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Simon Bernard
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3,0
Publiée le 29 avril 2024
Melissa est gardienne de prison en Île-de-France. Afin de prendre un nouveau départ avec son compagnon, elle déménage en Corse et prend ses fonctions dans une prison locale. Changement d’ambiance radicale dans cet environnement où les détenus semblent libre de leurs mouvements et peu contraints par leurs surveillants. Elle croise le chemin de Saveriu, détenu avec qui elle crée des liens. En salle le 17 avril.
spoiler: "Borgo" est une histoire intéressante mettant en scène des personnages qui ne sont ni des héros ni des méchants. On évolue en permanence dans une zone grise, ce qui donne de la crédibilité à leurs interactions. J’ai aimé l’ambiance Corse, savant mélange de chaleur et de danger. Je suis assez déçu de la performance de Hafsia Herzi qui semble totalement inexpressive pendant la totalité du film, reproche que je lui faisais également dans “Le ravissement”. Je regrette également la construction narrative qui retire tout le suspense en nous donnant dès le démarrage la scène finale. Je trouve cet artifice paresseux et j’aurais préféré une intrigue moins attendue.
On ne peut s'empêcher de penser en voyant "Borgo" ( du nom de la prison située à proximité de Bastia), à " un prophète" (2009) de Jacques Audiard et à " une vie violente" de Thierry de Peretti (2017) qui mêlent mafia corse, univers carcéral et personnalité exogène qui se trouve confrontée au clan et lutte pour sa survie.
Certes, " Borgo" est sans doute la référence la moins réussie parmi des trois titres précités, mais il tient, sans conteste, ( selon moi) la route.
Une surveillante de prison est mutée à Borgo en provenance de Fleury Merogis. Elle recroise un détenu qu'elle avait connu dans la prison de la région parisienne. Difficile de garder la bonne distance.
La partie la moins réussie est pourtant le moment clef, ou la protagoniste bascule. Le cinéaste tente de maintenir l'ambiguïté psychologique du personnage principal, sans y parvenir vraiment.
Est ce quelqu'un qui fait le mal en voulant faire le bien ? Ou quelqu'un qui se laisse glisser consciemment, par petits pas, vers le mal ? le scenario qui aurait gagné à maintenir cette ambiguïté répond pourtant, indirectement, à ces questions.
"Borgo" a le mérite de décrire avec sens du détail ( c'est sa partie la plus réussie) le phénomène d'emprise, de la toile d'araignée qui se tisse, orchestrée par un processus de manipulation, constitué de discours contradictoires ( rupture de ton entre sympathie, menace larvée et service rendu dans le but de rendre redevable).
Mais il manque toutefois beaucoup de l'émotion, de la tension qui traversaient l'écran de " un prophète" et même d' " une vie violente".
"Borgo" présente finalement le portrait d'une société gangrenée par une violence de toutes natures ( physique ou psychologique), ou la notion d'individu véritablement libre et indépendant semble impossible et ne va de paire qu'avec la solitude, ou la fuite.
Là où Le Prophète étant brillant, engagé et réaliste, Borgo est fade. Tant par l'absence d'émotion de l'actrice principale dont le visage reste figé (ah non, c'est vrai, sur la chanson de J.Clerc, elle esquisse un sourire, ça fait peu !), que par la caricature des personnages notamment la police. Tout le monde semble s'être donné le mot pour "faire normal" mais ça sonne faux à force. le genre caméra sur l'épaule et personnages filmés de dos, c'est déjà vu, trop vu surement. La spirale aspirante de la mafia ne sonne pas juste non plus. Bref, il n'y a malheureusement ni intensité, ni plaisir à voir ce film, on s'ennuie presque. Mais ce n'est que mon tt petit avis.
Description minutieuse d'une prison en Corse et film noir dans lesquels une surveillante pénitentiaire bascule dans l'illégalité à cause de liens étroits avec des mafieux. L'évolution du personnage et la scène à l'aéroport sont terribles. Belle interprétation d'Hafsia Herzi.
