La Nuit du 12
Note moyenne
4,0
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775 critiques spectateurs

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CloakBack
CloakBack

6 abonnés 348 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 décembre 2025
Une enquête minutieuse qui avance dans l’incertitude et un crime qui résiste aux tentatives de compréhension. La Nuit du 12 s’éloigne du polar classique pour observer ce que produit une enquête lorsqu’elle se heurte à ses propres limites.

Le film s’appuie sur un matériau réaliste sans être la reconstitution d’une affaire précise. Inspiré d’un ouvrage issu d’une immersion au sein d’une brigade criminelle, il reprend des situations, des mécanismes et des impasses typiques du travail d’enquête. Dominik Moll ne cherche pas à installer un suspense fondé sur la résolution, mais à montrer ce que signifie travailler sur un dossier lorsque les réponses tardent, se contredisent ou se dérobent. Cette orientation inscrit le film dans un polar social, plus attentif à l’usure et au doute qu’à l’efficacité spectaculaire.

La mise en scène adopte une sobriété très marquée. Les décors sont fonctionnels, les lieux ordinaires, sans recherche de stylisation. La caméra reste discrète, la musique rare, et l’attention se porte sur les gestes, les silences et les échanges du quotidien. L’enquête progresse par accumulation, souvent sans avancée visible, ce qui ancre le récit dans une temporalité proche de celle du travail réel. Ce dispositif dépouillé donne au film une tonalité crédible, presque administrative, sans chercher à produire d’effet.

Le film aborde en profondeur la violence faite aux femmes, non comme un fait isolé ou exceptionnel, mais comme une réalité diffuse et répétée. À travers les auditions et les témoignages, il expose un environnement masculin traversé par des paroles, des comportements et des réflexes qui banalisent cette violence. Rien n’est caricaturé, mais l’ensemble dessine un climat où le mépris, le contrôle ou la jalousie apparaissent comme des éléments ordinaires des relations.

Le récit interroge aussi les limites structurelles de l’enquête judiciaire face à ce type de crime. Il montre des enquêteurs appliqués, méthodiques et engagés, confrontés à des silences, des contradictions, des récits fragmentaires et à un manque de moyens persistant. Ce n’est pas l’incompétence qui est pointée, mais une forme d’impuissance face à ce qui ne laisse pas de trace claire. Le film suggère ainsi que certaines violences échappent moins à la volonté de comprendre qu’aux cadres mêmes dans lesquels on tente de les penser.

J’ai trouvé le propos du film intéressant. C’est une œuvre qui se regarde bien, cohérente dans son approche, et qui peut toucher par moments sans chercher à forcer l’émotion. Son sérieux et sa retenue donnent du poids à ce qu’il observe.

Le film assume toutefois une froideur qui en constitue aussi une limite. Le rythme lent, fondé sur la répétition des procédures, peut donner une impression d’immobilisme. La mise en scène, très tenue, maintient une distance émotionnelle qui empêche parfois une implication plus forte. Certaines intentions sociales apparaissent également de manière un peu appuyée, ce qui rompt légèrement l’équilibre entre observation et suggestion.

La Nuit du 12 reste un film rigoureux et maîtrisé, qui privilégie le constat au soulagement. Une œuvre solide et austère, qui laisse moins une réponse qu’un malaise durable.
Puda
Puda

1 abonné 273 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2025
Difficile à regarder. Ambiance très lourde, un meurtre atroce, plein de suspects potentiels et des enquêteurs à bout. Le film pose aussi la question importante de qui est la victime et qui est l'agresseur et on se doute que certains seronts divisés quand à la réponse. Le victim shaming étant une pratique tout à fait courante ! Dommage que certains acteurs soient aux fraises et jouent comme des parpaings. Face à un sujet aussi sensible, on aurait préféré un casting parfait.
Pascal l.
Pascal l.

45 abonnés 82 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 novembre 2025
En apparence une histoire assez banale qui commence très simplement avec une disparition et puis les événements s'enchaînent qui ajoute de la confusion en multipliant les pistes. le temps passe sans que rien n'émerge réellement. On se surprend à être en totale empathie avec les enquêteurs. Une intrigue très prenante très forte.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 octobre 2025
Bien plus qu’une évocation d’un tragique fait divers, le réalisateur Dominik Moll signe un thriller choc questionnant le rapport des femmes face au patriarcat et l’emprise masculine au travers l’enquête menée par la police judiciaire sur le meurtre d’une jeune femme brûlée vive. Posé et méticuleux, le cinéaste offre une approche intelligemment construite reposant sur une intrigue multipliant les zones d’ombre et les suspects mettant ainsi en exergue son sujet, le tout reposant sur des personnages fouillés affinés psychologiquement et brillamment incarné à l’écran par une solide distribution.
Fañch
Fañch

2 abonnés 35 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 octobre 2025
Un film glaçant porté par d’excellents acteurs. À éviter toutefois en période de déprime car le sujet est dur.
jean-marie Mouveroux
jean-marie Mouveroux

87 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 24 août 2025
Je me suis beaucoup ennuyé. J'ai tenu jusqu'au bout en croyant que le fin en ferait un bon film. Pour rien. Il n'y a pas vaiment de fin. Et je ne comprends pas ce que le film a voulu monter.

