Le film débute sur un vélodrome où un flic se défonce sur un vélo comme pour se vider la tête, évacuer le stress. Un lieu épuré de toute beauté, terne, impersonnel qui annonce d'emblée un film clinique, précis, immersif. Les grands films s'affirment dans les détails, et c'est justement dans ces détails policiers qui indiquent un réel travail de documentation, un réel soucis du détail justement, un réel respect du travail et du monde policier. Ca change des clichés et des raccourcis de 99% des films. Mais ce qu'on aime aussi c'est cette immersion à la fois simple et primaire au sein d'une enquête qui tourne en rond (vélodrome !), qui mène nulle part et qui par conséquent crée des tensions et des crises. L'enquête montre aussi la routine, les heures de rédactions puis en parallèle du monde policier le propos de fond repose pourtant et surtout sur les rapports hommes-femmes sans jamais jouer la morale même si le capitaine semble évoluer à ne pas juger les moeurs de la défunte. Puis arrive la fin, le vélodrome laisse place aux grands espaces, ça ne tourne toujours pas rond on tente de boucler la boucle autrement, on pousse, on avance, on évolue... A voir et à conseiller. Site : Selenie
Des acteurs au talent inégal. Le choix du premier rôle est étonnant tellement cet acteur est lymphatique. La réalisation est plate, tout en champ contre champ, sans inventivité. En sous-texte, le scénario aborde la violence des hommes contre les femmes par des dialogues bateau et gênants.
Parmi les thrillers, il y a ceux qui se concentrent sur une enquête policière menée pour découvrir le, la ou les coupables d'un crime. Dans ce type de thrillers, il y a ceux où le spectateur est en avance sur la police ou la gendarmerie : il connait très vite le, la ou les coupables alors que la police ou la gendarmerie cherche jusqu'au bout. Il y a ceux où le spectateur est à égalité avec les enquêteurs qui finissent par découvrir le, la ou les coupables. Et puis, il y a ceux, plus rares, où le spectateur est à égalité avec les enquêteurs qui n'arrivent jamais à découvrir le, la ou les coupables. "La nuit du 12" fait partie de cette dernière catégorie. Ce film n'est pas qu'un thriller, par ailleurs passionnant, c'est aussi un état des lieux sur la "misère" des services publics (ici, la police) et, surtout, une réflexion sur la masculinité et sur les rapports entre les hommes et les femmes. On y prend conscience que si "compliqué" est un antonyme de "facile" ce qui laisserait penser que "facile" et "pas compliqué" veulent dire la même chose, eh bien il faut se mettre dans la tête qu'une "fille pas compliquée" n'est pas forcément ce que certains appellent une "fille facile" ! Dans une distribution très solide, Bastien Bouillon et Bouli Lanners sont remarquables dans des rôles de flics de la PJ, mais que dire d'Anouk Grinberg, plus que remarquable (comme d'hab !) dans le rôle d'une juge ?
Un fait divers sordide pour un film brillant. L'enquête patine mais l'histoire est passionnante, suivant au plus près les enquêteurs, leurs histoires, leurs obsessions. Le film est sombre, désespéré, mais impossible d'en détacher le regard...
C'est toujours gênant d'avoir une opinion différente... J'ai vu plusieurs films de Dominik Moll, "Harry" bien sûr, mais aussi le méconnu "Intimité" et, récemment, "Seules les bêtes". C'est un excellent réalisateur dont j'appréciais la finesse et qui savait tenir le spectateur en haleine. Là, quelle déception ! Pour faire court, on a droit à un défilé de suspects pendant 2 heures, tous plus clichés les uns que les autres : le "rapper " sorti d'un reportage du Parisien, le "marginal" qui vit dans sa cabane, le "fou" mystérieux-et-inquiétant, etc. L'inspecteur tourne en vélo sur un circuit pour se détendre de tous ces mauvais moments, mais, à la fin du film, il se libère de ses démons pour faire un tour dans la montagne. On est contents pour lui.
C’est une réalisation de Dominik Moll dont le dernier polar Seules Les Bêtes avait été bien reçu par le public et la critique. Cette fois, il va adapter le roman 18.3 - une année à la PJ, de Pauline Guéna. Le scénario a été écrit avec Gilles Marchand (Seules Les Bêtes). La Nuit du 12 a été présenté au Festival de Cannes 2022.
