Banel & Adama
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Alu-Ciné
Alu-Ciné

26 abonnés 129 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 septembre 2023
Ce film est injustement dévalorisé par la critique officielle. Je comprends bien que l'on déclare que la cinéaste traite d'un thème très fréquenté dans les arts africains : le heurt entre traditions et modernité. Je comprends encore que l'on pense que cet opus ne révolutionne pas l'histoire du cinéma africain. Et alors ? Par la beauté de son regard, cette réalisatrice a emporté à mes yeux toute réserve. Ce couple de jeunes gens qui s'aiment et qui doivent affronter les affres d'une sécheresse qui empoisonne la vie de tout le village est formidablement joué et la caméra chante la beauté de leur visage, de leurs expressions. Tous les plans sont réfléchis, sculptés, rien n'est en trop. Le film tisse les motifs de façon intelligente et la conclusion reste ouverte. Vraiment un très beau film.
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 juin 2023
Banel et Adama est une production France 5, très honnête et sincère, avec des plans magnifiques des paysages d'Afrique et une intrigue pro-libertés (celle de n'avoir pas d'enfants pour une femme, de choisir son époux, d'aller habiter à l'extérieur d'une communauté, de ne pas reprendre la fonction de ses parents) avec laquelle on est forcément d'accord (un consensus), mais qui faisait carrément figure de parent pauvre du Festival de Cannes. Le budget se devine ridiculement petit à chaque plan, tant les décors ne changent pas, les acteurs sont réduits à une poignée, l'intrigue ne demande rien du tout en matériel... On dira donc que, pour une après-midi sur France 5, Banel et Adama fait tout à fait son travail de divertissement et d'émerveillement à une autre culture qu'on maîtrise mal, mais que pour un Festival, il reste "un peu juste" en terme de technicité. Mais on ne boude pas son plaisir face aux scènes d'hallucination bien montées, face au duo principal plutôt touchant, face aux beaux plans paysagers (surtout l'arbre immense), et surtout face à la confrontation des traditions restrictives de cette tribu africaine avec l'envie de modernité de la jeune héroïne. On suit l'histoire tragique de ce couple jusqu'au final, pour nous défaitiste (on aurait vraiment préféré spoiler: qu'elle réussisse à accomplir son rêve de vie libre, plutôt que d'imager que la modernité est un combat perdu d'avance, et voué à finir sous le sable...
La morale ne nous va pas), mais avec au moins l'envie d'y réfléchir et d'en discuter à la sortie. Banel et Adama est donc un courant d'air pas désagréable bien qu'oubliable au Festival, mais saura trouver une bien meilleure place sur les chaînes France Télévision, et c'est la fin (heureuse, pour changer) qu'on lui souhaite de tout cœur.
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 septembre 2023
Dans un village rural du Sénégal, deux jeunes mariés vivent le parfait amour et projettent d'emménager dans une maison un peu éloignée. Leurs proches font obstacle pour empêcher l'émancipation de Banel et Adama, qui tentent de se rebeller quand une tempête climatique remet en cause leurs projets, jusqu'à les forcer à une grande introspection. En salle le 30 août.

