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Un visiteur
4,0
Publiée le 27 février 2010
Un film classique qui, malgré son style désuet, reste beau et agréable. Les acteurs et le thème universel sauvent le film et effacent la mise en scène de Truffaut à laquelle il est difficile d'adhérer. Mais le fantasme et la femme sont des sujets si vastes et insondables que l'on y trouve un intérêt profond et que ces anecdotes finissent par être plaisantes. Au final, c'est plus l'esprit que la manière de Truffaut que l'on aime, et ce film commun provoque plaisir et entousiasme. C'est fort dommage qu'il ne se donne pas de plus grand moyens, qu'il ne cherche pas à approfondir la recherche de la forme, d'une forme grande et singulière. L'esprit n'est pas tout.
Un beau film de Truffaut sur un homme éperdument séducteur, amoureux de toutes les femmes aux jolies jambes, un film qui ne serait probablement plus autorisé aujourd'hui sur les plateaux de tournages, mais qu'il est bon de pouvoir regarder encore.
spoiler: Vers la fin du film, le personnage principal, Bertrand, individu singulier obsédé par les femmes (beaucoup) et la littérature (un peu), énonce en voix off, grave, la nuit, dans une pièce dont la seule lumière est un feu de cheminée, l’âme même du film: “Puis l’envie me prit de lire les mémorialistes du siècle dernier. Comment faut-il écrire quand on parle de soi ? Comment avaient fait les autres ? Quelles étaient les règles ? Je m’aperçus qu’il n’y a pas de règles, que chaque livre est différent et exprime la personnalité de son auteur. Chaque page, chaque phrase de n’importe quel écrivain lui appartient en propre. Son écriture lui est aussi personnelle que ses empreintes digitales." Le film, peu évident de prime abord de par son côté répétitif virant au catalogue (Bertrand se remémore différentes femmes qu’il a connu dans sa vie) et un peu fade (il ne se passe pas grand-chose en réalité), captive et fascine progressivement par sa nature idiosyncratique, par un ton mi-énergique mi-mélancolique qui ne peut être autre chose que l’intime expression de l’oeuvre et de la personnalité de François Truffaut, par des fondus au noir subtils soulignant la fière indépendance du personnage principal, par sa richesse littéraire assumée. Cela reste, pour moi, un film inférieur au magnifique ‘La Sirène du Mississippi’ qui alliait avec succès cette profondeur intérieure avec un excitant scénario de film noir, mais ça n’en est pas moins un film passionnant de par son authenticité intime.spoiler: A un moment un médecin dit à Bertrand: “Rien n’est plus beau que de voir paraître un livre qu’on a écrit, rien n’est plus beau. Sauf peut-être de mettre au monde un enfant qu’on a porté pendant 9 mois dans son ventre. Mais ça nous n’en sommes pas capables, enfin, pas encore." Un fondu au noir délicieusement placé là souligne la beauté de cette profession de foi de François Truffaut sur l’importance essentielle de la production artistique. Il n’est plus là, mais son oeuvre parle pour lui…
Brigitte Fossey, narratrice de l'histoire,cerne en quelques mots la nature du personnage incarné par Carles Denner: ni un don juan, ni un casanova.Et en effet, Bertrand Morane ne "drague" pas les femmes mais les aiment, les contemplent et les subliment pas son regard. Il aime "l'idée de l'amour", éternel idéaliste, et, dés qu'il s'est posé sur une, il a déjà le regard sur une autre. La caméra, comme son protagoniste, ne s'attarde pas sur les personnages, se contentant de les survoler, de les embrasser. Image par image, Truffaut transmet un bel hommage aux femmes par un Denner émouvant par sa sincérité, et, étonnant, par sa fragilité.
Dans un autre genre, en 1977 Monsieur Truffaut nous a offert ce film, que personnellement j'aurai aimé réaliser. C'est le film que j'aurai fait si il n'avait pas existé... Quant on aime la femme pour ce qu'elle est, il faut voir ce film féministe et, tellement attendrissant joué par un Charles Denner remarquable. Je pense que Charles Denner a dû jouir de tourner avec ces femmes en distribution. ;-)
Romain Duris incarne le rôle saisissant d'un homme qui aime se transformer en femme. si la barbe, même rasée, ne trompe personne, ses manières ont de quoi convaincre.
J'ai beaucoup aimé l'homme qui aimait les femmes . On retrouve du Truffaut à travers le personnage Bertrand Morane ( la passion des femmes et des livres ) . C'est un film envoutant , liant littérature et amour , une fin magnifique , Brigitte Fossey est d'une beauté ! Charles Denner a ce petit côté enfantin dans le film qui est je trouve , attachant . Forte présence de livre , surtout dans son appartement . L'écriture , la passion , l'amour , la féminité ... un très beau film !
Charles Denner est excellent dans son rôle de séducteur tourmenté. L'évolution du rapport hommes-femmes de la fin des années soixante est traitée par Truffaut avec une finesse et une élégance remarquable.
5 étoiles pour les dialogues les plus beaux du cinéma francais. 5 étoiles pour le jeu de Charles Demmer. Truffaut, visionnaire ou utopiste prédit que dans le futur le "jeu" amoureux existera toujours mais sans les rapports de force. L'homme qui aimait et qui respectait les femmes eut été un plus long mais plus correct titre.
Dans La Promesse de l’aube, Romain Gary écrivait : “Si ma mère avait eu un amant, je n’aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine.” C’est exactement ce que m’a évoqué Bertrand Morane dans L’Homme qui aimait les femmes. Le titre promet un amoureux des femmes, mais le film raconte surtout un homme qui cherche, rencontre après rencontre, à combler une soif impossible. Bertrand n’est ni Don Juan ni Casanova : c’est un homme seul, drôle par éclairs, pathétique souvent, qui cherche dans le regard des femmes la preuve qu’il existe encore.
Truffaut filme moins la séduction qu’un manque qui insiste, une faim affective que chaque rencontre réveille sans jamais l’apaiser. Le film touche davantage quand il laisse cette blessure affleurer que lorsqu’il cherche à l’expliquer. Dès le début, le désir est déjà traversé par la mort, et toute la construction avance entre souvenir, fantasme, écriture et confession. On croit d’abord suivre une série d’aventures sentimentales, puis chaque rencontre révèle une faille, une répétition, presque une mécanique dont Bertrand reste prisonnier. En écrivant sur les femmes, Bertrand ne fait pas que se souvenir : il tente de donner une forme élégante à ce qui, chez lui, reste profondément désordonné.
La mise en scène avance sans éclat tapageur, presque en passant : une rue, un appartement, un téléphone, une silhouette aperçue, une démarche qui suffit à relancer tout son désir. On sent partout le regard amoureux de Truffaut, mais aussi ses angles morts : cette façon de célébrer les femmes en les transformant parfois en apparition, en mystère, en obsession masculine. Charles Denner est essentiel, parce qu’il n’a rien du séducteur évident : son visage étrange, sa voix grave et son corps un peu raide donnent à Bertrand une fragilité presque enfantine. On ne retient pas le tableau de chasse, mais l’image triste d’un homme entouré de femmes, incapable de transformer le désir en présence durable.