Superbe film carcéral qu'on a raison de rapproche de "un prophète" car il s'intéresse à l'imprégnation de cet univers sur ceux qui y gravitent. C'est un film sur la zone grise qui fait glisser une matonne de simples arrangements de conforts pour des prisonniers corses logés dans la même aile d'une prison vers une compromission plus directe et à laquelle elle cherchera à échapper. Le scénario est assez bluffant jouant sur l'inversion des temps et des scènes et dont le puzzle se compose sous nos yeux. Chapeau pour l'actrice principale Hafsia Hersi qui compose un rôle ambigu et maîtrisé à souhait Une réussite
Très grand film du cinéma français ! Stéphane Demoustier confirme qu’il est définitivement un cinéaste à suivre. Son sens du cadre et du découpage, sa capacité à créer de la tension sans artifices et sa maîtrise de la séquence en font tout simplement un des meilleurs metteurs en scène de sa génération. Il faut aussi absolument parler de son écriture et de sa direction d’acteur : Hafsia Herzi est phénoménale. Son incroyable talent est ici parfaitement exploité, avec un jeu tout en retenue, nuance et ambivalence. Louis Memmi (vraie future star du cinéma français), Moussa Mansaly, Michel Fau, Pablo Pauly, Cedric Appietto et Florence Loiret Caille ne sont pas en reste et complètent parfaitement ce superbe casting. Courez donc en salle voir Borgo et découvrez ce milieu carcéral si particulier, unique en France (car oui le film est assez fidèle à la réalité de cette prison Corse). Preparez-vous à embarquer dans cette mécanique sinueuse et implacable. Vous serez tenus en haleine de bout en bout, comme à la grande époque des mythiques polars français !!!!
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3,5
Publiée le 26 août 2024
« Nous, on n’oublie personne et personne ne nous oublie. » Gardienne de prison chevronnée, Mélissa sait comment s'y prendre avec les détenus, mais chaque prison à ses propres codes notamment en Corse où elle a été mutée pour démarrer une nouvelle vie. Comme le dit un détenu, "ce sont les prisonniers qui surveillent les gardiens" et tout ce qui s'y passe est inversé. Un service n'est pas rendu de façon désintéressée et l'opération séduction n'est pas anodine. À partir de là, c'est tout un engrenage impossible à arrêter qui se met en place... "Borgo" est plus qu'un film de prison avec Stéphane Demoustier qui utilise habilement les codes du thriller et du drame social pour parler du milieu carcéral, des méthodes du crime organisé corse et de la dette morale dans un récit simple, mais prenant grâce à un scénario dénué de futilités qui ne tombe jamais dans le sensationnalisme. La double temporalité n'apporte pas grand-chose, car l'intrigue est prévisible, mais je préfère encore ça à quelque chose de totalement linéaire. Bref, un bon et solide film porté par une remarquable Hafsia Herzi.
Enjeux de pouvoir sur l’île de beauté Melissa, 32 ans, surveillante pénitentiaire expérimentée, s’installe en Corse avec ses deux jeunes enfants et son mari. L’occasion d’un nouveau départ. Elle intègre les équipes d’un centre pénitentiaire pas tout à fait comme les autres. Ici, on dit que ce sont les prisonniers qui surveillent les gardiens. L’intégration de Melissa est facilitée par Saveriu, un jeune détenu qui semble influent et la place sous sa protection. Mais une fois libéré, Saveriu reprend contact avec Melissa. Il a un service à lui demander… Une mécanique pernicieuse se met en marche. Pour son 4e long, Stéphane Demoustier renoue avec un portrait de femme énigmatique, porté ici par l’excellente Hafsia Herzi. Après Le Ravissement il y a quelques mois, l’actrice déploie toute la complexité de son jeu dans un rôle trouble, qui navigue aux limites de la légalité et de la morale. Comme dans tout bon suspense, il est mieux d’en savoir le moins possible sur l’intrigue, dont on peut au moins dire qu’elle est prenante et se joue d’implications subtiles (entre séduction, intégrité, empathie, morale, corruption, racisme…), dans un récit à la temporalité éclatée (on ouvre avec un meurtre, puis l’histoire de Mélissa se donne en flashback). C’est ce qui renforce l’intensité de ce policier qui s’articule comme une descente en zone trouble pour la protagoniste, femme parmi les hommes, métisse parmi les Corses. Un film percutant sur la Corse et la violence qui l’habite, dans lequel se nouent habilement l’intensité de l’intrigue et la justesse du portrait psychologique. En famille, le film a fait l’unanimité même auprès de notre ado de 15 ans ½. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Thriller plutôt brillant qui tisse son histoire avec subtilité, Borgo brille par son écriture. Celle de son scénario bien entendu, entremêlant les temporalités et les arcs narratifs pour une conclusion brillante, mais surtout l'écriture des personnages qui sont tous d'une justesse et d'une richesse folles. Enfin, en termes de mise en scène, Borgo nous offre quelques séquences véritablement vertigineuses. On peut notamment citer une scène de chant dans la prison en plan séquence ou la fameuse scène spoiler: du double assassinat qui, même si elle est attendue, réussit à nous glacer le sang. Cette mise en scène parvient intelligemment à nous faire vivre le sentiment d'enfermement d'une prison, que ce soit pour les détenus, mais aussi pour les surveillants. Un véritable tour de force et un film extrêmement puissant.
