They/Them
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RedArrow

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2,0
Publiée le 8 août 2022
Rendre littérale l'horreur psychologique d'un camp de réorientation sexuelle en en faisant le terrain de jeu d'un tueur de slasher, l'idée est plutôt originale et on se demande même comment un Ryan Murphy n'y a pensé pas avant pour une saison de "American Horror Story", parfait écrin pour ce type de concept. "They/Them" en aura donc la primeur, permettant à John Logan, scénariste de "Gladiator", "Aviator" ou de "Sweeney Todd" (excusez du peu) de faire ses débuts derrière la caméra et, d'un point de vue esthétique, on peut dire qu'il réussit à placer cette production Blumhouse dans le haut du panier des films de la firme (le prologue, notamment par sa photo travaillée, nous fait tout de suite dire qu'on est loin de la platitude formelle d'une de leurs teen-épouvanteries lambdas).
Et on veut bien le croire tant les premiers pas des jeunes "patients" dans ce camp se font intelligemment sous la forme d'un contrepied complet vis-à-vis des préjugés du spectateur sur ce genre d'endroit. Là où la rigidité froide du conservatisme religieux américain et toute sa bigoterie démente sont en effet attendus, "They/Them" nous présente un lieu qui tient en réalité plus de la colonie de vacances ensoleillée, régi par un personnel encadrant étonnamment bienveillant à l'égard des nouveaux venus. Par son ton chaleureux et sa compréhension des difficultés de ces jeunes, le discours d'accueil du directeur (Kevin Bacon, évidemment parfait) va même totalement à l'opposé de la caricature que l'on imaginait.
Autre bon point, en laissant longtemps son tueur de côté (et ce n'est pas plus mal), le film va préférer s'attacher à construire une galerie de protagonistes convaincants. Que ce soit via l'éclectisme du spectre de leurs difficultés à vivre leurs sexualités respectives par eux-mêmes ou avec leurs proches (du personnage de fille modèle devant étouffer son homosexualité dans son milieu bourgeois à celui transexuel s'assumant comme tel face à une famille qui cherche à le renier, le film offre un large éventail de situations), la belle cohésion progressive du groupe qui culminera lors d'une entraînante séquence sur un célèbre morceau très bien choisi pour l'occasion ou encore la découverte de certains sentiments naissants en un lieu qui cherche justement à les éteindre, tous ces jeunes se révéleront en majorité attachants et définis par une force de caractère plus complexe que les standards habituels d'un slasher. Face à eux, le personnel ne sera pas en reste: en miroir aux masques portés par les adolescents pour cacher leurs souffrances, les adultes laisseront peu à peu tomber les leurs, avec leurs sourires de façade, de manière particulièrement perfide pour s'introduire dans l'esprit de leurs "patients" et les malmener tout en révélant des déviances bien plus terribles que ce qu'ils considèrent être des maux chez ces ados. À ce titre, en axant la première partie sur tous ces personnages portés par un bon casting et les manipulations psychologiques qui se mettent en place au camp, "They/Them" sera vecteur d'une très belle ambiance, alliance bien pensée de légèreté et d'instants pesants (la séance chez la thérapeute ou le cours de cuisine en sont le paroxysme), où tout semble pouvoir arriver dans les recoins les plus obscurs et secrets de ces cabanes couvant une folie latente...

On ne comprendra jamais trop comment cela a été possible, surtout dans ces proportions mais, après une telle mise en place remplie de qualités à louer, "They/Them" va ensuite se rater sur à peu près tout ce qu'il entreprend, jusqu'à tutoyer fortement les frontières du ridicule.
On le présageait lorsqu'il se tournait quelques fois vers des moments de slasher au sens strict, convoquant une imagerie horrifique franchement dépassée (du look "Voorheesien" du tueur avec son masque à la symbolique grossière au personnage très risible du jardinier), John Logan ne semble tout simplement pas à l'aise avec cette dimension de son long-métrage et la maîtrise des canons du genre qu'elle induit.
Ainsi, lorsqu'à la fois la part sombre du personnel se dévoile plus frontalement et que l'assassin passe à la vitesse supérieure, plus rien ou plus grand chose ne fonctionne. On peut même situer plus précisément ce basculement qualitatif au moment où, inexplicablement et presque d'affilée, surgissent deux séquences érotico-softs à la durée bien trop longues pour ne pas être autre chose que gênantes et gratuites. À partir de là, "They/Them" sera en roue libre, échouant ou expédiant tout son versant de slasher et d'horreur psychologique par un enchaînement de meurtres pas très marquants à vitesse grand V pour aboutir à la révélation peu surprenante de l'identité de son tueur. Certes, les motivations de ce dernier dans le climat austère de ce camp et ce qu'elles permettent d'éclairer dans l'esprit du personnage principal qui lui fait face ne sont pas les choses les plus bêtes que l'on ait vues dans ce type de film mais l'écriture pour les mettre en relief ne suit pour ainsi dire jamais, les ficelles sont trop grosses, faisant des intervenants de cet affontement de simples hauts-parleurs sur pattes de leurs tourments intérieurs pendant le dernier acte. On passe plus de temps à se demander comment un scénariste avec un tel CV a pu se planter à ce point dans son domaine de prédilection, gâchant tout ce qui avait été si fort bien entrepris auparavant.

