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5,0
Publiée le 7 mars 2026
Avec L'Évangile selon saint Matthieu, Pier Paolo Pasolini réalise sans doute l’une des adaptations bibliques les plus radicales et dépouillées de l’histoire du cinéma. Refusant toute emphase spectaculaire, il filme le texte sacré avec une austérité presque documentaire, mêlant visages non professionnels, paysages arides et un noir et blanc d’une âpreté bouleversante. Le Christ incarné par Enrique Irazoqui apparaît comme une figure à la fois mystique et farouchement humaine, portée par une intensité presque révolutionnaire. Par un montage nerveux et une bande sonore qui juxtapose Bach, spirituals et musiques populaires, Pasolini insuffle au récit évangélique une dimension à la fois archaïque et profondément moderne. D’une très grande puissance spirituelle, le film transcende le simple cadre religieux pour devenir une méditation universelle sur la parole, la foi et la révolte.
Le pire film sur Jésus-Christ que j’aie jamais vu. Je l’ai arrêté au bout d’une heure.
Une personne n’ayant jamais lu les Évangiles ne pourra tout simplement rien comprendre… C’est aussi simple que ça.
Je me demandais pourquoi La Passion du Christ de Mel Gibson s’était fait démolir par les journalistes, alors que celui-là reçoit uniquement des éloges.
Eh bien, j’ai ma réponse ! Il n’y a aucun enseignement chrétien dans ce film ou alors il est hors contexte au point où il en devient incomprehensible.
Le film de Mel Gibson était accusé "d’antisémitisme"; Et bien, le filùde Pasolini ne risque pas de l’être.... je n’ai pas entendu parler une seule fois des pharisiens, et je ne suis même pas sûr qu’il soit précisé que l’histoire se déroule en Judée.
Non, franchement, le pire film sur le Christ que j’aie jamais vu. Si vous voulez découvrir la vie du Seigneur Jesus-Christ, alors ce film n'est pas fait pour vous. En fait je ne sais pas pour qui il est fait.
Le film sur la religion par excellence. C’est fou de se dire que Pasolini est athée après avoir vu ça. J’ai été complètement envoûté par sa mise en scène et son récit. Même les petits défauts qu’il pourrait y avoir ont leur charme. J’adore comment les répliques bibliques ont été incorporées, c’est du génie et Enrique Irazoqui a clairement été touché par la grâce. Le personnage de Jésus est magnifiquement magnifié, j’ai eu l’impression qu’il était seul au monde et en même temps qu’il s’adressait à tout le monde. C’est une poésie visuelle du début à la fin où chaque plan semble être en concurrence esthétique avec le précédent. Je n’ai vraiment pas vu les 2h10 passées. Je comprends mieux son statut de monument du cinéma, c’est une œuvre à voir absolument.
Je dois avouer que le film m’a laissé de marbre. Austère, c’est peu dire : tout est là, mais sans la moindre tentative de mise en scène clinquante. On sent bien que Pasolini voulait coller au texte à la virgule près, mais au final ça donne quelque chose d’un peu… plat, pour rester poli. Alors oui, j’ai bien lu que certains considèrent ça comme un chef-d’œuvre absolu, une œuvre d’une pureté incomparable, une vision sublime du Christ dans la rugosité des visages et des paysages. Moi, devant ce film, j’étais surtout perdu : j’attendais de l’émotion, une aura mystique, un souffle épique… et j’ai eu un docu-biblique filmé comme un reportage RAI des années 60. Bref, j’ai pas compris le culte.
Marxiste, dépourvu, comme il l'a dit lui-même, de culture religieuse, Pasolini n'était pas forcément celui dont attendait une vie du Christ. Pour autant, tout en se détournant de la compassion et de la dévotion, du sublime, cet Evangile selon Saint-Matthieu est une oeuvre respectueuse n'ignorant aucun des faits marquants de Jésus. Le sacré, entretenu par la musique de Bach et de Mozart, a ici le caractère de la sécheresse (de la mise en scène, des paysages) et du dénuement, le caractère de l'authenticité aussi avec une figuration silencieuse de ruraux et une reconstitution sans faste dans des décors naturels. Pasolini évoque la parole du Christ sans trahir ni embellir. Le Messie qu'il filme, répandant la parole sur un ton qui relève plus de l'admonestation que de la bénédiction, sur un ton offensif et en rien compassé, a quelque chose du militant appelant à un nouvel ordre, voire à la révolution. Le cinéaste voit sans doute des analogies entre le message christique et le prosélytisme marxiste. Ce Christ, remarquablement incarné par Enrique Irazoqui, rompt en tout cas avec l'iconographie courante. Et, paradoxalement, le style et l'approche de Pasolini donnent à la vie de Jésus l'apparence de la réalité historique là où le croyant cultive généralement le mythe.