Chaque année en France, il y a des crimes qui ne sont pas élucidés. Des cas rarement exploités au cinéma. Il est rare d'avoir un film policier sans qu'à la fin, on ne sache pas qui est l'assassin. C'est dans cette optique que La Nuit du 12 va se démarquer. Il est tout de même dommage que dès le début du film, on nous le dise. Un positionnement qui est perturbant. En effet, nous avons l'habitude justement de connaître le meurtrier. Un coup de maître qui a réussi.
L'enquête va être passionnante. Cela va être du point de vue de la PJ et on aura seulement les informations que les policiers possèdent. Il faudra, avec Yohan, tenter de savoir qui est le coupable de ce crime abject. Forcément, comme lui, on a beaucoup de doutes, de soupçons, mais jamais de certitudes. C'est une manière de faire immersive qui fonctionne parfaitement. On va être pris totalement dans l'entrain de cette enquête. Même si on n’arrive pas à trouver qui est le coupable, on aura forcément des pistes. Rien n'est évident, mais tout pourrait se tenir. C'est un moyen de nous faire comprendre comment tant d’enquêtes peuvent rester non élucides.
Il y aura aussi un gros travail sur l'ambiance. Le but étant de se projeter dans cette brigade de police judiciaire, il est important de se sentir avec eux. C'est pour cela que des scènes d'équipes viennent agrémenter le récit. Des moments d'intimité qui sont très importants, car ils rajoutent ce sentiment de faire partie de la bande. On explore, brièvement par les dialogues, la vie des policiers. On se rend compte de l'impact du métier sur eux. Au-delà de ça, l'atmosphère va être froide et sombre. Ne pas réussir à trouver le coupable va faire monter un sentiment d'impuissance.
Si toute cette mise en scène marche, c'est aussi grâce au casting qui est très réussi. Que ce soit le rôle principal de Bastien Bouillon dans la peau du responsable de l’enquête. Un homme plein de certitudes quand il prend son poste, mais que dans l'enquête va transformer son fantôme. Il y a aussi le casting secondaire notamment avec Bouli Lanners. C'est le policier qui est le plus exploré en dehors de Yohan. Il profite de chaque minute à l'écran pour nous impressionner.
Bof ! Dominik Moll enfonce toutes les portes ouvertes dans l'air du temps. Le féminicide, les moyens réduits de la police et de la justice, les états d'âme des policiers, un petit coup de vie privée. Le féminicide, je le pense, motive les réactions dithyrambiques des critiques presse qui sont pour la plupart du côté de la bien pensance. De là à en faire son meilleur film depuis Harry un ami qui vous veut du bien, les bras m'en tombent. Harry avait une vraie originalité. Il y avait matière à émouvoir, mais c'est raté de ce point vue par manque de subtilité dans la mise en scène comme dans la direction d'acteur. On peut être taiseux et émouvant, on peut aussi être taiseux et chiant. Même le génial Bouli Lanners est moyen, c'est dire. Seule Anouk Grinberg est, comme toujours, parfaite. Je ne vois pas qui pourrait un jour réduire son talent. Les seconds rôle sont plutôt bons dans l'ensemble, mais pas tous.
je vous laisse juge : sous couvert de "basé sur fait réel" ... on assiste à ... rien. Un documentaire sans scénario (aucune histoire), tourné par des amateurs (acteurs ce n'est pas possible), dans un petit appartement (prêté par un des amateurs ?), avec 2-3 plans de route dans les voitures de l'équipe, 2-3 plans de vélo qui n'apportent absolument rien, puis d'un coup le documentaire s'arrête (peut-être par fatigue, ou parce qu'ils avaient fini les pizza, ou parce qu'ils n'avaient plue de batterie sur leurs caméras de smartphone avec lesquels ils avaient enregistré ça).
Cela aurait pu s'arrêter comme ça 15 minutes plus tôt ou 30 ou mieux .... ne jamais commencer.
C'est ça le cinéma français ? Acclamé par la critique française ? Un somnifère de 2 heures qui paraissent le double. Lent, plat, vide, où l'on distille ici et là quelques idées de la pensée gauchiste homologuée. Ce n'est pas du cinéma, c'est de la télé. De la très mauvaise télé. Immonde. Récompensé par les Césars. La vitrine du cinéma français. Mon dieu. Et la critique qui ose comparer ce métrage de cours d'école avec Zodiac de Fincher...
