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Soundtrack to a Coup d'État
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Yveline P.
1 abonné
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5,0
Publiée le 17 novembre 2025
Film magistral, à la conception unique, mêlant le jazz américain des années 50/60 à la lutte contre la ségrégation aux États-Unis et à la décolonisation violente de l'ancien Congo belge, un des pays les plus riches du monde. D'où objet de convoitise... Tout est parfaitement documenté et chaque moment qui conduira à l'assassinat de Patrice Lumumba décidé de sang froid par Eisenhower, Dulles, le responsable de la CIA, Hammarskjöld, secrétaire général de l'ONU (devenu ensuite Prix Nobel de ma Paix !!!) et tant d'autres complices, est présenté dans tous ses contextes nécessaires et pas forcément chronologiques... Vie quotidienne, manifestations, grand-messe de l'ONU avec un Kroutchev rendu presque sympathique... entrecoupées de magnifiques sessions de jazz... Les grands noms sont là, aident à respirer, comme ils le firent à l'époque des luttes pour les droits civiques et rappellent que la culture est aussi ancrée dans la société et donc dans la politique. Sans en avoir complètement conscience, les Max Roach, Dizzy Gillespie, Louis Armstrong... soutiennent la politique américaine anti-communiste en donnant des concerts en Afrique. Bp d'archives, de beaux moments comme la joie lors de l'indépendance du Congo le 30 juin 1960, les discours de l'élégant Malcom X... On apprend beaucoup aussi, comme la collusion entre la société des mines du Katanga, privatisée 3 jours avant le 30 juin, au profit de personnalités belges et américaines douteuses (comme le président du MoMA!), ce qui explique les centaines de milliers de morts qui suivront ds cette région du Congo... On sort du film un peu vidé.e et très en colère. Un film à voir et à revoir !
Un documentaire passionnant au montage parfait pour entrelacer politique et jazz Mais la musique n'est pas seulement une bande son : Louis Armstrong, Nina Simone, Miles Davis, Duke Ellington ou Dizzy Gillespie ont un rôle aussi déterminant que Malcom X ou l'égérie féministe africaine André Blouin dans cette passe d'armes à l'ONU entre Khrouchtchev et Eisenhower en pleine guerre froide. La Belgique vient d'accorder une indépendance factice au Congo en 1960 mais n'est pas du tout décidée à abandonner ses ressources minières! L'URSS soutient les nouveaux états africains, Cuba ou l'Inde qui font entendre leur voix désormais dans les instances internationales mais les USA font diversion avec les jazzmen noirs pendant que la CIA fait assassiner Lumumba, tout juste élu premier ministre Un éclairage politique édifiant sur le néocolonialisme!
Documentaire poignant, bouleversant qui vous plonge en plein dans l’histoire merveilleusement bien racontée tout en nous transportant dans l’univers musical qu’est le jazz
Faire passer l'URSS pour une entité émancipatrice rythmiquement indexée par des morceaux de jazz - certes beaux - sachant l'intrigue et le jeu de dupe, renforce cette idée qu'une fois encore nous voilà reconduit•es dans les méandres du guet-apens tendu par la CIA concernant Patrice Lumumba. Sans rien pouvoir y faire autrement que d'assister à cela, pire, d'en jouir. Enrober un assassinat, l'accompagner en musique, trépidante. Bref, comme tout cela est binaire - un comble -, pauvre, vraiment gênant.
d'une rare et exceptionnelle justesse, ce documentaire résonne tellement dans l'actualité contemporaine. La diabolisation de tous les combats et de toutes les résistances sont mis en exergue dans ce documentaire. On y voit clairement mais avec finesse, la volonté d'aservir les peuples et surtout de les spoiler de leur richesse et que ces poitiques imperalistes ont toujours été le commerce de toutes les puissances colonialistes depuis plus d'un siècle.
