Un des meilleurs film de l'année 2022 couronné de 9 Goyas et, tout dernièrement du César 2023 du meilleur film étranger. C'est mérité.
Antoine (Denis Menochet) et sa femme Olga (Marina Fois) , un couple de français retirés en Galicie dans une ferme bio qu'ils restaurent pour y attirer des touristes, se trouvent aux prises avec les habitants du hameau, tous pauvres et trimant une terre qui rapporte peu, qui escomptent la venue d'un parc éolien pour les sortir de leur misère mais auquel le couple s'oppose.
Considérés comme des instrus et surtout comme des empêcheurs de tourner en rond , les relations avec les locaux dégénèrent gravement, surtout avec deux frères , Xan (Luis Zahera) et Lorenzo qui passent à acte en ouvrant des hostilités qui vont crescendo jusqu'à ce qu'Antoine disparaisse au cours d'une promenade...
Olga désormais seule résiste, malgré l'insistance de sa fille à la ramener en ville, sillonnant la montagne et les les vallées à la recherche d'un indice démontrant qu'Antoine a été assassiné par ses voisins, assistée mollement par la Guardia civil.
Pendant tout le film la tension ne cesse de monter sur fond de paysage bucolique et de clochettes qui tintinnabulent . Deux visions s'opposent frontalement, celle des locaux qui rêvent de partir et celle d'urbains éduqués qui voudraient s'implanter au nom d'un retour à la nature. Les points de vue sont irréconcilables et les haines sont doublées des rancœurs historiques (et réelles) qui opposent français et espagnols depuis l'époque napoléonienne, dont les atrocités ont été immortalisées par Goya.
Le casting est parfaitement réglé et le suspense dure du début à la dernière minute, avec une première scène de chevaux qui ne doit rien au hasard.
As Bestas est en définitive une fable triste qui laisse penser qu'un monde tout entier est en train d'être englouti et que les paysages se désertifient inexorablement.
Il existe une autre approche. Je conseille à ceux que le film a ému de regarder sur internet cet autre film de 26 minutes, sonorisé, de Luis Bunuel tourné dans Las Hurdes en 1932 ("Terre sans pain") , d'y considérer la misère de ces terres situées à une heure des grandes capitales et regarder ensuite un reportage sur ce que ces terres sont devenues aujourd'hui grâce à l'Union Européenne et d'écouter ce qu'en disent les villageois espagnols.
Traitant du thème de la haine de l'autre qui, lorsqu'elle est liée à la proximité et la pauvreté, mène à l'inéluctable, AS BESTAS restitue une tension et une atmosphère pesante du générique du début du film jusqu'à la fin. Un film incroyable avec des acteurs formidables de justesse. Non seulement on y croit, mais on le vit. Chapeau!
Il est toujours périlleux de se lancer dans l'exercice du malaise paysan, de la simplicité de cette condition qui mène pourtant à de rudes combats, entre éthique et humanité.
As Bestas est une extraordinaire performance du réalisateur madrilène Rodrigo Sorogoyen.
Deux agriculteurs Français installés en Galice ( Nord-Ouest de l'Espagne) depuis 6 mois doivent faire face à la rudesse de la terre, mais surtout à celle des habitants du village.
Antoine (Denis Ménochet) est persuadé de pouvoir redonner un second souffle à la commune, abandonnée des villageois, laissant des maisons en décrépitude que le paysan restaure gratuitement.
En parallèle, il produit des fruits et légumes bios avec sa femme Olga ( Marina Foïs), en refusant les engrais chimiques des autres agriculteurs.
Faisant face à la colère d'une partie des habitants, car opposé à un projet d'éoliennes qui aurait rapporté de l'argent aux locaux, Antoine se voit maltraiter par son voisinage, et par deux frères, Xan et Lorenzo (Luis Zahera et Diego Anido), qui se sentent insultés par sa présence au quotidien.
L'atmosphère est pesante, et les montagnes et forêts environnantes, bien que grandioses, ne parviennent pas à nous laisser respirer durant les 2h17 de ce long métrage, qui magnifie l'intolérance, la discrimination et l'incapacité d'échanger autrement que par la violence.
As Bestas mérite son César de meilleur film étranger, et les interprètes sont aussi à saluer, Espagnols et Français.
L'un des meilleurs films de 2022, acteurs plus qu'impeccables, impressionnants ! J'avais des doutes durant la première partie quant au fait d'être vraiment intéressé par ce qu'il se passait, mais il y avait toujours tout de même une tension sourde, puis soudain un évènement que je ne spoilerai pas à complètement renouvelé en cours de route mon intérêt pour le film et m'a fait voir les choses différemment. Il y a des plans séquences qu'on n'oublie pas. Le film m'a fait faire un cauchemar, c'est dire s'il marque ^^ Mon seul bémol, c'est le chien qui n'obéit pas à son maître mais à ses voisins ^^mais tout le reste est si fort que j'ai accepté cette licence du scénario.
C'est bien joué mais le scenario est éculé (Jean de Florette, par exemple), les "estrangers" qui viennent s'installer chez nous et qu'on décide d'emmerder, ça peut se passer dans n'importe quel coin. Là c'est Espagne, ça pourrait être en Corse, en Aveyron ou en Bretagne. Bref, rien de bien nouveau, en plus c'est bavard, long, on ne sait pas d'où vient le couple français, ce qui aurait peut être amené un surcroit psychologique qui manque. On peut éviter.
Très déçu par ce film. Au vu des critiques élogieuses et des récompenses, je m'attendais à beaucoup mieux. L'atmosphère de tension puis de violence est bien rendue, un peu trop appuyée néanmoins, portée par une bande son artificiellement lugubre. Le jeu des acteurs est irréprochable, Ménochet et Foïs en tête. Mais ce film traîne en longueur, particulièrement la 2ème partie (la résilience de la femme) qui se greffe sans transition sur la 1ère partie (le conflit et le meurtre). Ce manque de transition m'a gêné. La mise en scène est molle, l'action est lente avec plusieurs scènes inutiles et interminables. La plupart des dialogues sont en espagnol, et c'est d'autant plus pénible que les sous-titres sont parfois difficilement lisibles (blancs sur fond clair). Bref, ce n'est pas un chef d'oeuvre, loin s'en faut.
On est pris d'entrée par l'atmosphère oppressante et poisseuse du film. La tension entre les agriculteurs français et ses voisins autochtones va progressivement se transformer en une haine inexpugnable malgré les efforts d'Antoine pour se faire accepter.
En fait j'ai passé un moment très désagréable. Le sujet aurait pu être intéressant mais rapidement on est choqué par la grossièreté des paysans espagnols, les habitants de ce village sont antipathiques. Puis la haine entre nos protagonistes va crescendo jusqu'à l'irréparable : pourquoi nos français ne sont ils pas partis comme tout un chacun l'aurait fait ? L'alibi écologique n'est que traité superficiellement comme par ignorance du réalisateur. Puis madame se retrouve seule, la police n'ayant rien fait, mais elle reste et ne parait pas trop en peine. C'est invraisemblable ! Tiré par les cheveux, incohérent, mauvais. Et bien-sûr, puisque c'est sans queue ni tête, il n'y a pas de fin. Les espagnols passent pour des gens sales, racistes et grossiers. Non franchement , évitez ce film si vous souhaitez préserver votre santé mentale !
Un film tout simplement genial. Marie Fois excellente, une fois de plus elle maîtrise à la perfection son rôle. Le seul bémol est le jeu de Marie Colomb qui est vrt pas terrible... séance très bizarre dans la cuisine lors d'une dispute entre la mère est la fille.
Antoine (Denis Ménochet) et Olga (Marina Foïs) se sont installés dans un village en Espagne. Ils travaillent dur pour cultiver leurs terres et retaper de vieilles maisons. Un désaccord les oppose à la majorité du village concernant l’installation d’éoliennes. Ils sont en particulier opposés à deux frères qui tentent de les intimider. Il y a une tension et du suspens tout au long du film car on sent monter la pression de la part des deux frères. Ceci est accentué par l’atmosphère de ce village rural. Les acteurs sont tous parfaits dans leur rôle, les dialogues concourent également à maintenir une certaine tension. Il y a certaines scènes particulièrement fortes comme la discussion entre Olga et sa fille, dans la cuisine, où chacune dit ses vérités à l’autre, c’est bien interprété et les dialogues sont bien écrits. On ne s'ennuie pas une seconde malgré quelques scènes que je trouve inutiles.
