Si les personnages et l'atmosphère générale commencent par intriguer, que la lenteur du récit semble recéler des trésors à venir, force est malheureusement de constater que tout cela semble finalement bien peu employé. On patiente, puis on s'ennuie un peu pour finalement désespérer qu'il se passe quelque chose de réellement prenant. On a plaisir à retrouver Joel Edgerton et Sigourney Weaver et l'on découvre avec plaisir la jeune Quintessa Swindell qui sont tous irréprochables et les partis-pris esthétiques de Paul Schrader portaient un vrai potentiel. Malheureusement, c'est bien peu au regard d'un scénario qui n'exploite quasiment aucun des sujets pourtant intéressants qu'il semblait couver; s'évertuant uniquement à laisser deviner les failles de ses personnages. On ressort au final avec le sentiment d'avoir suivi une histoire qui n'a jamais voulu s'offrir à nous.
Entre le sujet et le voile levé assez tôt sur la vie secrète du jardinier, on s'attend à un film qui décoiffe. Déception. L'esthétisme est présent mais la bascule vers la violence, l'explosion, se fait attendre pour de jamais arriver. Joël Edgerton est bon mais mal abreuvé par un nectar fade. Sigourney Weaver est très prévisible. Et Quintessa Swindell n'est pas convaincante, par manque de subtilité dans son jeu.
L'horticulture me semble être qu'un prétexte pour le sujet principal de ce film : la rédemption. Ça ne va pas plus loin que ça, mais on passe un bon moment de cinéma avec des acteurs très bons et une mise en scène sans temps mort.
Une histoire de rédemption d'un homme qui a trempé dans la violence et la haine et s'est reconstruit dans la nature en devenant jardinier qui transmet son art. Au service d'une femme fortunée, il endosse aussi le rôle du domestique. Le film est ponctué d'enseignements sur les lois de la nature et les bienfaits de la terre souvent malmenée. Les acteurs principaux (Joel Edgerton et Sigourney Weaver) peinent pourtant à nous convaincre tant l'intrigue est ténue et les rebondissements téléphonés.
On se laisse promener par le rythme du film, la qualité des images la voix de l'acteur (v.o.) et sans rien dévoiler par la beauté et l'organisation militaire d'un jardin. Tout celà sans compter sur l'objectif recherché, varier les styles. On trouvera ainsi un mélange farfelu et inconsistant de drame de romance et de polar !!!! L'objectif de ce genre de réalisation est la provocation, par manque d'inspiration.En résumé un plat de pâtes au ketchup, dommage parceque j'aime les pâtes, et le ketchup... séparés....!!!!
Je déteste le jardinage et ce n'est pas avec ce film que ça va s’arranger… L’image très belle qui rythme le film est le personnage principal Narvel Roth, assis à son bureau la nuit, écrivant dans son journal, mentionnant en voix-off quelques phrases-clés. Malheureusement, le film ne va pas au-delà de ce niveau d’introspection et reste très plat dans sa mise en scène, à l’exception de trop rares flashbacks et inserts. On comprend la volonté métaphorique de Schrader de créer un personnage qui tente de reprendre le contrôle sa vie comme il contrôle le jardin dont il a a la responsabilité, mais il est totalement incapable de la retranscrire en terme stylistique. A mille lieux d’un hiératisme qui aurait pu être inspirant, la mise en scène est juste plate et fade. Le seul élément qui élève par moment le film à l’excellence et la fascination est le sublime score électronique de Dev Hynes, mais c’est trop peu pour faire pencher la balance du bon côté.
Sigourney Weaver fait dans la botanique en ce moment et elle a conservé exactement le même rôle que dans The lost flowers of Alice Hart. Il est difficile d'entrer en empathie avec les personnages et je n'ai pas accroché sur le cliché du tandem raciste repenti / jeune métis. Un vrai jardin à la française, des lignes tracées sans surprises.