spoiler: Banel & Adama est une œuvre intéressante dotée d'atouts tels qu'une réalisation de toute beauté, des acteurs qui envoient leurs émotions au coeur du spectateur et un twist narratif qui monte crescendo jusqu'à la fin, belle et spectaculaire. Dommage que des lenteurs ponctuent un peu trop souvent le film et loin de parvenir à apporter ce petit côté méditatif recherché, provoquent une légère somnolence. L'intrigue ne manque pas de dynamisme pourtant mais c'est au niveau de l'image et surtout du son qu'il y a un vide qui aurait pu être un peu rempli. Un joli moment qui questionne la morale.
FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 février 2024
Banel et Adama ont une relation fusionnelle même si on peut dire que le ciment du couple est Banel. Elle a toujours voulu Adam et elle a fini par l'avoir que ce soit grâce au destin ou autre chose même si cette piste est à peine exploitée. Banel vit pour son couple et cherche à s'affranchir de certaines traditions qui la limitent à son simple rôle de femme et de future mère. Cette émancipation des devoirs recherchée par les deux va avoir certaines conséquences. Entre les croyances religieuses et le dérèglement climatique, Ramata-Toulaye Sy laisse le public faire son choix lorsque les catastrophes s'enchaînent. J'ai aimé cette ouverture d'esprit avec beaucoup de possibilités d’interprétations avec cette foi qui peut être renforcée ou altérée par ce qui se passe, ou encore l'impact du monde sur ces gens qui sont les premiers concernés alors qu'ils devraient être les derniers étant donné leur mode de vie. Au-delà de l'histoire, ce qu'il y a de plus beau et de réussi dans le film reste cette photographie solaire avec des scènes à couper le souffle. Bref, un film d'une grande beauté sur un amour au pouvoir destructeur.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 septembre 2023
Dès les premières minutes on constate deux choses vis à vis de ce qu'a voulu la réalisatrice, d'abord par ses inspirations picturales dont on perçoit tout le soin apporté à l'image, au cadrage, aux plans comme des tableaux ou des photographies d'art. Le film s'avère bien plus bavard qu'annoncé, les silences et regards ne remplacent pas tant que ça les dialogues. Le film s'avère symptomatique de ces constats, mi-figue mi-raisin. Tourner en langue peule, au Sénégal, avec des gens du cru et en nous plongeant dans les us et coutumes d'un village de fermiers est intéressant mais la cinéaste se prend un peu les pieds dans le tapis. A force de s'appliquer à l'esthétique et à la photographie de son film Ramata Sy oublie sans doute que ses personnages sont des travailleurs de la terre, et qu'ils vivent quasiment dans un désert, on s'étonne donc de voir des personnages magnifiquement vêtu, toujours propres sur eux sans que le sable ou la poussière ne tâchent ou ne s'accrochent à quoi que ce soit ni à qui que ce soit. Par contre la cinéaste réussit sur un autre point, et on en revient à Banel : Banel devient de plus en plus bizarre ou intrigante. Le film devient passionnant et vire plus vers un drame psychologique. Un premier film qui reste prometteur et donc à voir et à conseiller.
Site : Selenie.fr
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 novembre 2024
Le douloureux mais lumineux récit d’émancipation d’une jeune femme sénégalaise contrariée par les traditions de son village, servi par une mise en scène gracieuse mais manquant de rythme pour captiver.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 août 2023
Une belle surprise! Belle réalisation, images et décors colorés. Une fin très onirique. On s'évade de nos petits problèmes du monde urbain pendant 1h30. Le poids des traditions et des coutumes de cette tribu, ainsi que le pouvoir et l'impact familial pèsent très lourd sur les épaules du jeune homme, qui doit porter la responsabilité de tout ce qui arrive dans le village. Très puissant.
Xavier BLANCHARD
Xavier BLANCHARD

29 abonnés 415 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 octobre 2023
Le film est bien plus subtil que le simple affrontement de la passion amoureuse et des contraintes sociales.
L'amour fusionnel des deux tourtereaux pose bien sûr problème quand il s'oppose aux obligations de chacun vis-à-vis, d'abord, de leur famille puis de la communauté, mais on découvre progressivement ses sombres ressorts et ce qu'il cache.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 septembre 2023
Dans un petit village du Sénégal Banel et Adama s'aiment d'un amour simple, pur et absolu qui les pousse à s'émanciper des règles claniques ancestrales. Dans les mêmes traces que le fabuleux "Atlantique" de Mati Diop il y a quelques années, cette jeune réalisatrice sénégalaise plonge l'Afrique des légendes dans un bain fantastique, avec une photo absolument magnifique. Et elle nous montre aussi que le mode de vie occidentale, et le changement climatique qu'il induit, a des conséquences directes sur les populations du Sud, au bilan carbonique inexistant. Comme une sorte de double peine particulièrement injuste.
Patricia D.
Patricia D.

