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Un visiteur
5,0
Publiée le 12 septembre 2025
Le film sur la religion par excellence. C’est fou de se dire que Pasolini est athée après avoir vu ça. J’ai été complètement envoûté par sa mise en scène et son récit. Même les petits défauts qu’il pourrait y avoir ont leur charme. J’adore comment les répliques bibliques ont été incorporées, c’est du génie et Enrique Irazoqui a clairement été touché par la grâce. Le personnage de Jésus est magnifiquement magnifié, j’ai eu l’impression qu’il était seul au monde et en même temps qu’il s’adressait à tout le monde. C’est une poésie visuelle du début à la fin où chaque plan semble être en concurrence esthétique avec le précédent. Je n’ai vraiment pas vu les 2h10 passées. Je comprends mieux son statut de monument du cinéma, c’est une œuvre à voir absolument.
Techniquement médiocre: mal filmé, zooms grossiers, sound design et bandes voix terribles. Les dialogues sont déclamés raidement par des acteurs en studio. Les décors naturels, un bon point en soi, ne sont pas vraiment convaincants, on se sent bien plus en Italie qu’en Judée. Le propos, certes intéressant, s’en trouve fortement affaibli. Dur de regarder ça quand on connaît le merveilleux ‘La Dernière Tentation du Christ’, qui pour le coup donne vraiment la sensation d’être sur les lieux à l’époque.
Besoin d'un retour à un cinéma « pur » avec des vraies gueules, des gestes sobres et des paysages nus. Mise en scène désertique et forte, qui colle ici parfaitement au propos. Un amour des visages et des êtres très intense lui aussi (la multitude de figurants, dont il cadre encore et encore les expressions, a une place prioritaire. Leur présence sans cesse mise en valeur renforce le thème du film) Le personnage de Marie est le plus bouleversant pour moi, ses expressions accompagnées de « Sometimes I feel like a Motherless Child » par Odetta... BO magnifique
Un film qui dégage une force par la mise en scène et par le poids de l'Histoire qu'il relate. Les gros plans de Pier Paolo Pasolini sont exceptionnels c'est un cinéma pictural comme si l'on comparait ces plans à des tableaux. Le travail sur l'image est bien précis et la scène d'ouverture tout en silence est un chef d'œuvre du cinéma tout en simplicité et sobriété. C'est un film à découvrir.
Là ou Scorcese pris le risque d'adapter un version romancé des évangiles, Pasolini avait lui choisi de rester fidèle au texte de St Matthieu. Cepandant, il a su donner son empreinte dans ce film. En me penchant rapidement sur la spécificité de cette évangile,j' ai noté qu' il accordait plus d'importance aux prèches de Jesus ce qui a du être un élément important pour Pasolini. La vision donné de Jesus à travers le film est celle d' une sorte de "révolutionnaire" tribun (le ton que prend l'interprête Enrique Irazoqui va dans ce sens).Si Pasolini utilise énormément les gros plans sur les visages, au niveau de la mise en scène, il garde une certaine distance avec le personnage du Christ (je n' ai pas noté bcp de plan en contre plongée).Les acteurs ne seraient pas professionnels et cela se voit un peu ( l'expression du visage de certains apôtres pas assez expressive parfois selon moi). La musique est parfaite elle (Extraits des œuvres de Bach, Webern, Mozart, Prokofiev, de la « Missa Luba » (messe congolaise), de Spirituals et de chants révolutionnaires russes
De très beaux plans mais aussi beaucoup de plans qui semblent inachevés (mouvements de caméra et montage approximatifs), surtout de la part d'un réalisateur qui fait le choix du NB La séquence qui zappe en cascade les citations de Jésus est un vrai gâchis, j'aurais préféré une sélection certes restrictive de deux ou trois sermons mais qui auraient pu rendre ces paroles plus accessibles et plus profondes Je ne sais pas quelle était l'intention de Pasolini en faisant ce film, clairement pas d'exprimer son point de vue car le script et le texte mot pour mot sont ceux de l'évangile, rien ne peut lui être reproché là-dessus et c'est peut-être le plus grand intérêt de ce film
L’histoire de Jésus racontée sans déviation aux évangiles et de façon assez dépouillée. Il manque une trame spirituelle car on ne comprend pas toujours la logique des évènements racontés.
Ce film marque souvent pour son matérialisme profondément marxiste, certains y voient une absence de spiritualité, d'autres (c'est mon cas) y voient l'apologie du Verbe, qui, détaché d'un kitsch récurrent, d'une bonne conscience moralisante se manifeste par sa profondeur subjective. Pasolini n'est pas catholique, il est sans doute chrétien... mais s'affiliant à un christianisme subversif (au sens positif du terme), un christianisme qui se veut, plus qu'anachronique, universel (chants révolutionnaires russes) et surtout humain (non surjoué par des personnages secondaires habituellement touchés par la "grâce"). Un exploit, pour moi.
Pasolini qui dresse un portrait presque documentaire de Jésus, qu'on perçoit dans sa dimension révolutionnaire. Les images sont magnifiques. les acteurs (amateurs !) à tomber. Les musiques sont judicieusement choisies. Un des plus beau film du monde.
Un chef d’œuvre éblouissant de beauté. Il s'agit là de la sublime mise en scène de l'évangile de Matthieu. Inutile donc de s'attendre à un film ayant une approche psychologique ou historique, là n'est clairement pas le sujet : le scénario est écrit 2000 ans à l'avance, les dialogues vous renverront au cours de catéchisme par la voie passionnée d'Enrique Irazoqui (à voir en VO) . Simplement superbe le film nous balade de portraits humbles et rudes en paysages gigantesques et rudes. Tout n'est que beauté, humilité, sobriété. La performance générale de la multitude d'acteurs est fascinante. Le visage ces « brebis » accaparent la majeur partie du film, les images sont admirables et expriment une humanité profonde. Enfin la BO ne fait qu'ajouter à la maîtrise totale de cette œuvre.
Avec L'Évangile selon saint Matthieu, Pier Paolo Pasolini réalise sans doute l’une des adaptations bibliques les plus radicales et dépouillées de l’histoire du cinéma. Refusant toute emphase spectaculaire, il filme le texte sacré avec une austérité presque documentaire, mêlant visages non professionnels, paysages arides et un noir et blanc d’une âpreté bouleversante. Le Christ incarné par Enrique Irazoqui apparaît comme une figure à la fois mystique et farouchement humaine, portée par une intensité presque révolutionnaire. Par un montage nerveux et une bande sonore qui juxtapose Bach, spirituals et musiques populaires, Pasolini insuffle au récit évangélique une dimension à la fois archaïque et profondément moderne. D’une très grande puissance spirituelle, le film transcende le simple cadre religieux pour devenir une méditation universelle sur la parole, la foi et la révolte.
Un film fabuleux, d'un noir et blanc sublime avec un acteur superbe. Une vision de la vie du Christ très loin des films mièvres ou du plaisir sado-maso de Mel Gibson. Ca n'est en aucun cas un film de catho et c'est ce qui lui donne sa force. Un vision d'un non croyant qui cherche à comprendre. Cela devient donc un film incroyablement poétique.