Un western de la part de Fritz Lang, on est à la fois surpris et conquis de l’excellent résultat ! L'Ange des maudits (1953) se rapproche plus du vigilante-movie puisqu'il est principalement question d'une chasse à l'homme. Suite au viol et au meurtre de sa fiancée, Vern se lance à la poursuite d'un homme mystérieux. Trois thèmes se côtoient : la haine, la vengeance et l'amour à travers un scénario captivant, une mise en scène maîtrisée au coeur de splendides décors (à la fois naturels et en studios), ajoutez à cela, une très belle complainte chantée du début à la fin (dont on finira enfin par découvrir ce que signifie cet intriguant "Chuck-a-Luck"). Niveau interprétations, on ne pouvait pas rêver mieux, avec un subtile trio d'acteurs : la séduisante Marlene Dietrich aux côtés d’Arthur Kennedy et de Mel Ferrer, que pouvions nous demander de plus ?
Fritz Lang réalisateur de western. "Rancho Notorious" (USA, 1952) fait parti de la trilogie des westerns de Lang. Celui-ci, encore une fois, démontre la maitrise narrative et visuel du cinéaste. Les plans faient avec brio, avec un déictisme tout à fait nécessaire et jamais gratuit. L'histoire, où la tension monte au fur et à mesure du film, nous tient en haleine véritablement. On est loin de l'ingéniosité de "Beyond a reasonable doubt" (USA, 1956 ) mais "Rancho notorious" reste un thriller intéressant. Fritz Lang réussit donc a méler thriller et western sans qu'on ne s'en rende compte. Le plus remarquable est bien sur l'intéprétation de Marléne Dietrich, belle comme toujours et femme fatale éternellement. Son jeu, qui n'a rien a envier à ses films précédents, reste toujours de très bonne facture. En conclusion, "Rancho notorious" est un film mineur de Lang, incomparable face à "M" (Allemagne, 1931), ou même à l'américain "Ministry of fear" (USA, 1942), mais qui a la force de réunir le cinéaste et Marlene Dietrich et qui nous donne droit à un moment agréable avec une musique mémorable signée Emil Newman.
Bon bin voila : une grosse baffe dans la gueule, une fois de plus , bon c'est vrai j'adore lang, mais rancho notorious c'est le summum américain de ce que j'ai pu voir du maitre allemand.
Une banale histoire de vengeance est transformée en formidable jeu de séduction entre la belle altar keane(dietrich quand meme!!!) et vern haskell (kennedy, parfait).
Au final un grand film paranoiaque aux couleurs criardes avec un moment sublime (la scene ou kennedy examine toutes les "gueules" de bandits,parmi lesquels jack elam, est un grand moment) Un tres grand film.
Quand un grand metteur en scène de films noirs se met au western, ça déménage ! Rarement on a vu une vision aussi désenchantée de l’ouest, des personnages aussi tourmentés, aussi complexes, aussi ambigus. On est bien loin des héros virils à la John Wayne, qui construisent leur vie à coups de colts et se jouent de l’adversité : ici, c’est le destin qui, tel le chuck-a-luck de la chanson, règne en maître et ballotte les individus à son gré. Une atmosphère de danger imprègne tout le film, la violence n’y est pas factice (cf. la bagarre dans la boutique du barbier : on la croirait réelle !). Même le dénouement final n’apportera pas vraiment de réconfort… Fritz Lang se révèle aussi à l’aise dans l’action que dans l’agencement complexe des rivalités et des séductions. Arthur Kennedy campe à la perfection un anti-héros tiraillé entre le souvenir de sa fiancée assassinée, sa haine pour le meurtrier et sa fascination pour Altar Keane. Mel Ferrer est remarquable en prince du six-coups vieillissant, à la fois élégant, sentimental et brutal. Entre les deux, Marlene Dietrich, tour à tour femme fatale raffinée et cow-girl à poigne, impose sa voix grave et son visage triste en une composition saisissante. Tourmenté, tragique, son personnage résume à lui seul les enjeux de ce très grand film.