Pas une enquête. Car l'enquête ne progresse jamais. Aucune piste ne vient jamais. On se contente d'interroger les personnes que la victime connaissait. Les seuls progrès sont de trouver des personnes de plus. Et c'est pollué par des scènes de vélo et de vie de couples de collègues.

Peut être un film sur le fait de tout rater? Mais c'est pas assez approfondi. A juste regarder du ratage aussi longtemps, on s'ennuie forcément.

Peut être on t on voulu montrer le quotidien de la police? Le travail de fourmi necéssaire et le résultat pas toujours au bout. Bon idée mais montrer un vrai documentaire au lieu de tenter de mettre ça en film aurait été plus adapté.

Ou ça se veut historique? Retarcer l'histoire vraie telle qu'elle était. Il faut un talent pour faire ça. En général on ne choisit qu'un petit détail de l'histoire qui s'y prête, ou on transforme. Et si le sujet se prête pas à faire une fiction, alors on fait un documentaire à la place au lieu de tourner quand même.

Je constate que beaucoup ont aimé. Je ne comprends pas mais je respecte. Un conseil à ceux qui s'ennuie dès le premier tier: surtout partez. Car c'est la même chose jusqu'au bout.
Douns
Douns

1 abonné 19 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 juillet 2025
Film intéressant et très réaliste. Les acteurs jouent bien et arrivent à nous faire rentrer dans leur monde.
Parkerbook
Parkerbook

24 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 octobre 2025
Ce n'est pas mauvais mais là encore, ce cinéma francais ne me séduit pas...

Déjà l'issue de l'intrigue est posée dès le debut, donc on est spoilé, on ajoute à cela des longueurs, un rythme soporifique, des plans inutiles et encore trop long, une musique presque absente, une fausse ambiance glauque et une réal banale à limite du téléfilm.

J'ai subit sans trouver ça vraiment mauvais.

Je suis pas client...
 Stallworth
Stallworth

6 abonnés 145 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mai 2025
Bon film policier dans lequel tout le monde est suspect et où on partage la solitude du personnage principal.
Cependant je n’ai pas trop compris l’utilité de l’intrigue entre Marceau et sa femme, surtout que c’est évoqué notamment indirectement lors d’un repas de l’équipe.
mixo80
mixo80

2 abonnés 47 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 mai 2025
spoiler: C'est entendu avant même le début : le crime n'est pas élucidé. Dès lors, difficile de s'attacher à l'intrigue qui enfile de multiples débuts de pistes effectivement sans issues.
Les amateurs du genre policier ne pourront qu'être déçus : méthodes d'investigation banales voire archaïques spoiler: (la victime a filmé le tueur... c'est balayé par une simple phrase : "laisse tomber c'est juste des pixels")
, suspense nul, rythme et action à zéro, le tout aidé par le choix des acteurs et la réalisation. Le scenario du film est à Columbo ce que la réalisation de Dominik Moll est à celle d'Olivier Marchal.

En total contraste, les messages de fond sont très/trop lourdement assénés. Le premier est la détresse des policiers, mal payés, sans moyens, sans vie. Puis le suivant, le féminisme ultra : toutes les femmes sont des victimes potentielles d'hommes, ces derniers des tueurs de femmes - sans exception. Ce qui est démontré par la ribambelle de profils clichés à souhait qui se succèdent, le rappeur aux mots violents mais qui craint d'être en retard chez maman, l'ado blasé sans repères, le gars bizarre qui vit dans sa cabane, le coureur de jupons, le fou, le narcissique violent récidiviste, etc.

Ce faisant, le film présente des paradoxes car il réussi à la fois à échouer au test de Bechdel, et à donner une vision ultra réac de la jeunesse. Et surtout, puisqu'on comprend vite que la victime a couché avec la moitié de la ville (clodos et repris de justice inclus), le film n'arrive pas à se départir de sa propre démonstration qu'à trop chercher le grand méchant loup elle s'est fait mordre. Dommage.

En bref, aucun intérêt au niveau cinéma, et une morale lourdingue qui dessert certains messages de bonne intention - qui auraient mérité un meilleur traitement au regard de l'emballement médiatique autour du film.
Dik ap Prale
Dik ap Prale

296 abonnés 3 072 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mai 2025
Plongée dans une enquête sans réponse, sans issu possible, cette brigade nous atteint autant pour sa détermination que pour sa défectuosité. Pourtant déjà habitué au genre, cette nuit du 12 nous amène à camper dans un quartier, en planque et exposé, on vie suspendu au dossier.
Monsieur P.
Monsieur P.