Master Gardener de Paul Schrader est une œuvre d’une rare beauté, un joyau discret qui redonne soudain foi en ce que le cinéma peut encore accomplir quand il ose être du cinéma. Tout, absolument tout, y est magnifique. La mise en scène, d’une sophistication feutrée et d’une naturel confondant. Elle épouse les silences avec une élégance qui n’a rien d’artificiel. Le scénario, lui, est un piège somptueux : on entre dans le film comme on pénètre dans un jardin, bercé par la quiétude et soudain tout bascule. Des rebondissements d’une trivialité brutale. On passe de la contemplation à l’urgence, du rituel au chaos, et c’est précisément dans ce jeu permanent des opposés – ordre et violence, pureté et souillure, silence et cri – que le film trouve sa vérité la plus troublante. Les interprètes sont exceptionnels. Joel Edgerton incarne une intériorité tourmentée avec une économie de moyens qui confine au prodige. L’image est un ravissement permanent. Les cadres sont d’une précision calligraphique. On sent le soin maniaque, presque obsessionnel, que Schrader porte à chaque plan. On a si rarement l’occasion, aujourd’hui, de voir du vrai cinéma. Paul Schrader est un génie. Il a l’allure d’un personnage échappé d’un film de David Lynch – silhouette austère, regard hanté, voix grave qui semble venir d'outre-tombe. Il filme comme on pratique un art martial : chaque geste est nécessaire, chaque absence est calculée. Ce film est une belle, une immense surprise.
Film très fin qui ne bascule pas que dans la violence...les silences en disent long les regards, les personnages sont très bien interprétés. Je recommande car ce film est à part....Le jardin et le "vernis social" décrit dans ce film donne à réfléchir...la notion de power aussi sur l autre qui a toujours une limite. Intéressant, vraiment !
Master Gardener suit un homme solitaire enfermé dans une routine stricte, confronté à un passé qu’il tente de contenir. Un film que j’ai trouvé cohérent dans son intention, mais assez distant et peu impliquant.
Avant de le voir, il faut avoir en tête que Paul Schrader s’inscrit dans la continuité de ses œuvres récentes centrées sur des personnages isolés en quête de rédemption. Le film adopte une mise en scène épurée et un rythme lent, privilégiant l’observation et l’intériorité. Le cadre du jardin structure l’ensemble, avec une logique de contrôle et de transformation, dans une approche minimaliste tournée vers l’étude d’un état plus que vers un récit classique.
Le film explore la culpabilité et la possibilité de transformation, en montrant un personnage marqué par son passé cherchant à se redéfinir par une discipline stricte. Il interroge la rédemption comme un processus incertain, tout en abordant l’identité et le poids de ce que l’on a été. Le motif du jardin prolonge cette idée, en incarnant une tentative de mise en ordre.
Le récit s’intéresse aussi aux rapports de pouvoir, à l’héritage et aux tensions liées à des idéologies passées, suggérant que le passé, individuel comme collectif, continue de structurer le présent. Il aborde l’amour comme une possibilité de changement, tout en en montrant les limites, dans une réflexion sur le contrôle et la violence contenue.
Après Sur le chemin de la rédemption puis The Card Counter, je savais que je retrouvais le même travail de Schrader, mais cette fois-ci, ça a beaucoup moins pris. Le film s’enferme dans une répétition de son dispositif, au point de devenir le moins convaincant de la trilogie. La mise en scène reste cohérente, mais cela ne suffit pas à maintenir l’intérêt.
Le rythme est très lent, parfois décousu, sans réel apport. La narration reste peu guidée, laissant place à une réflexion intérieure que je comprends sur le papier, mais qui ne m’a jamais touché. J’ai ressenti une forte distance émotionnelle. Les thématiques sont présentes, mais leur traitement m’a semblé trop appuyé et répétitif pour fonctionner pleinement.
Au final, Master Gardener propose une continuité logique dans le travail de Schrader, avec des thématiques fortes et une vraie cohérence formelle. Un film maîtrisé dans son intention, mais qui peine à renouveler son approche et à créer une véritable implication, au point de rester assez distant.