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Un visiteur
5,0
Publiée le 25 octobre 2007
En 1797, un enfant "sauvage", coupé du monde, est découvert par des paysans dans une forêt de l'Aveyron. Le film de Truffaut retrace cette histoire vraie, consignée dans les écrits du docteur Itard, l'histoire de l'homme qui essaya d'humaniser l'enfant sauvage. Film d'époque soit, mais l'époque est assez discrète: les scènes se passent dans des décors champêtres pas vraiment datés. François Truffaut lui-même joue le rôle de l'enseignant, le docteur Itard. On assiste aux séances d'enseignement, aux progrès, aux échecs de ce tandem un peu spécial. L'état de l'enfant lorqu'il est recueilli est, comme le dit le directeur de l'institut où il est d'abord recueilli:'en dessous' de l'animal. Il n'a reçu ni la culture qui aurait fait de lui un homme, ni l'instinct fabuleux qui caractérise les animaux. Or c'est justement la culture que va essayer de lui enseigner de toutes ses forces le professeur Itard, qui veut faire de lui un animal culturel, c'est à dire un homme. Ce film est une bouleversante définition de l'humanité. Bouleversante, sans jamais faire dans le sentiment. Au contraire, le strict respect de la chronologie des évènements, ainsi que la présence de la voix_off qui lit les écrits d'Itard, relate de façon scientifique les avancées de l'enfant. Mais sous ces aspects assez lisses, (avec des leitmotivs musicaux assez répétitifs), c'est une émotion intense qui jaillit, lors d'un geste tout simple. Tous ces gestes où Victor révèle son humanité: par exemple où il comprend le jeu, en s'asseyant dans une brouette. L'entreprise d'Itard est un magnifique exemple de science humaniste: il nous livre à travers ses écrits toute la difficulté, tout le découragement, qui survient et qui passe. L'attachement entre les deux protagonistes nous prépare une fin poigante, elle l'est, et aussi douce-amère: Victor se porte comme un homme, reconnaît son foyer, mais ne sortira jamais de son mutisme, mais ne sera jamais un homme tout à fait comme les autres.
L'enfant Sauvage est un petit bijou de cinéma, d'une simplicité émouvante mais captivante, ou l'on suit la périeuse tentative d'éducation d'un enfant trouvé dans les bois a l'aube du 19eme siècle. Remarquablement filmée et jouée, nottament par Jean-Pierre CARGOL qui incarne le jeune Victor enfant sauvage, ce film ne déçoit que par sa durée : 1h30 de bonheur qui file a toute allure. Un magnifique film qui met en lumière les rouages si complexement simples de notre éducation d'homme, qui fonde notre consience du monde. Une perle a découvrir de toute urgence.
Film d'un certain interêt sociologique voire même psychologique inspiré de faits réels (sans oublier que ça reste une fiction tout de même). Qu'est ce qui fait de nous des hommes et non des animaux? Que nous apporte la socialisation...ect... Après, on adhère où non à la théorie mais ça, c'est une autre histoire.
Pari réussi que cette adapatation d'un fait réel, la découverte du sauvage de l'Aveyron et sa prise en charge par le Docteur Itard. Truffaut s'est appuyé sur le « Mémoire sur Victor de l'Aveyron » d'Itard et sur des documents contemporains ayant trait à l'éducation. Jamais pourtant l'oeuvre ne prend un aspect documentaire; comme pour chacun de ses films, fidèle à son désir de produire des fictions, Truffaut s'attache à construire des personnages et une progression narrative que nos sentiments doivent accompagner -c'est entièrement réussi. Passé le « prologue » du film (la découverte de Victor, son arrivée à Paris), la tension narrative repose toute entière sur les progrès accomplis par Victor et l'évolution de sa relation avec Itard -et pourrait-on dire avec l'humanité en général, car il s'agit bien de cela ici. Le cas de Victor est l'occasion d'interroger les distinctions nature/culture, animalité/humanité. Itard se demande parfois s'il n'aurait pas mieux vallu laisser l'enfant dans son « état d'innocence naturelle et heureuse ». Néanmoins, sa foi en les vertus de la culture (communication, sentiments, moralité) lui font s'acharner à l'éducation de Victor. Et si celui-ci n'en viendra pas à parler, il connaîtra les pleurs, les sentiments d'attachement, reconnaîtra des signes figurés et écrits, et semblera posséder le sentiment de justice. En cette figure du Docteur Itard, que Truffaut a décidé d'interpréter lui-même, nous reconnaissons son propre amour de l'humain, de la culture et des mots. Le superbe français du dix-huitième siècle utilisé pour le film le confirme encore s'il était besoin. À l'heure où certains dégoisaient sur l'incommunicabilité, Truffaut écrivait un manifeste simple sur la possibilité de la communication et de la compréhension mutuelle, ne serait-ce que par un regard. Les sentiments qui nous attachent aux personnages sont ici soutenus et élevés par la conscience qu'un humaniste veut nous faire prendre de la grandeur de ce qui est humain.