Magistral. Un tour de force qui allie narration fluide et histoire sur 2h30 on ne s’ennui pas et surtout on apprend bcp de choses avec le recule sur la « fausse » decolonisation africaine et les enjeux economiques menés « pas si discretement » par les usa et la belgique. Quelle force de résonance avec notre epoque contemporaine… on reste bouche bée. Le destin scellé de Lumumba est tres bien dessiné, c’est fou comme le realisateur arrive à nous expliquer de maniere fluide une tranche de l’histoire internationale complexe. Bravo… et si on aime le blues et le Jazz, c’est une couche supplementaire qui s’implemente bien avec le recit, une musique necessaire, tout comme ce film documentaire.
Les trente premières minutes de Soundtrack to a Coup d’État désarçonnent. On est plongé dans un flux d’images, de sons et de mots sans véritable repère narratif, comme emporté par un tourbillon de jazz, de déclarations diplomatiques et de titres de journaux. C’est un collage dense, déroutant, presque chaotique. Mais progressivement, sans que l’on s’en rende compte, le récit s’assemble. Les fils épars se tissent, et ce qui paraissait d’abord abstrait devient limpide : une véritable fresque géopolitique, musicale et historique s’installe sous nos yeux.
Le film de Johan Grimonprez (Dial H-I-S-T-O-R-Y, Shadow World) explore une période cruciale et souvent méconnue : l’indépendance du Congo belge en 1960 et l’assassinat de Patrice Lumumba, dans un contexte de guerre froide et d’ingérence occidentale. En croisant les archives politiques et les trajectoires des musiciens de jazz américains envoyés par les États-Unis comme « ambassadeurs culturels » en Afrique, le film dévoile une histoire parallèle — celle d’une diplomatie du soft power, où le jazz servait à masquer les visées impérialistes de Washington.
Ce documentaire, au croisement du film d’archives, de l’essai politique et du poème musical, déconstruit les mythes autour de l’indépendance congolaise et de la politique africaine des grandes puissances. Il remplit un véritable devoir de mémoire et interroge notre rapport à l’Histoire, à l’image et à la propagande.
Sur la forme, Soundtrack to a Coup d’État est une œuvre sidérante. Sa composition hybride — entre collages visuels, entretiens et improvisations musicales — renouvelle totalement le langage du documentaire historique. Johan Grimonprez, connu pour son montage minutieux et ses structures non linéaires, livre ici un travail de huit années de recherche. La richesse documentaire est vertigineuse, tout comme la qualité de la restauration des images d’archives. Chaque plan est pensé comme une partition, chaque séquence comme une variation jazzée sur le thème du chaos politique.
Le montage, véritable moteur du film, est un modèle de clarté et de rythme. Malgré la densité des informations, la narration demeure fluide, captivante. Rarement un film de 2h30 paraît aussi vivant et maîtrisé.
Enfin, impossible de ne pas saluer la direction artistique : un hommage vibrant au jazz des années 1960, de Harlem à la Nouvelle-Orléans, où les figures de Dizzy Gillespie ou Louis Armstrong deviennent des symboles d’une Amérique déchirée entre idéaux de liberté et contradictions coloniales. La bande-son, conçue comme un dialogue entre musique et politique, donne au film une âme à la fois mélancolique et enragée.
Soundtrack to a Coup d’État n’est pas qu’un documentaire : c’est une expérience sensorielle et intellectuelle rare, un manifeste visuel et sonore sur le pouvoir, la mémoire et la manipulation des images.
Je n’ai pas accroché à la réalisation de ce documentaire : c’est trop décousu, beaucoup de retours en arrière, et sur fond sonore de jazz (parfois juste qq notes), au passage le son était beaucoup trop fort, dont on se demande parfois qu’elle est le lien avec les images. Dur à suivre, longuet, malgré la musique tapageuse en fond. Les images d’archive sont chouettes par contre, les voix de l’époque, tout cela est top.