87 abonnés 181 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 septembre 2023
Hasard du calendrier de mon cinéma, au lendemain de la projection de L'Arbre aux papillons d'or, je voyais aussi ce soir un premier long-métrage retenu à Cannes, aux images somptueuses et à l'esthétique appuyée, en présence de la réalisatrice.
Banel et Adama nous conte une histoire d'amour en langue peule dans un village aride du Sénégal. Le destin joue un rôle essentiel dans cette histoire, surtout lorsque Adama refuse de diriger le village et que la sécheresse s'installe. A mesure que s'exprime son amour absolu pour Adama, Banel glisse dans une démesure qui la fait entrer dans la tragédie, aux côtés des grandes héroïnes des amours trahies. Libre, elle refuse tout conformisme et seule la scène finale -superbe- lui donnera un décor à sa mesure... Comme toutes les autres figures de ce film, Khady Mane qui interprète Banel jouait la comédie pour la première fois. Elle est impressionnante.
Après la projection de ce film, Ramata-Toulaye Sy a parlé de son film et répondu aux questions avec une détermination et une maîtrise captivantes. Elle a abordé une multitude de sujets liés à la conception du film, évoqué sa passion pour la littérature qui l'a amenée au cinéma, sa volonté de montrer une belle histoire en Afrique, hors du contexte de la migration ou du terrorisme, de mettre en images une femme puissante, de mêler tragédie et conte... Bref ! On attend son prochain film avec impatience.
Orno13
Orno13

26 abonnés 1 055 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 décembre 2024
Premier film de la réalisatrice ramata toulaye sy, qui a concouru pour la caméra d or lors du festival de Cannes 2023.
Le film est un conte cruel, moderne , métaphysique car il se situe dans l arrière pays sénégalais ou les croyances en un monde invisible et les superstition sont ancrés dans le mode de vie de ces villageois.
Comme le titre l indique la réalisatrice va se concentrer sur ce couple fusionnel dont le rêve est de s installer dans une maison loin du village, dont adama doit en devenir le chef suite au décès de son frère, son refus devant le conseil, va irrémédiablement apporter des malheurs au village ce qui va éloigner ce couple.
Un bon film qui décrit bien le voeu d émancipation des femmes africaine face au patriarcat mais qui se brise par les rites et coutumes du pays ce qui rend la chose inéluctable et façonne malgré tout û destin.
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juin 2023
C’est une histoire d’amour forte, entre deux jeunes d’un village isolé, où le poids des traditions est puissant, trop puissant. Banel et Adama vont se confronter au regard d’une tribune, qui privilégie le choix de la collectivité. C’est beau, puissant, la photographie est merveilleuse. Un premier long métrage très prometteur.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 septembre 2023
Ai vu le très très beau premier film de la jeune réalisatrice franco-sénégalaise, Ramata Toulaye-Sy, qui a été projeté à Cannes dans la Sélection Officielle 2023, "Banel et Adama". Un film entièrement interprété en langue peulh. Dans un petit village du Sénégal la pluie tarde alors que c'est la saison, les vaches meurent, la communauté se divise pendant que Banel et Adama s'aiment. Mais leur bonheur devient suspect spoiler: et est peut être la cause des malheurs qui s'abattent les uns après les autres sur la communauté.
Le scénario allie le conte, le fantastique, l'onirique, le sociologique avec délicatesse et sans aucune démonstration. Certains mouvements de caméra sont sublimes, les cadrages et la photographie de bout en bout superlatifs. Des idées de scénario et de mise en scène très originales comme par exemple spoiler: la maison qu'il faut déterrer,
où toutes les scènes où Banel se promène avec son lance-pierres. Nous nous laissons aspirer pendant 1h30 par l'histoire de Banel qui veut s'affranchir des rites, des coutumes, de la religion, qui se sent puissante simplement parce qu'elle aime. Est-elle une femme avant-gardiste et libérée, une égocentrique orgueilleuse où une sorcière maléfique ? Où comment le dérèglement climatique peut trouver une explication dans le quotidien de ses villageois. Khady Mane qui inteprète ce personnage si complexe qu'est Banel, est extraordinaire, une vraie révélation. Aucun misérabilisme, aucun jugement de valeur, la réalisatrice aime ses personnages et laisse toutes les portes ouvertes en faisant totalement confiance au spectateur. A noter également la très belle musique de Bachar Mar-Khalifé. Un film rare déjà parce que le cinéma africain n'est pas si souvent diffusé et parce qu'il est original et cinématographiquement très beau. Un nouvelle grande réalisatrice est née.
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 mai 2023
Banel et Adama est un film contemporain qui revêt les atours de la fable amoureuses et sociale mais qui interroge sur l'adaptation des communautés rurales sénégalaises aux attentes de ses jeune générations.

