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GéDéon
143 abonnés
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3,5
Publiée le 13 mars 2023
Largement plébiscité par la critique professionnelle, ce long-métrage de Dominik Moll a remporté six César dont celui du meilleur film en 2023. Inspiré d’un fait réel de féminicide, on assiste à une enquête policière jamais résolue. Ce postulat étant annoncé dès le début du générique, on s’affranchit de tout suspense pour s’intéresser uniquement au travail quotidien de la PJ de Grenoble. La grande sobriété d’interprétation des acteurs principaux (Bastien Bouillon et Bouli Lanners notamment), garantit un regard sans concession sur leur engagement, leurs doutes et leur impuissance face à cette sombre affaire. Sur ces thèmes, la comparaison avec « Zodiac » de David Fincher peut être établie. Néanmoins, il manque une véritable étincelle pour permettre à ce long-métrage d’atteindre les sommets. Bref, une production qui oscille entre documentaire et fiction moralisatrice avec un souci évident de réalisme.
Sans "vedettes", la nuit du 12 est un chef-d'œuvre du cinéma francophone. Les personnages sont interprétés magistralement, tous, sans exception. Il n'y a pas de temps mort.
Si le crime (fictif) a eu lieu à Saint-Jean-de-Maurienne, et que c’est toujours plus agréable (pour moi) de reconnaître les endroits de tournage, ‘La nuit du 12’, en tant que polar, n’est pas du tout là où on l’attend. Un crime sordide, une jeune fille brûlée vive sans raisons par un inconnu, la P.J. de Grenoble, constituée de profils très différents, vieux briscards et perdreaux de l’année, qui mène l’enquête,...des suspects qui, comme le film l’annonce par la voix d’une de ses personnages, auraient tous pu faire le coup…Les personnages sont complexes mais lisibles, les interrogatoires, tendus à souhait. ‘La nuit du 12’ fait indiscutablement partie de la catégorie noble des polars français, ceux qui n’ont rien de télévisuels mais en fin de compte, il vaut moins pour son whodunit qui n’en est pas un que pour ce qu’il a à dire sur le contexte. Au détour de conversation entre flics, il exprime en effet pas mal de choses sur pas mal de sujets : sur le manque de moyens de la fonction publique mais aussi sur le constat que dans une affaire comme celle-ci, la victime (féminine) est toujours soupçonnée, même à la marge, d’avoir un peu cherché ce qui lui est arrivé. Au-delà de ce discours qui résonne fortement dans l’actualité, ‘La nuit du 12’ s’intéresse aussi beaucoup à la dynamique interne de l’équipe d’enquêteurs, comment ces hommes ordinaires réagissent face à l'innommable et l’inexplicable, comment cela les affecte sur le plan privé, comment certaines enquêtes deviennent des spectres qui hantent jusqu’à la fin, le tout étant bien servi par des prestations au-dessus de la moyenne. ‘La nuit du 12’ est donc un polar rare, différent, minutieux et taillé au cordeau, qui fait passer le point de vue du particulier au général et de l’impossible résolution d’une enquête à ses effets collatéraux.
puisque ce film a gagné le César, je suis décidé de le louer ! J'ai réussi à ne pas m'endormir tant ce film est ennuyant ! Au niveau de la réalisation, on dira un bon téléfilm de France 2 avec des acteurs insignifiants ! La force du film est d'aborder les thèmes en vogue : Féminisme, responsabilité collective des hommes dans le malheur des femmes ! Bref , un thème à gagner uN César
Film très réussi de l'équilibriste Dimink Moll. J'aurais pu être un peu agacé par certaines assertions militantes, qui fleurent bon de militantisme tribunicien. Mais le film sert le propos. Ce qui ne passait pas trop dans la bande-annonce est ici subtilement évoqué et démontré. Les hommes tuent. Pas que les femmes d'ailleurs. L'enquête policière, ses errements, son échec, ne sont pas artificiellement plaqués sur le propos sociétal. L'alchimie est là
Film policier relatant le meurtre abominable de Clara et l’enquête de la PJ pour tenter de trouver son meurtrier. Les policiers sont très investis mais réagissent différemment en fonction de leurs vies personnelles et leurs sensibilités. Le film montre aussi un manque de moyens important, tant matériel qu’en personnel. Le parallèle du vélo qui tourne en rond dans le vélodrome et l’enquête qui elle aussi tourne en rond est une brillante idée de mise en scène. Le casting mené par Bastien Bouillon et Bouli Lanners est efficace.
Aucun intérêt. C'est mal joué, les dialogues sont pauvres, l'intrigue aussi, la bande son je m'en souviens pas, la photo ne me donne pas envie d'aller à Grenoble ni de partir en séjour à la montagne. Les clichés s'enchaînent et finissent par mettre mal à l'aise celui qui croyait qu'un 6 Cesars lui offrirait une œuvre. Mauvaise pub pour le cinéma français.