Faire passer l'union soviétique pour des anti-colonialistes défenseurs des libertés des peuples, il fallait oser ! La ligne de ce film brouillon est scandaleuse. Une sorte de bouillie pseudo intello de convergence des luttes avec beaucoup de raccourcis historiques. On dirait un docu fait par un étudiant pour être diffusé dans une AG de fac. Ridicule, indigeste et beaucoup trop long. Le sujet méritait tellement mieux...
Documentaire très alambiqué, difficile à suivre et beaucoup trop long. Pourtant le sujet est vraiment intéressant mais on oscille entre des redites et on survole le lien entre le jazz et l' 2h30 d'ennui profond malgré un sujet très intéressant, heureusement la musique est bonne.
«Décolonisation jazzy» Documentaire très intéressant et magnifiquement documenté, mais aussi malheureusement trop long (2h30) sur la décolonisation du Congo Belge, et le meurtre de son initiateur Patrice Lumumba. La grande originalité est d’avoir mis en parallèle de cet épisode incroyable de la guerre froide des morceaux de jazz américain de la même époque (fin des années 50’s début des 60’s), Louis Amstrong ayant même eu le rôle d’« Ambassadeur du Jazz » , couvrant à son insu le coup d’état organisé par la CIA et les Belges.
Excellent film qui montre la convoitise de l'Europe et des États Unis pour s'approprier avec toutes les violences ignobles , le sol très très riche du Congo. Aucune limite, massacre des civils et des opposants aux régimes favorables au pillage par tout l'occident des nombreuses ressources du sol Africaîn
Documentaire qui évoque un épisode bien connu de l'histoire de la décolonisation que fut celui de l'élimination de Patrice Lumumba 1er premier ministre du Congo belge devenu indépendant ( devenu Zaïre puis RDC aujourd'hui).
On est en pleine guerre froide, le Congo belge vient d'accéder à l'indépendance. Or, les États-Unis et la Belgique savent qu'au Katanga ( région de la RDC située au fin fond du pays ) il reste stocké 150 tonnes d'uranium ( nécessaire à la fabrication de la bombe nucléaire) gardée par l'Union Minière sous direction belge ( alliée aux usa ).
Pour ne pas perdre la main sur les terres rares et sur l'uranium, les Usa décident alors d'éliminer Lumumba trop peu docile. Il pourrait selon une rumeur contestée, pour défendre l'intégrité de son territoire, chercher un appui soviétique. Jusque là rien qui ne soit connu.
L'intérêt de ce que nous dit ( très maladroitement le film ) c'est que pour asseoir leur influence en Afrique et tendre un piège à Lumumba ( concert de Louis Armstrong à Elizabethville capitale du Katanga), le département américain envoie en tournée des musiciens noirs de jazz. Le but ? influencer les esprits africains afin qu'ils préfèrent les nord-américains aux soviétiques et garder les terres rares sous influence occidentale.
La clou de l'affaire, c'est que chez eux, ces musiciens, manipulés pour l'occasion, luttent contre la ségrégation raciale.
Le problème à l'écran c'est que si les images d'archives produisent le meilleur effet, les commentaires en voix off le sont beaucoup moins.
Manque de didactisme, discours embrouillé et surtout pas au niveau de ce que j'ai lu ( à mon goût du moins).
On voit à l'écran de façon brève les figures majeures du jazz moderne ( Thelonious Monk, Charlie Mingus, Duke Ellington, Art Blakey, Nina Simone, Max Roach, Abbey Lincoln, Ella Fitzgerald) et du jazz New Orleans ( Louis Armstrong), mais le commentaire ne dit (presque) rien d'eux.
Ça se laisse voir, mais le spectateur éventuel devra être pourvu de pre-requis pour saisir et tenter de relier par lui-même le fond de tout ce qu'on lui montre.
l'URSS était une nation impériale et colonisatrice qui a aidé d'autres pays à se libérer de l'occupation occidentale mais ce n'était pas désintéressé. documentaire intéressant mais incomplet