As bestas
Note moyenne
4,1
6541 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

512 critiques spectateurs

5
107 critiques
4
235 critiques
3
101 critiques
2
37 critiques
1
21 critiques
0
11 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Cadreum
Cadreum

77 abonnés 829 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 avril 2026
Avec As Bestas, Rodrigo Sorogoyen poursuit le geste entamé dans Que Dios nos perdone, El Reino et Madre : prendre un conflit identifiable et le tendre jusqu’à l’asphyxie. Ici, un couple français s’installe dans un village isolé de Galice pour y cultiver une utopie rurale. Deux frères du cru défendent un projet d’éoliennes qui promet de l’argent et une survie économique. Mais le désaccord politique devient vite organique. Le film ne raconte pas seulement une querelle de voisinage, il décrit le moment précis où la discussion cesse d’être un échange pour devenir un territoire à défendre. Ce qui se fissure, ce n’est pas seulement la coexistence, c’est l’idée même d’un sol commun.

Sorogoyen travaille la durée comme une contrainte physique. Les longs plans-séquences, notamment dans la scène du bar, assignent le spectateur à la table, au silence, aux regards qui durent trop longtemps. Rien ne coupe, rien ne protège. Les mots s’accumulent jusqu’à devenir coups. Cette continuité crée un effet d’enfermement plus que de réalisme : on ne contemple pas la tension, on la subit.

Le paysage galicien devient alors un acteur à part entière. Routes étroites, forêts épaisses, maisons battues par le vent composent un monde où l’hostilité n’est plus seulement sociale, elle est atmosphérique. Les corps semblent absorbés par la terre qu’ils prétendent défendre. L’animalité annoncée par le titre affleure dans les silences, dans la fixité d’un regard, dans un moteur qui gronde au loin.

La séquence de la disparition d’Antoine radicalise cette logique. Sorogoyen refuse le montage haché du thriller classique. Il étire la durée, accompagne les gestes, retarde l’issue. Le spectateur sait que quelque chose d’irréversible est en train de se produire. Le temps devient supplice. Cette dilatation crée une tension indéniable mais elle installe aussi une position de surplomb. Nous sommes moins dans l’incertitude que dans l’attente d’un point de non-retour déjà annoncé.

Le scénario participe de cette conduite. L’apparition précoce de la petite caméra d’Antoine est rapidement désignée comme un futur nœud dramatique. Dès lors, le récit s’organise autour de cette promesse différée. De plus, la seconde partie du film repose en grande partie sur l’attente de la découverte des images.

Malgré tout, plus que cela, la seconde partie, centrée sur Olga, déplace le conflit. À la frontalité masculine succède une résistance obstinée. La confrontation finale avec la mère des frères atteint une intensité verbale insoutenable, mais là encore, la montée en puissance est millimétrée. La scène est d’une intensité remarquable, mais on sent la gradation scénaristique sous la surface. Cette colère, plus que les autres, me semble moins authentique que programmée.

Ainsi As Bestas m'impressionne. Il installe une tension que peu de films contemporains savent maintenir avec une telle constance. La maîtrise formelle est indéniable mais cette puissance s’accompagne d’un sentiment ambivalent. À force de contrôle, le film laisse peu de place à la dérive, à l’accident, à l’inattendu. Les personnages semblent parfois enfermés dans l'écriture. Et à rebours de l'entièreté de sa filmographie, c'est peut-être un maux qu'il faut généraliser.
pat4poufzouz
pat4poufzouz

12 abonnés 86 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 janvier 2026
Le film est parfaitement maîtrisé. Très beau. Très vrai. On est des deux côtés à la fois, on comprend et pourtant on voit le destin en marche.
Rorian
Rorian

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 décembre 2025
Du cinéma comme ça on en redemande ! Même si la fin est prévisible, la tension dégagée par cette réalisation exemplaire est palpable. La terre est dure !
CloakBack
CloakBack

11 abonnés 426 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 décembre 2025
Un couple s’installe à la campagne, convaincu que l’éloignement apportera une forme d’apaisement. As Bestas transforme cette promesse de calme en un affrontement sourd, où chaque geste et chaque regard deviennent des lignes de fracture.

Rodrigo Sorogoyen inscrit le film dans un contexte espagnol actuel, marqué par la fracture entre zones urbaines et campagnes abandonnées. Le récit fait écho à des territoires ruraux vieillissants, privés de services et de perspectives, où le sentiment d’oubli nourrit rancœurs et ressentiments. La question du territoire y est centrale. La terre n’est pas seulement une valeur économique, mais un marqueur d’identité et de légitimité. Le film observe ce climat sans le théoriser, laissant apparaître une violence latente née de frustrations accumulées et d’un dialogue devenu impossible.