"They/Them" est donc un film raté, c'est incontestable, mais un ratage somme toute assez sidérant vu les vraies bonnes choses qu'il met en place à bien des niveaux pour ensuite partir en vrille, comme si John Logan réalisait son incapacité à tenir la barre d'un véritable slasher et la lâchait volontairement pour laisser son navire se cracher directement dans les récifs les plus proches. Le long-métrage avait tout pour effectuer au minimum un voyage sans trop d'encombres mais son capitaine n'avait visiblement pas encore toutes les compétences pour le mener à bien. Un échec tout de même étonnant à découvrir.
Shawn777

805 abonnés 3 934 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 octobre 2023
Un slasher dans un camp de thérapie de conversion, c'est une idée tout aussi bonne que bancale (surtout aujourd'hui où tout et n'importe quoi peut être sujet à polémique) et c'est malheureusement une idée qui n'est pas assez exploitée ! Réalisé par John Logan et sorti en 2022 sur Peacock avait tout pour réussir, surtout venant d'un scénariste aussi bon. Et on sent la volonté d'ailleurs de reproduire cette ambiance slasher très 80's avec cette atmosphère "Vendredi 13" forcément (ce qui est d'ailleurs un des premiers films de Kevin Bacon) mais également, entre autres, "Sleepaway Camp" et ceux qui ont vu ce dernier comprendront pourquoi la comparaison est particulièrement intéressante. Sauf que je parle du slasher depuis tout à l'heure parce-qu'on nous vend le film comme tel alors ce n'en est en réalité pas vraiment un. Effectivement, hormis la scène d'introduction simple et efficace et la toute dernière partie (d'une dizaine de minutes, on ne va pas se mentir), le reste, c'est du drame sur la thérapie de conversion. Et je n'ai rien contre, c'est également un très bon sujet, d’autant plus effrayant qu'il rejoint la réalité, mais le film n'a pas su mêler ces deux éléments correctement. C'est-à-dire que si j'ai envie de voir un film sur les thérapies de conversion, je regarde "Boy Erased" qui fait d'autant plus peur qu'il en est dix fois plus réaliste ou alors "But I'm a Cheerleader" pour rire amèrement avec le film tant ce dernier met en avant l'absurdité des thérapies de conversion. Ici, on est dans un entre deux, le film tente de faire de la fiction avec ces éléments de slasher pur et d'y inclure une sorte de partie dramatique avec cette histoire de thérapie mais les deux ne vont jamais ensemble, contrairement encore une fois à "But I'm Cheerleader" qui avait réussi à mixer humour et drame et c'était un pari ô combien risqué sur ce genre de sujet. Ici, on sent que le film est toujours trop timide, qu'il n'ose jamais aller jusqu'au bout de ses idées pour d'ailleurs nous offrir une fin très mauvaise. En fait, le film donne cette impression de ne jamais sur quel pied danser et quelle morale donner à tout ça, ce qui rend la fin complètement fade en plus de revenir soudainement dans le slasher, comme pour dire "si, si, vous avez vu, on est dans un slasher hein". Même si "They/Them" possède donc beaucoup de défauts, tout n'est pas à jeter ; le film parvient à être effrayant ou du moins à installer une ambiance inquiétante dans sa partie thérapie de conversation mais ne vous attendez pas à un slasher.
Julien Chevillard
Julien Chevillard

195 abonnés 181 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 août 2022
par le scénariste john logan They/Them (prononcé « They-Slash-Them") est un film de slasher américain de 2022 écrit et réalisé par John Logan dans son premier long métrage, et produit par Blumhouse Productions. Il met en vedette Kevin Bacon, Carrie Preston, Anna Chlumsky, Theo Germaine, Quei Tann, Anna Lore, Monique Kim, Darwin del Fabro, Cooper Koch et Austin Crute, et suit un groupe d’adolescents LGBTQ qui sont ciblés par un tueur en série alors qu’ils participent à un camp de conversion.
Le film a été présenté pour la première fois au festival du film Outfest le 24 juillet 2022 et devrait commencer à être diffusé sur Peacock le 5 août 2022.
le tournage avec la directrice de la photographie Lyn Moncrief a débuté à Atlanta au Camp Rutledge le 13 septembre 2021, sous le titre de travail Rejoice
Killian L
Killian L

54 abonnés 287 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 novembre 2024
Plutôt agréablement surpris par ce film dont je n'attendais pas grand chose. Ce n'est pas tant l'horreur qui est certes présent mais se perd un peu entre le slasher qui tarde à venir et le thriller autour d'un lieu hostile qui révèle peu à peu sa vraie nature mais pour le message positif que le film véhicule. Film assez oubliable mais plein de vérité et on passe finalement un bon moment !
Lokao O
Lokao O

9 abonnés 397 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 août 2024
Sujet original voir osez peut être pour ça qu’il n’est pas encore arrivé chez nous bacon Kevin comme souvent bon
O J
O J

3 abonnés 44 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 septembre 2024
Slasher sans absoluement aucun intérêt caché derrière un message d'nclusion très mal maitrisé et limite hors de propos.
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