Banel et Adama s’aiment. Ils vivent dans un village éloigné au Nord du Sénégal. Du monde, ils ne connaissent que ça, en dehors, rien n’existe. Mais l’amour absolu qui les unit va se heurter aux conventions de la communauté. Car là où ils vivent, il n’y a pas de place pour les passions, et encore moins pour le chaos.

Poids des traditions qui semblent être la réponse à tous les maux rencontrés, ici une sécheresse persistante qui doit plus au dérèglement climatique qu'au choix de Banel et Adama de vivre librement leur amour.

Les images superbes s'entrelacent avec des séquences mystiques et l'ensemble vous cueille au fond de votre fauteuil.
Critique Facile
Critique Facile

109 abonnés 116 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 mai 2023
https://leschroniquesdecliffhanger.com/2023/05/21/banel-et-adama-critique/

Tout au long du film, nous sera délicieusement soufflé à l’oreille « Banel et Adama « . Cette phonétique devient une poésie, et finit par s’imposer à nous autant qu’à eux comme une évidence, c’est Banel et Adama. Ramata-Toulaye Sy partage avec son héroïne la détermination chevillée au corps, la rage d’aimer ancrée au cœur. Banel, c’est un portait salutaire d’une femme forte et contemporaine, avec cette aspiration d’aller au bout de ses passions. En Afrique, mais partout ailleurs, c’est une ode à la liberté d’être au monde.

La première partie sera chantante, ensoleillée, avec un Sénégal jamais carte postale, mais portée par les couleurs vives et chaudes des tenues de Banel, qui se fond dans le soleil, qui est le soleil. C’est l’avènement de leur amour, leur projet n’en déplaise aux grincheux, est de déblayer le sable pour vivre au creux de leur maison. Ils y retournent inlassablement, car c’est l’accomplissement de leur destin commun. Puis ils vont moins s’y rendre dans la deuxième partie, plus sombre dans sa mise en scène, dans sa photographie et des effets plus anxiogènes.

La sécheresse devient implacable, le bétail meurt à petit feux, et avec lui les illusions. Banel se met jouer du lance-pierres pour ensuite faire griller les lézards. Décidément, elle n’est pas comme les autres, limite flippante dans ses obsessions et on comprend qu’elle ne se soumettra pas à une hiérarchie clanique pourtant bien établie. Quelques petites longueurs viennent ponctuer Banel & Adama, ainsi que des bizarreries, et parfois une évidente naïveté, mais qui, assumée ou pas, ne gâchent pas l’énergie romanesque qui émane de ce premier film.

Banel & Adama est un conte très poétique et totalement original dans son aspiration d’un portrait de femme prête à tout, dans une communauté pourtant si codifiée. Leur amour fou est forcément inspiré et inspirant, car finalement l’amour, c’est… Banel et Adama.
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