Tout est mauvais. Les acteurs sont plus affligeants les uns que les autres et la réalisation est digne d’un étudiant en première année de cinéma. L’acteur principal semble ne pouvoir incarner que 3 expressions : constipation légère, constipation moyenne et constipation aiguë. Le tout est très long. A déconseiller aux spectateurs n’osant pas quitter une salle en cours de route, l’agonie sera longue…
Pourquoi passer un téléfilm sur grand écran? Une réalisation sans surprise, des personnages sans contour et une hantise à peine perceptible sur un vélo qui finit par sortir du vélodrome. Dommage le scénario/histoire aurait mérité mieux
Le capitaine Yohan Vivès (Bastien Bouillon) vient à peine d’être promu à la tête d’une équipe de la PJ de Grenoble qu’on lui confie le dossier d’un féminicide commis à Saint-Jean de Maurienne : Clara a été brûlée vive au retour d’une soirée entre amis. Avec Marceau (Bouli Lanners), un collègue expérimenté mais aigri, il mène l’enquête. Clara avait eu beaucoup d’amants qui sont passés au crible, se révèlent pour la plupart lâches et vils, mais qui possèdent tous un alibi.
Dominik Moll a passé l’âge d’être un espoir du cinéma français. À soixante ans passés, sa carrière est derrière lui. En 2000, il faisait sensation avec "Harry, un ami qui vous veut du bien". Mais il ne réussissait jamais à transformer l’essai. On le retrouvait presque vingt ans plus tard avec "Seules les bêtes", un film qui m’a enthousiasmé et que seule ma pusillanimité m’a retenu de lui donner quatre étoiles. La vérité oblige à dire qu’il devait énormément au roman dont il était tiré de Colin Niel.
Comme "Seules les bêtes", "La Nuit du 12" est tiré d’un livre. Il s’agit d’un essai autobiographique d’une jeune autrice, Pauline Guéna, qui a passé une année en immersion à la PJ de Versailles. De ce livre et d’une solide documentation du métier de policier, Dominik Moll a tiré un récit très charpenté qui pointe l’épuisement d’un service public, rongé jusqu’à l’os par la compression des budgets. Dans un court chapitre, Pauline Guéna évoque brièvement une affaire, le meurtre d’une jeune femme brûlée vive, et l’obsession qu’elle a suscitée chez un des inspecteurs.
C’est cette obsession qui a inspiré Dominik Moll et son co-scénariste Gilles Marchand. C’est autour d’elle qu’est construit le film remarquablement interprété par Bastien Bouillon qui creuse lentement sa place dans le cinéma français (on l’avait déjà vu dans "Seules les bêtes", "Le Mystère Henri Pick", "La Promesse de l’aube", etc.).
Mais ce polar prend une envergure inattendue en élargissant son spectre. Comme l’excellent "Laëtitia", le livre magistral que le meurtre sordide de la jeune Laetitia près de Nantes avait inspiré à Ivan Jablonka puis la remarquable mini-série qui en avait été tirée, "La Nuit du 12" part d’un fait divers pour faire le procès du masculinisme. Clara devient le symbole de ces femmes tuées par un machisme toxique, par une veulerie mâle structurée autour de l’exercice de la domination masculine. Le propos est puissamment dans l’air du temps. Il frappe fort. Il touche juste.
Alors qu'elle vient de passer une soirée chez des amis, Clara rentre chez elle à pied à la nuit tombée dans la région de Grenoble. Surprise par un(e) inconnu(e) qui l'asperge d'essence avant d'y mettre le feu, sa jeune vie se termine là, de façon ignoble, odieuse et injuste. Ce thriller franco-belge nous propulse au sein d'une brigade de la Police Judiciaire en charge de cette affaire terrible, délicate et sordide. J'ai tout simplement adoré cette plongée intimiste, réaliste et minutieuse dans le quotidien de ces hommes et ces femmes dévoués corps et âmes à leur rôle de gardien de la paix et de la justice de notre société. L'atmosphère est tranchante et hyper immersive, les 114 minutes de ce film policier passent à une vitesse folle tant on se sent absorbé par cette enquête douloureusement bouleversante. Le duo de flics joué par Bastien Bouillon et Bouli Lanners est tout bonnement excellent. Une superbe introspection au coeur d'une affaire criminelle, réalisée de façon subtile, intelligente et séduisante par Dominik Moll, déjà aux manettes dans "Harry, un ami qui vous veut du bien" (2000) ou "Seules les bêtes" (2019). Site CINEMADOURG.free.fr