891 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
97 critiques spectateurs
5
21 critiques
4
24 critiques
3
30 critiques
2
16 critiques
1
2 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
messeda samir
102 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 27 janvier 2025
Un véritable film d'auteur sur la passion à sens unique. La passion d'un Truffault pour Adjani et la passion d'adèle pour son officier.Adjani dévore littéralement l'écran par son talent ici exceptionnel et sa beauté. Naissance d'un mythe
Malgré ma tendance à plébisciter les films en costumes d'époques, je crois que c'est Isabelle Adjani qui me fascine dans son évolution. François Truffaut lui procure un cadre et une photographie qui relèvent de la haute couture ! (j'y reviens). Et ce H que l'on nous suggère épris de grandeur... A la fois dur, distant et néanmoins père.
Truffaut a choisi de se pencher sur la vie de la fille cadette de Victor Hugo et il a bien fait ! car qui d'autre que lui aurait pu restituer toute la folie et tout l'amour destructeur qui habite Adèle et qui, petit à petit, la consume ? Par ailleurs, il fallait une actrice à la hauteur pour interpréter le rôle principal, et encore une fois, Truffaut a visé haut, puisque ce n'est personne d'autre qu'Isabelle Adjani qui a été choisie. Le regard de braise d'Isabelle s'accorde merveilleusement bien avec le feu intérieur qui habite Adèle. Adjani est parfaite. Le seul bémol que je trouve au film est peut-être le manque de dynamisme de certaines scènes qui ont tendance à se répéter et s'allonger. Mais ce ne sont que des détails, l'ensemble du film est superbe.
Film qui paraît aujourd'hui un peu désuet, un peu "passé" - décors, et quelques "trucs" comme les "effets spéciaux" des cauchemars d'Adèle sur Léopoldine... L'histoire, en revanche, est indémodable : Adèle Hugo, la fille de Victor, amoureuse folle d'un officier qui lui a fait la cour de façon pourtant velléitaire, débarque à Halifax pour retrouver celui qu'elle pense être toujours son amant et son futur mari. Mais il n'en est rien. Son amour, déjà passionné, prend alors les formes les plus terribles : obsession, jalousie, mensonge, et pour finir folie. J'oserai dire qu'il ne faut pas retenir ce film parce que c'est du "Truffaut", mais parce qu'on y retrouve une des premières prestations formidable d'Adjani... qui reçut d'ailleurs deux prix prestigieux pour ce rôle...
"L'histoire d'Adèle H." est une histoire d'amour sans véritable amour. Adèle est instable, Pinson est éteint, et les sentiments comme les souvenirs sont encombrants. Truffaut, empathique, nous parle d'une femme prisonnière de son nom, de son histoire, de sa passion, et nous dit quon nest jamais aussi fragile et impuissant que lorsquon se laisse emporter par ses émotions. Ici, lhéroïne romantique peut être individualiste, capricieuse, cruelle, à la fois victime et bourreau. Le propos est ambitieux, la reconstitution soignée, la mise en scène magnifique car d'une discrétion rare pour ce genre de production. Adjani, à 19 ans, dépassait le stade de la maîtrise technique pour incarner Adèle. Elle vit ce rôle comme si sa propre vie en dépendait et offre au public une magnifique composition. Il y a quelque chose de miraculeux dans ce qui se passe sur son visage. Une actrice se doit de posséder ces rôles, Adjani se laisse posséder par celui-ci. Elle aimante la caméra sans se laccaparer, et tire lensemble du casting au sommet.
Avec L’Histoire d’Adèle H., Truffaut filme la folie amoureuse d’Adèle Hugo, fille de Victor Hugo, obsédée par un officier indifférent. Entre décors naturels et montage nerveux, le réalisateur capture l’effondrement d’une femme prisonnière de son obsession — et de son héritage familial.
Si l’histoire dérange (on oscille entre compassion et malaise face à cette traque amoureuse), c’est le destin tragique d’Adèle, écrasée par l’ombre de son père et de sa sœur disparue, qui fascine. Isabelle Adjani, sublime et terrifiante à 20 ans, incarne cette chute avec une intensité rare.
La question du film : à quel moment l’amour peut-il devenir destructeur ? Une œuvre troublante, où l’amour se confond avec la perte de soi.