9 abonnés 38 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 août 2025
La Nuit du 12 : Un polar sombre mais sans réelle intensité.

Le décor alpin autour de Grenoble offre un cadre idéal pour un thriller noir : nature oppressante, village reculé, atmosphère pesante. L’ouverture du film, marquée par une scène de meurtre sobre et glaçante, installe une tension prometteuse. On sent le poids du mal planer sur l’enquête, et le choix de suivre les policiers dans leur routine donne une certaine proximité intéressante.

Mais passé cette introduction réussie, le film s’essouffle. L’enquête piétine sans jamais vraiment captiver, portée par des personnages trop froids, souvent creux, et des dialogues typiquement français, pleins de petits tracas du quotidien qui plombent le rythme. Le drame semble forcé, comme s’il fallait à tout prix coller des problèmes personnels à chaque protagoniste pour donner du relief. Le casting manque cruellement d’un visage fort, d’une présence qui accroche.

Malgré un vrai potentiel, La Nuit du 12 retombe dans les travers classiques du polar français : lent, bavard, et au final assez vide.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 781 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 avril 2025
À première vue, La Nuit du 12 semble s’inscrire dans les coordonnées du polar : un meurtre, une enquête, un commissariat de province rongé par l’usure, des visages marqués par l'habitude du pire. Mais très vite, quelque chose dévie. Dominik Moll ne filme pas une progression vers la vérité, il capte au contraire un enlisement. Chaque pas de l’enquête ouvre une brèche supplémentaire, chaque suspect interpellé n’épuise rien, ne clôt rien.

La Nuit du 12 est un film troué, suspendu à son propre inachèvement. Le féminicide, ici, n'est pas un accident de parcours, une anomalie surgie dans un monde globalement sain. Il est, plus profondément, le symptôme d'une société malade d’elle-même. Le meurtre qui ouvre le film n’est pas un surgissement du mal, mais son mode d’existence ordinaire.

L’enquêteur Yohan incarne un déplacement du polar classique vers une tragédie intime. Plus qu’à la résolution d’une énigme, il semble convoqué à la confrontation avec une impuissance constitutive. Il n’aura pas de réponse. Il n’aura pas d'apaisement.

Son obstination est d’autant plus bouleversante qu’elle paraît sans objet précis : il s’épuise non pour venger la morte, ni même pour trouver un sens à ce qui s’est passé, mais pour lutter contre l’effritement de son propre lien au monde.
Dans La Nuit du 12, continuer à chercher, c'est continuer à croire, contre toute évidence, que quelque chose, quelque part, peut encore être sauvé.

Tout, dans la mise en scène de Moll, organise cette érosion. Le film refuse les effets spectaculaires, les sursauts d’émotion faciles. Il privilégie les scènes atones, les interrogatoires avortés, les aveux en pointillés. Même les paysages, pourtant magnifiques, semblent délavés de toute majesté : la montagne, loin d’exalter une nature sublime, écrase de son inertie ceux qui y vivent.

Le plus remarquable est que Moll ne cède jamais à la tentation du portrait sociologique didactique. Son cinéma reste romanesque, traversé par des figures ambivalentes, des destins échoués. Les suspects (petits voyous, ex-petits amis, camarades d’un soir, etc.) forment une galerie de masculinités. Mais jamais caricaturales. Chacun d’eux semble prisonnier d’une logique qui le dépasse, pris dans un réseau de réflexes, d’habitudes culturelles et de lâchetés banalisées.

À mesure que l’enquête piétine, La Nuit du 12 dérive vers une autre dimension : celle de l’usure de la foi. La foi en la justice, en l'intelligibilité du monde, en la possibilité de réparer ce qui a été brisé. Moll filme une communauté humaine qui a cessé d’espérer sans même s’en rendre compte. Il ne reste plus que des procédures vides, des rituels professionnels mécaniques, et cette petite lueur obstinée, vacillante, dans les yeux de Yohan.

C’est peu. C’est tout.

Ce qui frappe, enfin, c’est le refus de toute catharsis. Il n’y aura pas d’aveu spectaculaire, pas de basculement final qui viendrait retisser les fils épars du récit. Le spectateur sort du film comme Yohan sort de ses journées d’enquête : lesté d’un poids, conscient d’avoir approché quelque chose de vrai et de terrible.
pvh
pvh

62 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 avril 2025
Magnifique. Subtil, haletant, fascinant. Le duo de flics est tellement vrai. De très beaux rôles secondaires aussi ( l’amie, la juge).
Timëo
Timëo

1 abonné 3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2025
La Nuit du 12 est sans hésiter le meilleur polar français que j’ai vu. Le film est tendu, bien rythmé, et l’ambiance est parfaitement maîtrisée. L’enquête te capte, les personnages sont intéressants et réalistes, et l’intrigue est solide. Ça reste un polar efficace, qui te garde dans le suspense jusqu’au bout. Pour moi, c’est vraiment une référence du genre en France
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