Le film retrace la disparition non résolue d'une jeune femme . Malgré une enquête rondement menée et un panel de suspects, impossible de retrouver le meurtrier. Les acteurs sont exceptionnels . Le film est très bien . Je recommande
Un film sur une enquête extrêmement bien joué. Une introduction qui fait froid dans le dos. Du suspense, des rebondissements, des plans et une mise en scène parfaitement travaillés. Un peu déçu par la fin mais elle reste acceptable, elle se montre surtout réaliste. J'en dit pas plus. Une production prenante.
Ce film fait partie des bons films sur la police, dans la même lignée que Polisse ou L627. Il retranscrit bien les espoirs et déceptions que peuvent susciter une enquête chez les enquêteurs. On est plongé dedans et on ne voit pas le temps passer. Reste juste la frustration d’une enquête qui n’aboutit pas, mais la réalité c’est aussi cela..
Film hyper décevant. Mauvais acteurs, scénario nul, beaucoup de scènes irréalistes ( notamment le "sous marin" seul véhicule dans la rue). Dialogues archi-pauvres. Certains téléfilms sont beaucoup mieux! Une honte ! Hyper décevant!!! Passez votre route...
Un bon film, certes, mais sans grande originalité, essentiellement porté par ses comédiens. L'intrigue, classique, a déjà été vue dans bien d'autres longs métrages. Au-delà du message du rapport hommes-femmes, essentiel, les éléments du film ne s'éloignent jamais des stéréotypes, qu'il s'agisse du profil de certains suspects ou des tourments que subissent les enquêteurs. A mettre tous ces éléments sur un pied d'égalité, l'intrigue ne se démarque donc pas du genre et le tout semble un peu anecdotique.
J'étais curieux de découvrir La Nuit du 12 après son succès triomphant aux Césars, et maintenant que je l'ai vu, je comprends l'engouement. Pour commencer, j'aimerais saluer quelque chose qui est difficile à décrire, mais dans les films français particulièrement (puisque c'est ma langue natale), je trouve qu'il est très dur d'écrire des personnages et des dialogues qui sonnent justes, authentiques. Mais dans La Nuit du 12, ce n'est pas le cas. Dès les premières scènes, il y a une telle authenticité dans la manière de filmer les interactions (mais aussi les paysages français) qu'on se sent tout de suite absorbé par le film. Et cette authenticité sert quelque chose : l'émotion. On a tellement été habitué à voir des films policiers que ça m'est devenu complètement banal de voir des proches pleurer la mort d'un être cher. Mais ici, dès les premières minutes et sans attachement à la femme décédée (puisqu'on ne la voit que deux minutes), on ressent tout de suite de l'empathie pour les personnages, un sentiment viscérale qui nous fait tout de suite accroché à l'histoire. C'en est tellement réussi qu'on ressent l'écho de l'enquête à travers les enquêteurs. Les membres de la police judiciaire n'ont jamais semblé aussi crédible, on sent la ligne fine qui sépare chaque individu entre "le bien et le mal" dont on parle dans certains dialogues. Et c'est là aussi que le film prend une dimension plus "sociétale" pour ne pas se résumer qu'à un film d'enquête : Yohan dit : "chacun des suspects aurait pu être le tueur". Et c'est le dialogue qui glace le sang dans tout le film et qui trouve malheureusement une résonance avec le monde réel. J'avais un peu entendu parler de la dimension "féministe" de La Nuit du 12 mais a première vue, on suit le profil type des brigadiers assez virils et qui peuvent émettre des jugements assez facilement sur les femmes. Et c'est ça qui rend le film flippant : on a vraiment l'impression que les hommes sont tous soumis aux mêmes pulsions et que la seule chose qui les distingue, c'est leur façon de lutter entre "le bien et le mal". Les hommes détraqués ne sont au fond que des hommes normaux qui ont perdu face à leurs démons intérieurs. Étant moi même un homme, c'est particulièrement édifiant de voir ce genre de film qui nous fait réfléchir profondément sur les relations qu'on peut avoir et sur le mal qu'on peut engendrer, volontairement ou non. Un sentiment de culpabilité nous envahit à la fin car comme le dit Yohan : c'est un peu comme si c'était tous les hommes qui avaient tué Clara. Une conclusion peut être un peu simpliste et qui va très certainement froisser l'ego de beaucoup d'hommes, mais qui résonnent malheureusement beaucoup avec tous les faits divers et violences banalisées à l'égard des femmes. L'idée n'est pas de faire culpabiliser tous les hommes, mais bien que comme le dit le film : "quelque chose ne tourne pas rond entre les hommes et les femmes". Maintenant, à la manière de l'enquête de la nuit du 12, la réponse n'est pas facile à trouver et nous hantera sûrement une bonne partie de notre vie à la manière de Yohan. Bref, un très grand film à mes yeux, je recommande.