Lorsque je lis qu'il s'agit d'un chef-d'œuvre j'ai l'impression de ne pas avoir vu le même film. On lit que la photographie est magnifique, elle est épouvantable, la majorité des plans sont mal cadrés, coupent des personnages de l'écran. Le film est d'une lenteur et d'un ennui absolu alors qu'il se veut sûrement méditatif et spirituel. Les acteurs semblent attendre qu'on les dirige, les regards sont étranges, désincarnés. J'ai beaucoup lu que ce film déplaisait aux athées. Je suis un catholique convaincu qui a lu plusieurs fois les évangiles, je ne reconnais pas la passion et la puissance de celui de St Matthieu. Ce film a probablement très mal vieilli. Et Pasolini, entre ça et les 120 journées de sots d'hommes (j'évite la censure), c'est vraiment épouvantable.
Pasolini est membre de mon club personnel des réalisateurs dont chaque film m'enthousiasme mais pour lesquels j'ai besoin d'un certain laps de temps entre deux découvertes, finalement j'ai regardé cet évangile et j'en sors conquis mais avec une interprétation personnelle que je m'apprête à vous dévoiler en gardant bien à l'esprit que je ne suis pas un grand spécialiste du personnage Pasolini et que cette théorie sur ses intentions n'est que mon impression subjective.
Pasolini choisit de mettre en image un évangile précis et de le faire de la façon la plus littérale possible, s'abstenant ainsi de se laisser aller à toute forme d'interprétation de ces écrits religieux, fondateurs du catholicisme. Si la mise en scène ne souffre d'aucune critique sur le plan esthétique, ce choix d'une évocation fidèle aux écritures pose question. Il pose question dès lors qu'on connait l'anticléricalisme de Pasolini, dès lors qu'on connaît en revanche sa foi profonde au christianisme, dès lors qu'on sait que ses parents, tous deux des intellectuels, croyants mais pas bigots, critiques eux aussi envers le dogme et le clergé l'ont élevé dans une pratique de la religion ouverte et tout sauf intégriste.
Pour revenir un instant sur la mise en scène, et cela va apporter mon premier argument en faveur de ma théorie, le film semble avoir été pensé et mis en scène comme un documentaire, comme si par magie une équipe de documentaristes s'était retrouvée à suivre les protagonistes et les faits sensés s'être produit il y a deux millénaires dans cette partie du monde. Or l'on sait de façon absolument certaine - l'église elle même l'ayant reconnu - que les évangiles ont été écrits plusieurs siècles plus tard, qu'ils sont apocryphes et que si le clergé a retenu seulement quatre d'entre eux, ils en existe d'autres et que le choix des évangiles élus et devenus canoniques s'est fait sur des critères qui n'étaient pas forcément religieux ou spirituels mais plutôt dictés par les intérêts du clergé à conforter auprès de populations illettrées une hiérarchie qui servirait sa main mise sur le monde. On connait par exemple une évangile selon Marie Madeleine qui remet en cause totalement la place de la femme dans l'église ou une selon Judas qui elle remet en question l'idée de la traitrise de ce dernier et du dessein du Christ. Ce dernier évangile servant d'ailleurs de base au film La Dernière tentation du Christ.
Ne doutant pas du fait que Pasolini fut affranchi de ces connaissances, pourquoi dès lors, connaissant sa propension à critiquer une église dogmatique et décorrélée des intérêts des plus faibles, a t'il à ce point tenu à délivrer un film aussi fidèle aux écritures canoniques ?
Je pense en ayant vu le film, qu'on peut parler d'un acte de piraterie, d'un acte de filouterie absolument malin et insolent. En effet en agissant ainsi, il écorne déjà pas mal l'image de Jésus, ici Jésus n'apparait pas comme le doux hippie un peu exalté et pétri de bonté à laquelle l'iconographie populaire nous a habitué, mais il se révèle un homme froid, assez direct. Peu tolérant, d'une certaine façon intégriste. Sa démarche mais surtout ce visage anguleux, barré d'un sourcil accusateur en font un Christ porteur de glaive et d'opprobre, ici Jésus n'est pas sympathique.
Une fois la réputation de ce dernier mise à mal, Pasolini peut en respectant à la lettre le texte, élu d'un choix d'hommes avides de pouvoir sous le sceau d'une respectabilité spirituelle finalement secondaire, mettre le nez du clergé dans l'ignominie et le cynisme de ses dogmes. La promesse en premier lieu d'un paradis pour les plus pauvres, comment ne pas y voir un moyen odieux de maintenir une population au plus bas en lui faisant miroiter une utopie future et de cette façon garder pour le clergé et quelques puissants les richesse terrestres ?
Je pourrais encore lister d'autres points qui tendent à prouver que Pasolini accuse ainsi en inversant les stigmates l'église de ses failles idéologiques et du profond problème qui l'accable et vident peu à peu les lieux de cultes bien trop éloignés des aspirations des croyants.