Actrice principale sans charisme, avec la même expression faciale du début à la fin. De plus, elle joue un rôle antipathique qui ne convient pas à la véritable personnalité de Cathy Chatelain (qui était devenue l'amie de tous les détenus Corses de par son caractère joviale). Rien à voir donc avec le vrai fait divers de 2017. Le scénario ne tient pas la route. Mal ficelé et orienté politiquement. On a choisi une actrice d'origine Algérienne avec un mari Black qui (comme par hasard) souffre de racisme dès leur arrivée en Corse (fait totalement inventé par le réalisateur : aucun rapport avec la réalité du fait divers initial).
Borgo nous plonge avec beaucoup de justesse dans l’univers carcéral de Borgo, en explorant la relation complexe entre les surveillants et les détenus. Le scénario navigue habilement entre l’intérieur et l’extérieur de la prison, montrant à quel point ces deux mondes finissent par se contaminer.
Au centre de tout, Hafsia Herzi est éblouissante. Elle incarne une matonne à la fois dure, déterminée à réussir, mais aussi profondément humaniste. Son personnage évolue dans un environnement où rien n’est simple, où chaque décision peut avoir des conséquences inattendues. L’actrice donne une vraie densité à ce rôle tiraillé entre autorité, empathie et survie dans un système qui broie parfois ceux qui y travaillent.
Le film se distingue aussi par sa construction narrative intelligente. Le montage alterne avec l’enquête policière, créant un suspense discret mais constant qui maintient l’attention du spectateur. Peu à peu, les pièces du puzzle s’assemblent sans jamais tomber dans le sensationnalisme.
La mise en scène reste tout en retenue, laissant les personnages et les situations respirer. Et lorsque le dénouement arrive, il s’impose comme une évidence, parfaitement trouvé.
Un très bon film français, tendu et humain, porté par une performance remarquable et un regard nuancé sur le monde carcéral.
"Borgo" bien noté par la critique, qui a obtenu 2 nominations aux Césars cette année (1 victoire) est un thriller carcéral moyen dans l'ensemble. Le réalisateur Stéphane Demoustier s'inspire de faits réels pour proposer un scénario qui, bien qu'intéressant, manque de dynamisme et de crédibilité. Cela dit, la véritable force de ce film réside dans l'interprétation de Hafsia Herzi (récompensée comme meilleure actrice aux Césars cette année) et dans le mystère entourant la gardienne de prison, Mélissa, qui s'inspire de Cathy Sénéchal, suspectée d'un rôle clé dans un double meurtre survenu à l'aéroport de Bastia en 2017, ainsi qu'une exploration intéressante du milieu carcéral en Corse.
d'un ennui intersidéral personnages sans épaisseur ni dialogues actrice faisan toujours la même mine... 2h ça peut etre tellement long. il y a une condescendance effrayante du réalisateur qui croit que tout doit être expliqué en mots quand un scène muette pourrait être claire
Film terriblement plat et inintéressant. Les personnages sonts inexistant et innexpressifs .il ya des longueur de plans inutiles, l'histoire est cousus de fil blanc. On ne comprend que 1 dialogue sur 3 car le mixage est pourri. J'ai rarement été autant pressé qu'un film se finisse. Il ya au moins 30min quu ne servent à rien.