Claire Simon (Le Concours - 2017) s’intéresse au corps féminin dans toute sa splendeur (bien loin des normes et autres canons de beauté), dans sa diversité, sa matérialité et sa singularité. Pour cela, elle a suivi pendant 4 mois le parcours de plusieurs femmes au service gynécologique de l’Hôpital Tenon, à Paris.
Les cas abordés dans le film sont aussi divers que variés, pêle-mêle, il est question d’avortement, de changement de sexe (hystérectomie), d’endométriose, de PMA, de divers problèmes de fertilité, d’accouchements (par voie basse ou par césarienne), ainsi que des cas de cancers (de l’utérus ou du sein), de chimio ou encore de mastectomie (ablation d’un sein).
Les consultations et les opérations s’enchaînent sous nos yeux, il est difficile de ne pas repenser à certains films de Raymond Depardon (Urgences - 1988) ou de Frederick Wiseman (Near Death - 1989), à travers les échanges parfois intimes ou touchants entre médecins et patients.
Et lorsqu’au détour d’une scène, la réalisatrice se met en scène, la force du film s’en retrouve décuplée. La Chef op’ l’a filmé lors d’une de ses consultations, le jour même où elle apprenait son diagnostic (elle a un cancer, elle devra subir une chimio et une mastectomie sera inéluctable).
Quelques mois plus tôt sortait au cinéma De humani corporis fabrica (2023) de Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel, où la quasi intégralité du documentaire se déroulait à l’hôpital, à l’intérieur du corps des patients, cette fois-ci, Claire Simon filme les femmes sans artifice et dans le plus simple appareil (elle-même n’a pas hésité à donner de sa personne). La réalisatrice met un visage sur les patients, là où le premier film ne permettait jamais d’identifier les corps sur les tables d’opération.
Avec Notre corps (2023), la réalisatrice met les femmes sur un piédestal et met en lumière leurs joies, leurs doutes et leurs souffrances, à travers de très beaux témoignages et des combats pour la vie.
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