Encore une fois c'est une idée subjective dont j'ignore la réalité ou la volonté du cinéaste mais qui me parait évidente.
Pier Paolo Pasolini déclarait ne plus être croyant depuis l’âge de 15 ans et était connu pour les aspects sulfureux de son œuvre. Le voir s’attaquer à l’adaptation de L’Évangile selon Matthieu, surtout après La Ricotta qui lui avait valu une condamnation pour "insulte à la Religion d’État", pouvait laisser augurer une œuvre auréolée de scandale. Et pourtant, le cinéaste livre un film extrêmement respectueux du matériel d’origine et de la religion catholique au point d’être dédié au Pape Jean XXIII, décédé l’année précédente. Pasolini évite tout sensationnalisme et offre un film très dépouillé qui est l’inverse totale du cinéma religieux hollywoodien. Même s’il propose des choix de réalisation (utilisation de la caméra portée pouvant parfois donner une impression de reportage et de réalisme, filmage du procès de Jésus de loin depuis le point de vue des apôtres…) et de musique (mélange de musique classique européenne, en particulier La Passion selon saint Matthieu de Johann Sebastian Bach, avec du gospel ou de la musique congolaise qui montre l’universalité du récit) originaux, le réalisateur se concentre essentiellement sur le texte et le message du Christ. Alors qu’on pourrait craindre que cette austérité amène à une sorte d’ennui (ce qui sera malgré tout peut-être le cas d’un public habitué aux blockbusters), L’Évangile selon saint Matthieu arrive à créer une certaine fascination provenant certainement de celle que Pasolini possédait pour son personnage malgré son agnosticisme revendiqué. Ainsi, cet adepte du scandale rejetant toute religion signe peut-être l’œuvre cinématographique la plus en phase avec les écrits bibliques tout en ayant réussi à plaire tout autant à la presse marxiste (sûrement car il montre l’aspect révolutionnaire du Nazaréen) et au public purement cinéphile, recevant le Lion d’argent et surtout le Grand Prix de l’Office catholique du cinéma à la Mostra de Venise où il représentait l’Italie un an après avoir pourtant été accusé de blasphème.
Faire de l’histoire la plus extraordinaire, la plus ennuyante, c’est un véritable exploit ! Ce navet est sans aucune saveur. Des longueurs épouvantables. Des gros plans niais. Des paniers à fruits en guise de couvre-chefs, du gros n’importe quoi. Un truc pour universitaires sans aucun intérêt. C’est souvent le problème des intellos: tout dans le cérébral et un grand manque de compréhension des cœurs et des tripes. Je n’ai pas réussi à tenir plus loin que la moitié du film. C’est le premier film de Pasolini que je vois et aucune envie d’en voir un autre.
Techniquement médiocre: mal filmé, zooms grossiers, sound design et bandes voix terribles. Les dialogues sont déclamés raidement par des acteurs en studio. Les décors naturels, un bon point en soi, ne sont pas vraiment convaincants, on se sent bien plus en Italie qu’en Judée. Le propos, certes intéressant, s’en trouve fortement affaibli. Dur de regarder ça quand on connaît le merveilleux ‘La Dernière Tentation du Christ’, qui pour le coup donne vraiment la sensation d’être sur les lieux à l’époque.
Beaucoup de films ont traités la vie de Jésus selon les Évangiles mais tous n ont pas la profondeur,la beauté des images dont le noir et blanc magnifie le tout, et surtout une mise en scène époustouflante typique pasolinienne avec des multiplications des gros plans assez émouvants et des plans d ensemble très intéressants dont on admire les paysages. Une bande sonore mémorable notamment la chanson d odetta qui rythme une partie du film, notamment la scène épique du baptême de Jésus par jean le Baptiste Cultissime
Une illustration de l'évangile de Matthieu dans une mise en scène minimaliste visant à exacerber la force de l'interprétation quitte à sembler froide, distante, uniquement discursive. Reprenant le texte biblique, le récit avance par ellipses et scènes clés afin de souligner la force persuasive de Jésus ainsi que la morale chrétienne sans ornement dispensable. Un style néoréaliste qui pourra rebuter malgré la pureté de l'image unie à la puissance de la musique. Symbolique.
Pasolini s’emparait en 1964 d’une histoire très peu confidentielle (le suspense de l’issue du récit n’étant pas prégnant) et réussissait l’exploit d’être acclamé de tous les bords, autant par ses amis communistes que par les croyants pratiquants. Proche des textes sacrés mais illustré par son point de vue propre grâce à son utilisation particulière de l’espace, la beauté du noir et blanc, la direction d’acteurs (l’inconnu jouant Jesus étant presque habité), la gestion du silence et du contemplatif. Pur plaisir de cinéphile mais pas que, pas si exigeant tant on est happé (pas loin d’être hypnotisé) dès les premières scènes jusqu’à la Résurrection (oups j’ai spoilé…).