupé de l'extérieur avec l'adolescente qui n'a que de minuscules ouvertures pour voir ce qui se passe. Alors qu'elle n'a pas forcément la vue, la réalisatrice joue sur les autres sens de Farha, qui se demande ce qui se passe à l'extérieur. Ce n'est pas évident de faire un huis clos de ce genre où le personnage principal est spectateur, mais "Farha" n'est jamais ennuyeux même quand on est dans l'attente. Il s'agit d'une histoire d'espoir avec la détermination d'une jeune fille à survivre malgré les circonstances. Les enjeux auraient pu être mieux développés notamment dans la première partie, tout comme la dramaturgie, mais c'est pas mal et surtout assez fort avec quelques scènes difficiles à regarder.