Film très intéressant philosophiquement parlant : étant étudiante en section littéraire, ce film aide à comprendre ce qui concerne la nature de l'homme, l'éducation, etc... Je l'ai vu deux fois, et je ne m'en suis pas lassé !
Truffaut nous offre un intéressant récit plein de tendresse. Les progrès de l'éducation du dit sauvage sont à maints moments émouvants. Un bon film bien joué et pertinent d'un point de vue sociologique. A l'image du docteur itard, on commence à s'attacher à ce cher Victor.
Un film fidèle aux écrits relatifs à l'histoire réelle de ce jeune garçon et du médecin qui l'a pris en charge. Une des premières observations de la nécessité de l'éducation dans la construction de l'individu social. Ce thème de l'éducation et de l'enfance cher à Truffaut et si bien maîtrisé. Intéressant aussi, quelques années après. l'interview du jeune acteur, il s'agit d'un gitan qui avait été choisi un peu par hasard lors d'une rencontre avec le cinéaste. Il racontait la difficulté mais aussi l'exaltation de découvrir le cinéma pour un gamin habitué à sa vie de bohème, la gêne et les difficultés quand il fallait tourner nu dans le froid, la bienveillance de Truffaut ... Il n'a, contrairement à Jean-Pierre léaud, pas poursuivi sa carrière ....... le casting des enfants était aussi un des grands talents de Truffaut .....
Cette histoire vraie est absolument passionnante, à la vue d'un point de vue des sciences cognitives et de l'anthropologie. La mise en scène est assez particulière car elle mêle des éléments du cinéma classique français (le noir et blanc, l'ouverture/fermeture à l'iris) avec des particularités plus spécifiques à son époque (une finesse que n'aurait peut-être pas pu le cinéma classique, une fin assez brusque,...).
Un film solide mais quand même un méli-mélo de bons sentiments, basé sur une histoire connue mais intéressante et peu souvent reprise. C'est à voir, bien sûr, c'est réalisé par Truffaut.
Film intéressant au global, mais mon Dieu, qu'est-ce que Truffaut - que j'admire par ailleurs- joue faux, il aurait dû rester derrière la caméra comme il sait si bien le faire !!!
Truffaut nous offre avec "L'Enfant sauvage" une œuvre poignante et profonde. Le film, traitant de l'humanité et de l'éducation, est une réflexion intense sur la nature humaine. La performance des acteurs, particulièrement celle de l'enfant, est remarquable. Un film émouvant qui ne laisse pas indifférent !
Truffaut nous livre un récit étonnant teinté d'une grande tendresse. Son interprétation impeccable du Dr Itard et le jeu non moins surprenant de Jean-Pierre Cargol nous font prendre part au jeu de l'education du "sauvage" et l'on s'émerveille d'assister tout au long du film a son évolution. Seul bemol, la trop courte durée du film, on reste un petit peu sur sa faim à mon goût.
J'ai trouvé que ce film était présenté un peu comme un documentaire. Si vous êtes intéressé par la psychologie, ce film est très intéressant à regarder. Ce qu'étudie le docteur, je pense que c'est assez réaliste d'après mes connaissances en psychologie. Le jeu du jeune comédien Jean-Pierre Cargol est vraiment très bien performé! Ce personnage adopte très bien les comportements d'un enfant ayant grandit en l'absence d'un père et d'une mère ou d'un éducateur. À conseiller aux étudiants en psychologie!