Le tournage dans des zones rurales isolées de Galice joue un rôle déterminant. Les paysages âpres, les villages réels et les espaces ouverts créent une sensation d’enfermement. Sorogoyen adopte une mise en scène très physique, faite de plans étirés, de silences pesants et de regards insistants. La musique est rare, la caméra attentive aux gestes les plus anodins. Le lieu ne sert pas de décor, il façonne la tension. Cette approche donne au film une texture presque documentaire et ancre le conflit dans une réalité rude, jamais stylisée.

As Bestas aborde frontalement la question de l’altérité. Le film montre combien l’intégration peut rester illusoire lorsque les rapports de domination, les différences culturelles et les blessures sociales sont profondément ancrés. L’affrontement n’oppose pas simplement des individus, mais deux visions irréconciliables du monde, du progrès et de la survie. Le film explore aussi la violence ordinaire, celle qui s’installe lentement par l’humiliation, la répétition et le silence.

Le message est sombre. La violence n’apparaît pas comme un dérapage isolé, mais comme le résultat d’un abandon institutionnel et d’inégalités durables. Le film suggère que lorsque les structures collectives disparaissent, les conflits se déplacent sur le terrain intime et dégénèrent. Il n’excuse rien et refuse toute lecture simpliste. La justice, la bonne volonté et la raison semblent impuissantes face à des tensions enracinées dans le territoire et l’identité.

J’ai trouvé le film prenant, malgré un rythme parfois étiré. Les paysages, la rudesse des personnages et la manière dont le film enferme progressivement le spectateur fonctionnent très bien. La musique, lorsqu’elle est présente, renforce la tension dans les moments clés. Les thématiques abordées sont fortes et traitées avec sérieux, sans effets inutiles.

Le film montre toutefois certaines limites. Certains personnages antagonistes apparaissent parfois trop monolithiques, ce qui réduit la complexité psychologique du conflit. La montée en tension, très efficace dans sa première partie, s’étire ensuite, avec des séquences qui prolongent un malaise déjà installé et donnent une sensation de longueur. Enfin, un changement de focalisation narrative en cours de route, audacieux, peut créer une légère rupture dans l’engagement émotionnel.

As Bestas reste un film solide, tendu et rigoureux, qui impressionne par sa maîtrise et la dureté de son regard. Une œuvre exigeante, qui dissèque la haine ordinaire sans chercher ni consolation ni simplification.
CH1218
CH1218

286 abonnés 3 307 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 décembre 2025
Bien que la cheminement de ce thriller rural soit un peu lent, son atmosphère pesante m’a rapidement asphyxié. Mon écœurement vis-à-vis de cette nature humaine chargée d’hostilités telle que dépeinte ici par Roberto Sorogoyen doit énormément à la crédibilité et à l’interprétation des acteurs et actrices. Dédié à une certaine Margo, « As Bestas » s’avère être un film tiré d’un vrai fait divers (le crime de Petin), rendant cette histoire encore plus abominable.
NarnoNarno
NarnoNarno

51 abonnés 725 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 décembre 2025
D’une densité remarquable, "As Bestas" impressionne par une mise en scène au cordeau, qui étouffe peu à peu ses personnages autant que ses spectateurs. Ce thriller rural nous entraîne dans un coin reculé de la Galice, où l’arrivée d’un couple de Français va dégénérer en une véritable guerre de voisinage. Le caractère rustique des décors accentue la hargne quasi animale qui naît des deux côtés et ne cesse de monter en intensité. Rodrigo Sorogoyen maîtrise parfaitement ses effets: jeux de caméra, contre-champs resserrés qui attisent l’angoisse, travail sonore évoquant parfois les procédés du cinéma d’épouvante. Entre ces moments tendus, de magnifiques plans-séquences viennent sublimer des scènes de confrontation d’une intensité rare. Un rebondissement aux deux tiers du film permet à ses deux acteurs principaux (Denis Ménochet, colosse aux pieds d’argile, et Marina Foïs, d’une précision glaçante) de briller tour à tour dans ce combat physique et psychologique qui les oppose à leurs inquiétants voisins (Luis Zahera et Diego Anido, tous deux impressionnants). 4 ans après "El Reino", où il déployait déjà une mise en scène en spirale infernale, Sorogoyen remet le couvert en installant cette fois son thriller au cœur d’un environnement naturel qui renforce l’aspect bestial de l’homme, sa peur de l’inconnu et son agressivité latente, prête à exploser à tout instant. "As Bestas" frappe par sa capacité à maintenir une pression constante grâce à une mise en scène d’une instinctivité redoutable.
Renaud David18
Renaud David18