Thriller réalisé par Rodrigo Sorogoyen, As Bestas est un long-métrage impactant, à défaut d'être totalement abouti. L'histoire nous fait suivre un couple de français venus s'installer dans un petit village de la campagne galicienne, qui va voir son destin basculer à cause de l'hostilité de leurs voisins avec lesquels ils sont en conflit ouvert. Ce scénario, traitant de la xénophobie, débute assez bien et nous plonge dans une ambiance ou la tension tient une place importante. Seulement, sur la durée, l'intrigue fini par montrer quelques faiblesses et des problèmes d'écritures sur certains éléments. Celle-ci est assez prenante dans sa première partie, mais offre un deuxième acte moins intéressant. Cela a pour conséquence de faire ressentir les plus de deux heures de film, à cause de quelques longueurs, notamment dans la seconde partie. Malgré cela, l'atmosphère inquiétante qui plane pendant ce récit dramatique parvient à captiver, d'autant plus que la menace se fait de plus en plus pressante et qu'on attend avec crainte le moment ou tout va basculer. Cela est rendu possible grâce aux personnages se confrontant, interprétés par une distribution tout à fait remarquable dans leurs rôles. Les performances de Denis Ménochet, Marina Foïs, Luis Zahera, Diego Anido et Marie Colomb, pour ne citer que les principaux, procurent des sentiments très forts. En effet, leurs échanges donnent lieu à des scènes marquantes et riches en émotions à travers leurs relations tendues et via des dialogues à l'écriture précise d'une grande justesse et pleins de vérités, exprimés en deux langues pour encore plus d'authenticité. L'ensemble est réalisé par Rodrigo Sorogoyen de façon sobre mais efficace, avec une mise en scène faisant monter la pression. De plus, l'action se déroule dans un cadre rural naturel particulièrement joli, permettant de mettre en avant la terre et les montagnes espagnoles. Ce visuel est accompagné par une b.o. assez discrète, mais dont les compositions frappantes renforcent les moments de dissension. Ce suspens difficilement soutenable se conclut sur une fin légèrement frustrante, venant mettre un terme à As Bestas, qui s'avère être un long-métrage dont on aura du mal à sortir indemne tant il est pesant, mais qui mérite d'être visionné malgré quelques imperfections.
Grand gagnant de la cérémonie des Goyas à Séville cette année en plus d'obtenir le césar du meilleur Film Etranger, cette production franco-espagnole marque et tient éveillé grâce à la réalisation experte de Rodrigo Sorogoyen , déjà auréolé pour "Que Dios nos perdone", en 2016 et "El Reino" en 2018 ; mais aussi grâce à un scénario qui fait migrer le drame rural vers la sauvagerie du western. Sans oublier une interprétation chorale remarquable, tant du côté des acteurs espagnols que français. Et bien sûr, il y a le cadre, la Galice intérieure et ses paysages naturels qui composent un personnage à part entière, où la nature se révèle aussi belle qu'hostile. Un sans-faute absolu qui mérité d'être découvert.
Pas seulement un grand film, mais deux ! Sans spoiler, le film a l’originalité et la pertinence de ne pas s’arrêter là où l’on pourrait s’y attendre mais à continuer pour enrichir encore le panel de ses problématiques et des émotions qu’il procure. L’interprétation est simplement magistrale, la tension de tous les instants nous plonge en apnée, les choix de plans séquences offrent des moments d’échanges et d’oppression inoubliables. Réalisé de main de maître, maîtrisant de bout en bout un récit suffocant, encore un film qui marquera durablement la mémoire de ceux qui l’auront vu. Une flopée de Goya et un César du meilleur film étranger. Seul l’Office du Tourisme de ce coin d’Espagne risque de ne pas spécialement apprécié (pourtant les paysages sont magnifiques…).