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Aubert T.
143 abonnés
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1,0
Publiée le 28 juillet 2023
Mon Dieu que ce cinéma nombriliste et prévisible est vieillot... On reste à la porte de ce mélo risible où le spectateur n'est pas convié. N'est pas Bergman qui veut.
"Passages" est un triangle amoureux improbable sur le papier : la française Adèle Exarchopoulos, le britannique Ben Whishaw et l'allemand Franz Rogowski. Finalement, la dramaturgie autour de la toxicité des relations fonctionne et très ancré dans un contexte de réalisme. Mais c'est peut-être ce dernier point qui finalement, nous désintéresse peu à peu de leurs "je t'aime, moi non plus".
L'amour physique ,le désir, l'égoïsme, l'amour qui ne résiste pas à la médiocrité d'un quotidien, l'amour partagé, l'amour et sa jalousie, l'amour toxique ,l'amour fantasmé et impossible . Des acteurs,trice, formidables qui nous embarquent avec leur sincérité et leur sensualité dans cette histoire dévorante.
Tomas (Franz Rogowski) est un réalisateur allemand qui achève à Paris le tournage de son dernier film. En couple avec Martin (Ben Whishaw), un imprimeur d'art, il a une liaison avec Agathe (Adèle Exarchopoulos), une - bien improbable - enseignante. Va-t-il quitter Martin pour Agathe ou former avec Agathe, qui leur donnera peut-être un enfant, et Martin, un trouple à l'équilibre toujours instable ?
Ira Sachs est un réalisateur américain à la solide filmographie, sorte de Woody Allen gay. Comme son illustre voisin, il a réalisé plusieurs films indépendants mettant en scène New-York et ses habitants si originaux. Comme son aîné, il vagabonde depuis quelques années en Europe. En 2019, il tourne au Portugal "Frankie" avec des acteurs français (Isabelle Huppert, Pascal Greggory), belge (Jérémie Rénier), britannique, irlandais (Brendan Gleeson), portugais, américain (Marisa Tomei, Greg Kinnear). Le casting de "Passages" est tout aussi cosmopolite avec son trio d'acteurs franco-anglo-allemand.
Le résultat n'est qu'en partie réussi. Franz Rogowski campe un réalisateur irascible et omnipotent, dans lequel on se demande quelle dose de masochisme Ira Sachs a mis de lui-même, qui rappelle les ogres fassbindériens pervers et manipulateurs. On se demande aussi lequel, de Martin ou d'Agathe, sera le plus blessé par les changements d'humeur de ce monstre d'égoïsme. Tomas alterne avec eux les enflammements les plus pressants et les rebuffades les plus cinglantes.
N'eût été le charme incandescent d'Adèle Exarchopoulos, face à qui je perds toute objectivité, et celui non moins troublant de Ben Whishaw, qui ébranlerait presque mon hétérosexualité tellement woke, ce film m'aurait été insupportable, comme m'ont été insupportables l'interprétation de Franz Rogowski, ses tenues de minet et sa diction chuintante.
Ira Sachs restitue bien l’écartèlement synonyme de dilemme permanent que suppose la bisexualité, qui contraint Tomas à « passer » comme l’annonce le titre de son film, qui est également celui du nôtre. Le personnage ne cesse d’aller et venir, de monter les escaliers un vélo sous le bras pour mieux les redescendre, chargé de ce même vélo ainsi que d’affaires diverses (catalogues d’art, cadres…) qu’il déplace d’un foyer à l’autre, depuis l’homme vers la femme et inversement ; les plans en caméra embarquée suivant le cycliste lancé à toute allure dans les rues de Paris comptent parmi les plus belles et les plus émouvantes d’un film qui tend à se perdre dans les incertitudes de son protagoniste principal jusqu’à une certaine complaisance dans son malheur – le voilà genoux sur le sol à demander pardon à celle qu’il aime, dans une posture de repentance que le réalisateur laisse durer avec impudeur – que jalonnent des séquences de sexe explicites parfois gratuites, notamment celle captée de dos qui continue encore et encore sans ajouter à la réconciliation et aux retrouvailles qu’elle doit incarner. Ira Sachs témoigne néanmoins d’une inventivité visuelle, qui transparaît dans la superbe séquence d’ouverture sous forme de mise en abyme du long métrage tout entier ainsi que dans l’attention portée à l’espace où s’incarnent des rapports de pouvoir : l’appartement de Martin où s’invite Tomas quitte à le déranger et à briser son intimité, ce qui lui rappelle qu’il est sexuellement passif ; la maison de campagne achetée à deux, que Martin souhaite vendre en dépit de l’idéal communautaire (déboulonné par la souffrance d’Agathe qui assiste, en qualité d'auditrice, aux ébats de son compagnon) ; la salle de classe enfin, lieu qui appartient à Agathe par la souveraineté qu’elle exprime en congédiant Tomas. Passages constitue donc une œuvre intelligente et vibrante d’humanité, forte d’une direction d’acteurs remarquable.
Passages raconte la crise conjugale traversée par un couple homosexuel. Tomas est un réalisateur qui tombe amoureux de Agathe et qui plaque tout pour vivre cette histoire. Il enclenche alors une spirale du malheur. Cette histoire d’amour est belle, juste, touchante. La réalisation est parfois osée mais montre avec justesse la sexualité masculine. Mention spéciale à Erwan Kepoa Falé.
Même s'il ne s'agit pas du meilleur film d'Ira Sachs, j'ai pris beaucoup de plaisir à voir 'Passages', et cela en grande partie grâce aux deux premiers rôles masculins interprétés par deux acteurs exceptionnels qui tirent merveilleusement leur épingle du jeu.
Passages est l'histoire d'un triangle amoureux mais aussi et surtout celle d'un homme égocentrique qui, avec une naïveté assez déconcertante, se joue des sentiments de ceux qui l'entourent, et les manipule, tel un marionnettiste, avec pour seules préoccupations ses propres motivations. Il n'est d'ailleurs pas anodin que ce personnage soit par ailleurs metteur en scène. Un personnage assez complexe et intéressant qui, malgré son entêtement à vouloir diriger sa vie et celle des autres comme sur un plateau de cinéma, se révèle touchant et attachant sous plein d'aspects.
Le film est mis en scène avec beaucoup de soin et d'intelligence, les acteurs sont très bien dirigés. J'ai, à ce titre, rarement vu des scènes de sexe aussi bien filmées. Magnifiquement chorégraphiées, à la fois réalistes et sensuelles mais jamais vulgaires, elle révèlent également beaucoup de ce qui se joue entre les différents personnages.
Franz Rogowski et Adèle Exarchopoulos sont irréprochables, comme à leur habitude. Quel plaisir aussi de retrouver Caroline Chaniolleau (déjà formidable dans ADN de Maïwenn), notamment lors d'une scène de repas familial magistrale.
Après Frankie, Ira Sachs confirme son talent pour nous conter avec beaucoup de précision des histoires qui nous semblent à la fois si proches de nous dans ce qu'elles disent des sentiments et rapports humains mais dans un monde à part, comme déconnecté d'une certaine réalité. Comment alors ne pas penser au cinéma de la Nouvelle Vague ?
Je suis sorti séduit par ce film, bien sûr j'adore depuis toujours F.R. et Adèle mais mise en scène, qualité des images et de la bande son au top, un peu d'érotisme sans excès contrairement à ce que je lis ici... je reprocherai juste les coupures au montage qui produisent des transitions trop brutes d'une situation à l'autre. Avantage : enfin un film de durée mesurée !
Merveilleux film au récit prenant et intelligent, à la mise en scène soignée et délicate et aux acteur.trice.s magistraux.ale.s qui nous emportent totalement.
Un film qui débute lentement pour que le sens du scénario arrive au fond du sujet pour mieux soutenir notre attention. C'est intéressant dans l'ensemble, avec des personnages bien marqués et réfléchis. Très honorable et à voir.
Film assez malsain sur un homme assez autoritaire envers les autres et qui ne sait pas réellement ce qu'il veut au fond de lui. Dès le début avec la scène du film qu'il monte, il se montre très dur envers le comédien sans raison réelle. Puis il se laisse aller au gré de ses envies, trompant son mari avec une jeune femme, ayant des rapports non protégés avec elle (de très belles scènes de sexe au passage). La voilà qui tombe alors enceinte et elle souhaite le garder. Mais Thomas aime quand même bien les hommes et n'arrive pas à tenir loin de son mari. Tous les trois sont très malheureux de la situation. De belles scènes de Paris à vélo. Sinon l'intrigue ne vaut pas vraiment le coup.