4 abonnés 1 critique Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 novembre 2025
scénario bien ficelé sauf la caméra… un peu gros. bon jeu d’acteur sauf marie un peu trop forcée. on aime pas les fins comme ça
Mme Hérisson
Mme Hérisson

6 abonnés 378 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 octobre 2025
Ce film, d’un point de vue scénario s’inspire clairement de Jean de Florette et Manon des sources, l’adaptation de Pagnol, en remplaçant l’accent marseillais par des intonations ibériques et en faisant un bond dans le temps d’environ 100 ans pour revenir à aujourd'hui. Là où Pagnol misait sur l’émotion et la poésie, ce film privilégie une atmosphère lourde, presque oppressante, ce qui lui donne une tonalité bien distincte.
Si les acteurs portent leurs rôles avec brio, le rythme pâtit parfois de quelques longueurs.
Au final, le film ne renouvelle ni son scénario ni la magie des œuvres qui l’ont inspiré. Malgré une ambiance indéniable, il reste en deçà de ses modèles et peine à s’imposer dans les mémoires.
laurencehugou
laurencehugou

1 abonné 17 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 octobre 2025
superbe film avec 2 protagonistes exceptionnels d'abord lui puis elle. la dignité contre la bêtise.
Kouto
Kouto

33 abonnés 4 791 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 octobre 2025
Un couple de français emménage dans un petit village de Galice mais doit faire face à l’hostilité des habitants locaux. Le réalisateur Rodrigo Sorogoyen dépeint avec ce thriller rural toute la cruauté enracinée chez l’homme grâce à sa mise en scène au cordeau instillant une tension sourde à son récit dépeignant une histoire dont la banalité apparente va la rendre encore plus tragique. Le cinéaste espagnol confirme le talent dont il fait preuve jusqu’à présent au travers une réalisation ample dans ses mouvements avec ses nombreux longs focal de la campagne galicienne appuyant le climat anxiogène auquel sont confrontés les protagonistes incarnés à l’écran par les excellents Marina Foïs et Denis Ménochet. Une œuvre intense et éprouvante pour les nerfs.
Claude Julien57
Claude Julien57

7 abonnés 190 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 octobre 2025
Le film illustre la confrontation de deux mondes socio-culturels que tout oppose. Plus que les questions économiques, c’est le système de valeurs qui va rendre la confrontation violente. Pour le dire simplement, il y a ceux qui veulent quitter la terre et ceux qui veulent s’y installer. Une histoire d’éoliennes va rendre l’affrontement inévitable.
Sur cet arrière-plan sociologique, le film est construit comme un thriller. Denis Ménochet et surtout Marina Foïs sont parfaits.
Ombrazur
Ombrazur

3 abonnés 38 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 décembre 2025
C’est le genre de film qui vous prend dés la première image et ne vous lâche plus, Vous n’avez pas le loisir de vous demander si c’est bien joué, si l’image est comme si ou la BO comme cela : vous êtes capturé d’entrée par une émotion doublée de crainte, mais aussi d’une empathie pour ce couple. Un climat pesant s’abat sur vous comme sur ces 2 personnages. Et il ne vous lâchera pas avant la fin, tout en vous assénant un sacré coup de poing.
Par la suite vous comprendrez que c’est dû à une réalisation exceptionnelle, des acteurs tous au top : aussi bien les espagnols que le couple Guy Ménochet/Marina Foïs, à un scénario superbe et peut-être, si vous avez la même émotion que moi envers ce récit, vous vous direz que c’est un chef d’oeuvre et probablement le meilleur film rencontré depuis des années...
D'autant plus qu'il s'agit là d'une surprise car au départ on ne s'attends pas à une oeuvre de ce niveau. En conséquence, c’est sans hésiter la meilleure note.
bsalvert

529 abonnés 3 746 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 octobre 2025
Attention , âmes sensibles s'abstenir, ce film va vous envouter durant toute sa diffusion et même après et c'est en ça que le film est bon. Porté par des acteurs tous excellents, une histoire crédible, des images sans fioriture, un bon film.
rocky6
rocky6

52 abonnés 1 872 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 août 2025
Un solide film de genre qui nous captive très vite par la tension qui règne entre ce couple de français et leurs voisins très hostiles. Dans un petit village espagnol, un couple de français (Denis Menochet et Marina Fois, tous deux excellents) venus s'installer pour y développer une petite exploitation bio va se trouver confronté à l'hostilité très vive de deux voisins (des frères). La tension monte crescendo et le suspense est bien entretenu. Tout les casting est au top. Une très belle réussite dans son genre.
Kana57
Kana57

60 abonnés 1 007 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 août 2025
Film plutôt efficace lors de sa 1ere partie mais s’enlise rapidement dans l’ennui dans la seconde de plus on aimerait savoir le Sort des protagonistes mais sa n’arrivera pas. Dommage
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse